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Tubalcaïn 7 mars, 2021

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TUBALCAÏN

תּוּבַל-קַיִן   

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            Tubalcaïn est un personnage secondaire. Il s’inscrit dans la lignée des caïnites et n’apparaît qu’avec sa fratrie, tant dans la bible, où son nom n’apparaît qu’une fois, que dans les textes des Old Charges. C’est Gérard de Nerval qui romance sa relation avec Adoniram, ce qui justifie, quoique utilisé comme mot de passe du 2ème degré dans les rites anglo-saxons, d’évoquer sa légende aussi au 3ème degré,

I – Le personnage

D’après la Bible (Genèse IV, 22), Tubalcaïn façonna toute sorte d’instruments de cuivre et de fer. Il est présenté comme le fils de Lamek et de sa seconde épouse Çilla, il est donc le petit-fils de Caïn, né vers l’an 2975 avant J.-C.. Le nom vient de l’union de celui de Tubal avec Caïn. Tubal (8 fois : Gn 10,2; Is 66,19; Éz 27,13; 32,26; 38,2.3; 39,1; 1 Ch 1,5) serait un peuple et/ou un pays d’Asie mineure, toujours associé à Méshek. Méshek et Tubal sont deux des sept fils de Japhet selon Gn 10,2 // 1 Ch 1,5. Peuples d’Asie mineure, probablement la Phrygie et la Cilicie, ou peuples des bords de la mer Noire. Quant au nom Caïn, il y a deux étymologies possibles. Le mot hébreu qayin peut signifier « forgeron » ou encore, à l’aide de la racine qnh« j’ai acquis » (cf. Gn 4,1).

On croit que c’est de Tubal-Caïn que les romains païens ont pris l’idée de leur Vulcain ; la racine du nom Tubalcaïn serait en hébreu thu, bal, caïn, celui qui souffle le feu, nom repris en latin par Vulcanus. La désinence du nom et les travaux auxquels s’adonna Tubal-Caïn rendent cette conjecture assez probable. De même, il correspond à Héphaïstos, chez les Grecs : dieu grec du feu et de la forge ; à Vulcain chez les Romains, à Tvashtri en Inde, Ptah en Égypte, Le Grand Yu en Chine, Ogun chez les Youbas d’Afrique, Brahmanaspati en Inde. C’est aussi Gobban Saer, le Janus des Celtes, qui figure l’union entre technique et art, Gobban le forgeron, et Saer, le constructeur, habile dans tous les Arts, que l’on peut identifier avec la figure d’Hiram.

Le feu de tous ces forgerons légendaires est un feu créateur, il éclaire et ne brûle pas. Il n’est pas dissociable de la Lumière sans laquelle rien ne serait, car elle établit les formes du monde apparent.

C’est dans l’ Histoire de la reine du matin et de Soliman, prince des génies de Gérard de Nerval (1851) au chapitre VII, Le monde souterrain.que l’on trouve la rencontre romanesque d’Hiram et de Tubalcaïn.

Le substrat de cette légende est bien différent de la légende maçonnique : on y expose qu’Adoniram est en réalité descendant de Caïn par son père Hénoch ; son ascendance prométhéenne lui est révélée ainsi que la malédiction qui pèse sur elle.

 

En résumé :

Entraîné comme dans un rêve dans les profondeurs de la Terre, Hiram apprend de la bouche même de Tubal-Caïn, qui lui révèle être son « maître » et son « patron », « l’aïeul de ceux qui travaillent et qui souffrent, l’essentiel de la tradition des Caïnites, ces forgerons maîtres du feu. Tubal-Caïn, montre à Hiram la longue suite de ses pères : D’abord Caïn qui fut conçu par Iblis avec ève (Abel par Adam). Iblis, (Satan) était un Djinn conçu par le feu tandis que les anges le furent de Lumière..

Puis Hénoch, qui apprit aux hommes à se bâtir des édifices, à se grouper en société, à tailler la pierre ; Hirad, qui jadis sut emprisonner les fontaines et conduire les eaux fécondes ; Maviël, qui enseigna l’art de travailler le cèdre et tous les bois ; Mathusaël, qui imagina les caractères de l’écriture ; Jabel, qui dressa la première des tentes et apprit aux hommes à coudre la peau des chameaux ; Jubal, qui le premier tendit les cordes du cinnor et de la harpe, et en sut tirer des sons harmonieux ; enfin, Tubal-Caïn lui-même, qui enseigna aux hommes les arts de la paix et de la guerre, la science de réduire les métaux, de marteler l’airain, d’allumer les forges et de souffler les fourneaux. Caïn enseigne alors lui-même à Hiram comment, au cours des âges, les enfants issus de lui, fils des Élohim, travailleront sans cesse à l’amélioration du sort des hommes pourchassés par un dieu injuste qui privilégia Abel.

 

II – Tubalcaïn et la F:.M:.

Dans la tradition maçonnique, la plus ancienne référence à Tubalcaïn remonte au Manuscrit Cooke aux environs de l’an 1400. On y apprend que les enfants de Lamech parmi lesquels Tubalcaïn auraient gravé sur 2 colonnes (alors que selon l’historien Josèphe, c’eut été Seth), l’une de marbre pour résister à l’eau, l’autre en brique pour résister au feu, l’ensemble de leurs connaissances scientifiques et artistiques afin qu’elles survivent au déluge, symbolisant ainsi la transmission de la Tradition.

En résumé, voilà ce que raconte le Cooke aux paragraphes 281 à 326 :

Toute la sagesse antédiluvienne fut écrite sur deux grandes colonnes par les quatre enfants de Lamech qui y relatèrent les savoirs qu’ils avaient inventés. Jabel était l’aîné et il inventa la géométrie, il possédait des troupeaux de moutons et ils eurent aux champs des agneaux, pour qui il fabriqua des abris de pierre et de bois, c’est lui qui construisit les colonnes. Son frère Jubal inventa l’art de la musique vocale et instrumentale. Le troisième frère Tubalcaïn inventa le travail de la forge, tel que cuivre, acier et fer, et leur sœur Naama inventa l’art du tissage. Après le déluge de Noé, l’une d’elles fut découverte par Pythagore et l’autre par Hermès le Philosophe, qui se consacrèrent à enseigner les textes qui y étaient gravés. D’un côté la colonne d’Hermès, « Connaissance, symbole et amour »qui nous guide dans notre quête ésotérique de la Transcendance, et de l’autre la colonne de Pythagore « Science, raison et liberté ; refus d’abdiquer de notre cohérence intérieure » qui nous conduit à « douter des choses qu’on ne peut démontrer et qui ne sont connues que sous le nom de mystères ».

Cette histoire est reprise par de nombreux manuscrits appelés Old charges.

À noter que dans les Constitutions d’Anderson, la gravure des colonnes est attribuée à Énoch

Car, par quelques vestiges de l’Antiquité, nous savons que l’un d’eux, le pieux Enoch (qui ne mourut pas mais fut transporté vivant au Ciel), prophétisa la conflagration finale au Jour du Jugement (comme nous le dit SAINT-JUDE) et aussi le déluge général pour la punition du Monde. C’est pour cela qu’il éleva deux grands piliers (d’autres les attribuent à Seth), un de pierres et l’autre de briques sur lesquels étaient gravées les sciences libérales, etc. Et que le pilier de pierre subsista en Syrie jusqu’aux jours de l’Empereur Vespasien.

RER. Mot de passe initial  de l’apprenti. À la demande de Jean-Baptiste Willermoz, lui-même inspiré par Mme de La Vallière, ce mot fut remplacé en 1785 par Phaleg. D’après Willermoz, c’était une contradiction que donner à l’apprenti ce mot de ralliement après lui avoir fait quitter tous les métaux qui sont les emblèmes des vices. Cette modification fut mal acceptée par beaucoup de frères appartenant à ce rite.

Au Rite Émulation, Tubalcaïn est le mot de passage donnant accès du 2ème au 3ème grade.

Rite York. Tubalcaïn est le nom de la griffe de passage de compagnon à maître, servant de mot de passe au 2ème  degré, tel que cela apparaît dans l’échange entre le 1er surveillant et le 1er expert dans  les instructions du degré : «- A-t-elle un nom? -Oui – Voulez-vous me le donner ? – Ce n’est pas ainsi que je l’ai reçu et je ne le communiquerai jamais ainsi.- Comment en disposez-vous ? – En l’épelant ou par syllabe. – Donnez-le par syllabe et commencez. – Commencez vous-même. – C’est à vous de commencer.»

 

III – L’interprétation

Pour Hervé Tremblay, les généalogies des onze premiers chapitres de la Genèse entendent décrire les peuples (Gn 5) et justifier l’apparition des différents aspects de la vie humaine, comme les arts et les métiers. En Gn 4,20-22, les trois castes des éleveurs de bétail, des musiciens et des forgerons ambulants sont rattachées à trois ancêtres dont les noms font assonance et rappellent les métiers de leurs descendants : Yabal (ybl « conduire ») ; Yubal (yôbel « trompette ») ; Tubal (nom d’un peuple du nord, au pays des métaux). Tubal-Caïn serait «l’ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer». Cela signifie que les généalogies ne sont pas très fiables historiquement et que les noms sont plutôt des créations visant à rendre compte du monde tel qu’il est.

Tubalcaïn, le forgeron, travaille les métaux et s’inscrit spirituellement comme continuateur de la lignée caïnite. Le forgeron fait partie des bâtisseurs et apprend à être par le moyen de la création. Il a la connaissance des 4 éléments : le métal est extrait de la terre, il est transfiguré par le feu, lui même attisé par l’air puis trempé par l’eau afin de devenir l’instrument utile aux laboureurs ou aux guerriers. Il forge des épées, œuvre d’initié car elles sont parfois dotées d’un pouvoir magique, qui demande de connaître et maîtriser les forces contenues dans ces éléments. Le forgeron maîtrise le feu et grâce à lui transforme les métaux qui viennent des profondeurs de la terre. Son pouvoir est ambivalent, il peut être aussi maléfique que bénéfique car il forge des armes pour faire la guerre et comme Tubalcaïn qui , selon le témoignage de Philon et du livre apocryphe d’Énoch, cité par Tertullien, employa aussi dans ses travaux l’or, l’argent, etc., dont on fit ensuite des idoles pour les adorer.

Le travail de la forge signifie la constitution de l’être à partir du non-être. La forge est l’allégorie du cœur et les soufflets représentent les poumons.

Fondre le métal et le reformer correspond au « salve et coagula » de l’alchimie hermétique, travail créateur par excellence, car créer c’est recréer.

Sur un autre plan, selon Guy Barthélémy, la signification politique de la fable de Nerval est claire: ceux qui produisent les richesses de la terre, mais qui aussi ont permis aux hommes de sortir de leur animalité, car parmi ces bannis, il y a celui qui a inventé la ville, celui qui a inventé le tissage, celui qui a conçu le premier instrument de musique qui sont injustement opprimés par ce Dieu qui veut maintenir abusivement les hommes dans un état d’ignorance et par ceux qui lui servent de relais : les rois, ces ministres despotiques d’Adonaï. Le savoir et la liberté ne peuvent donc s’épanouir que dans un combat socialiste qui s’infléchit vers la mise en cause du Dieu

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SOURCE http://solange-sudarskis.over-blog.com/2017/01/tubalcain.html?fbclid=IwAR1dnTKE0WBJw6FGNCffMdEft-QWYoC95HJKPlr4l47Jl1bUYFUnvgRh9BQ

L’Egypte ancienne, une source de l’univers de la pensée symbolique FM (sphinx) 4 juin, 2018

Posté par hiram3330 dans : Contribution,Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Conférence 2015

L’Egypte ancienne, une source de l’univers de la pensée symbolique FM (sphinx)

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Mes BB:. CC:. FF:. et SS:., chers amis, bonsoir à tous, nous voici réunis autour d’un sujet bien trop imposant pour une soirée, simplement, puissent quelques étoiles filantes, dans le ciel étoilé, nous apporter leurs traces lumineuses…

Pénétrer un tant soit peu cette si ancienne, si étrange, et si riche pensée est un défi que nous allons essayer d’affronter ensemble car vous êtes plus que tout autre, par votre qualité de FM, préparés à penser à la manière égyptienne.

Je n’aborderai que quelques points, et j’ai prévu de faire des pauses pour que la parole circule.

En guise d’entrée en matière, je voudrais, avant toute chose, rappeler qu’à travers l’écoulement du temps, les données de la pensée de l’Egypte ancienne qui a rayonné durant près de 4000 ans a baigné la pensée grecque, puis romaine et, qu’à travers la suite de l’histoire, à Byzance, puis à la Renaissance, elle a resurgie dans des écrits connus de vous tel, Le Corpus Hermeticum d’Hermès Trismegiste, -écrits qui ont été, au 18° siècle, l’objet d’études attentives dans les cercles d’initiés,-  tels que la FM ou encore « les Illuminés de Bavière »,   particulièrement en Angleterre, en Allemagne et en Autriche et c’est ainsi que l’on peut citer Von Lessing, ayant écrit sur le papier peint de son salon la célèbre devise grecque, mais d’origine égyptienne, « Hen Kaï Pan », « Le Un et le Tout » ou encore les travaux dans les loges autrichiennes sur la Sagesse égyptienne où un certain Mozart les a écouté et a composé « La Flûte Enchantée » qui en est, elle aussi, imbibée. Je ne développe pas plus ce soir, mais ces faits témoignent d’une imprégnation de la pensée égyptienne souterraine dans la tradition que vous continuez à faire vivre. Tout ceci, s’ajoutant au culte Isiaque qui perdura en Europe fort longtemps.

*Pause1, la parole peut-elle circuler V:.M:. ?…………………..

Bien allons chercher nos étoiles filantes et leur traces lumineuses…

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*1- A propos de la pensée dite « symbolique »

2 citations.

Claude Levi-Strauss

Je cite : « L’activité inconsciente de l’esprit consiste à imposer des formes à un contenu, et ces formes sont fondamentalement les mêmes pour tous les esprits, anciens, modernes, primitifs et civilisés. »

Claude Traunecker, un éminent égyptologue :

Je cite : «La pensée analogique qui consiste à puiser dans le monde sensible du vivant des modèles pour imaginer l’inconnu, supporte parfaitement la superposition des images, même paradoxales…

Attention, ces métaphores ne sont pas des actes de foi, des croyances comme dans la pensée judéo-chrétienne, mais plutôt comme des icônes logiques, (Sirius), explicatives des coulisses encore inconnues de l’Univers. C’est, au détour d’une de ses tentatives de l’explication du monde que nous pouvons surprendre les égyptiens se livrant à une réflexion scientifique sur les rapports entre la pensée et l’action avec la Pierre de Chabaka qui en est le plus brillant exemple ».

Une pierre qui va bientôt nous occuper en relation avec Le Verbe !

Avant cela, je voudrai évoquer avec vous une caractéristique de la pensée égyptienne concernant la logique en relation avec la pensée symbolique :

La pensée égyptienne est « bizarre », elle fonctionne sur 2 modes :

-Celui de la logique dite Aristotélicienne pour  ce qui est des données rationnelles, tel, le calcul d’un angle, la visée de l’étoile polaire pour l’implantation d’un temple, un univers de pensée où 2×2 font toujours 4 ! La logique aristotélicienne est marquée par sa loi d’exclusion, une logique basée sur le « oui/non », et qui exclu un tertium datur, l’exclusion d’un 3° possible « ce qui est blanc est blanc et ne peut être noir » qui s’applique bien à la compréhension du monde dans son champ conceptuel central mais qui ne fonctionne plus si l’on s’approche des frontières de l’infiniment petit et de l’infiniment grand.

-Un autre type de logique

 On rejoint là, les données de la physique moderne en rappelant que le physicien,  Niels Bohr, en 1927, confronté aux phénomènes inexplicables de la matière quand elle concerne les quantas pose le postulat d’une autre logique fonctionnant sous le régime de la complémentarité et incluant elle un 3° possible.

-Ainsi fonctionne la pensée égyptienne quand le besoin s’en fait sentir. Elle devient « plastique » ; elle fonctionne selon un mode de complémentarité, (Thot,Nefertari)une logique de type quantique qui suppose une approche herméneutique. C’est une logique qui pourrait être  comparée à l’œil de la mouche où de très nombreux angles de vues montrent une réalité complexe et évolutive, à l’image de la Vie, donc,  des angles de vue multiples d’une même chose.

Elle s’appuie sur des images, sur des formes, sur des formules écrites de type allusive, le tout pour exprimer l’inexprimable, quand elle pense la Création, ses lois et ses dieux.

Si 2×2 font toujours 4, le ciel est Nout, Hathor, la vache, la truie, le baldaquin, l’eau, etc…, chaque image, chaque forme, chaque texte s’ajoutant pour circonscrire au mieux ce qu’est l’essence du ciel.

C’est un monde où la forme d’un dieu, d’un objet…, où le texte n’est pas à prendre au 1° degré. La seule chose qui importe est ce qu’ils représentent, ce dont ils témoignent dans l’architecture de la Création et le message ne s’éclaircit que si l’on en a exploré tous les aspects…

Cela s’applique bien sûr aussi au domaine de l’écriture, des signes.

Par exemple si l’on regarde ensemble quelques exemples de  l’écriture de Maât, « la fille de Rê »,  - Maât, en résumant, la totalité des lois de la création et du vivant, y compris la concorde des vivants-,  je peux utiliser différentes manière de l’écrire, et le lecteur devra se demander : Pourquoi ? Et il trouvera alors le message complémentaire qui y est contenu.

… Je pense, pour tenter de relier mon propos à l’univers de la pensée M, à titre d’exemple, qu’il y a bien des manières de présenter une équerre et un compas et que si l’on pose la même question : Pourquoi ? Différents concepts deviendront clairs…

Nous baignons dans ce nous appelons la pensée symbolique et sa logique est de type « complémentaire »,  « quantique » !

A partir de cet instant, l’on peut admettre que le « Un et le Tout », (le fameux Hen Kaï Pan) ne sont pas contradictoires, mais issus d’une « logique complémentaire », nous y reviendrons en nous intéressant au 3 !

*Pause2,………………………

2**- Abordons maintenant la Cosmogonie de Ptah, « La création par le Verbe », et la Pierre de Chabaka

* Cette cosmogonie de Ptah est arrivée à nous par l’entremise de la Pierre de Chabakha, (BM), un roi tardif, -25°d, vers -700), qui dit avoir recueilli un papyrus très vieux, très abimé et rongé par les vers. Il l’a pieusement recueilli pour le faire graver dans une pierre de basalte qui, un jour, fut récupérée par un paysan cherchant une meule dormante pour moudre son grain, ce qui a provoqué un effacement d’une partie du texte…

Dans les Textes des Sarcophages du Moyen Empire, issus des T. des Pyramides  vers -2000, une phrase des TdesS : « Je suis l’Eternel… Je suis celui qui a créé le Verbe, … Je suis le Verbe », évoque la 1° phrase de l’Evangile selon St Jean… Il y a de quoi à méditer là-dessus et sur bien autre chose !…

 « La parole », en égyptien mdw-nTr, est qualifiée, elle est : « la parole divine », à travers la cosmogonie de Ptah une divinité très ancienne, le maître des artisans, le forgeron, l’ancêtre de Tubalcaïn, décrite dans cette fameuse pierre de Chabaka, (BM). On comprendra aisément que grâce à son origine divine, elle ait été aussi bien conservée et stable pendant quelques 3800 ans !

* Ptah va donc être l’artisan de la création… Mais quel était l’état des lieux, avant la création ? L’égyptien répond par des formules négatives apportant un début de réponse traduisant par « quand … n’était pas encore », (ou n’avait pas encore), exemple, « quand l’ascension de Chou n’a pas encore eu lieu », (négation de l’espace) ou « quand le dieu créateur n’avait pas encore trouvé un lieu sur lequel se dresser », « quand n’était annoncé le nom de quoi que se soit » une allusion au travail du dieu créateur par lequel il appela à l’existence toute créature et toute chose : « Ce qui existe est nommé et ce n’existe pas n’est pas nommé ».

Avant la création, il n’y avait rien, un état appelé

Avant la création : un état appelé l’état de non-existant le Noun, liquide, indifférencié contenant toutes les potentialités mais inerte, latent, une unicité plongée dans les ténèbres totales, un état de la matière où « il n’existait pas encore 2 choses », « une unité indivisible en 2 choses ».

*** Schémas Non-existant/existant> ouroboros, l’état du non-existant continue à transpirer dans l’existant, d’où la nessacité d’une attantion constante à l’entretien de la création

* La création décrite dans la pierre de Chabaka :

-1- Ptah, le Démiurge, est appelé « Cœur et Langue ». Il est l’image l’image de celui qui, muni de la puissance-Heka  va s’auto-engendrer dans cette étendue inerte, le Noun,…

Le texte décrit Ptah, « le très ancien », « celui qui a tout pouvoir », « celui qui est venu à l’existence en tant que cœur et langue sous l’apparence d’Atoum »,

Atoum est le démiurge de la cosmogonie Héliopolitainne,  il marque le passage crucial entre le non-existant et l’existant, il passe la frontière, tel une entité amphibie, comme nous le montre son nom, tm , « ne pas être », mais aussi, tm, « la totalité » en tant qu’entité  liminaire, placée entre le rien et le tout.

Par la puissance de Heka, nommée chez Ptah, « Cœur et Langue ». il  s’auto-engendre,  je cite, « qui  vient à l’existence par lui- même » (xpr Ds=f) .

Mais quelle est cette puissance contenue dans« Cœur et Langue » dont se sert Ptah pour émerger du non –existant ?… Quelle est donc cette force diffuse dans la pré-création, dans le non-existant, qui permet de basculer dans l’existant ?

A cette question, toujours d’actualité, tant, chez les physiciens que chez les théologiens d’aujourd’hui, les Egyptiens ont apportés plusieurs réponses… Le ch. 261 des TdesS, affirme et montre que Heka préexiste à toute chose et qu’elle est présente dans toute la création, (xpr m HqA).

Mais que signifie Heka ? Une sorte de potentialité universelle et incréée… et mal traduite en français par « magie » ; aussitôt, nos esprits contemporains sont hérissés par cette notion ! Donc, je vais employer le mot égyptien : Heka, c’est une formidable puissance, un champ de forces, une énergie qui fonctionne de manière automatique, instantanée, qui ne nécessite aucun médium pour sa transmission,  et qui met en branle les forces de la Nature. C’est une puissance du même ordre que ce que nous avons appelé « le Big-bang » et dont l’énergie nucléaire ne nous donne qu’une mince approche.

*Notes complémentaires  sur Héka : Heka – la puissance primitive qui a permis au démiurge de se créer lui-même, au début de la création. Elle est  présente en latence avant la création. Heka agit avec deux autres puissances, Sia, la connaissance, l’omniscience intuitive, le Cœur-esprit de Ptah, (le jb et le hathy), et Hou, le Verbe, la Parole créatrice, la Langue de Ptah….

Héka, HkA, est  la puissance, la force, (écrit dans la tombe de Banentyou),  he, H, « ce qui stimule », kA « la force de la vie », le potentiel vital, énergétique, de chaque chose créée… Tout recours à Heka suppose d’affronter une grande puissance donc l’intervention doit être faite par quelqu’un en état de pureté, physique et mentale,  par quelqu’un,  inspiré par Sia, la connaissance, et par Hou, le Verbe, la parole créatrice, la parole performative, efficiente, (et avec la prononciation adéquate). L’intervention se fait sous forme de rites, oraux et manuels. Elle permet donc d’activer les forces de Heka pour atteindre l’état optimum de la création, « la création de la 1° fois »,selon Maât, paix, prospérité, santé, harmonie, etc, et donc, de se défendre contre les forces négatives en général et donc les « ennemis » de tous genres, par ex, animaux vénéneux, par ex, la maladie. (>médecine)

*Pause3…………….

2- Le texte indique ensuite  que Cœur et Langue est présent chez tous les êtres vivants, je cite, « Il se trouve que « Cœur et Langue » ont pouvoir sur les membres de par l’enseignement qu’ils existent en tout corps et en toute bouche de tous les dieux, de tous les hommes, de tout être rampant, et de tout vivant, par la pensée et par les paroles, ordonnant toute choses qu’ils désirent »

Le texte annonce l’universalité du couple « Cœur et Langue », conception/action dans tout le monde vivant. Les membres soumis à leur pouvoir sont ceux d’un corps vivant. L’évidence est que Cœur et Langue existent dans tous les corps vivants et il est spécifié qu’ils agissent par la pensée, (le Cœur conçoit), puis par la Parole. La pensée est anticipatrice de la parole, le verbe choisi l’indique, (kAj, penser à, découvrir que, idée de futur)…Alors, Langue, Dents et lèvres » permettent de passer à l’action .

3- Le processus cognitif est décrit : le cœur produit la pensée, il recueille et coordonne les informations fournies par les sens .

Je cite : « Les yeux voient, les oreilles entendent, le nez respire le souffle et ils sont élevés vers le cœur et c’est lui, (le cœur), qui fait que sortent toutes conclusions et c’est la langue qui proclame les desseins du cœur. »

[ Indispensables à la vie, ils seront réactivés pour le défunt avec le rituel de l’ouverture de la bouche du défunt au ch.1 du LdesM, lui redonnant ses facultés opératives].

Un peu plus loin : « C’est ainsi que sont créés tout travaux et tout œuvre d’artisans ». La pensée, puis la parole déclenche l’action. Tout ce que font les membres, les mains, les jambes sont le résultat de la pensée et de la parole.

- Le processus cognitif est enclenché, il est bien défini. Les informations des trois sens, (vue, ouïe, odorat) sont centralisées par le cœur-esprit, l’intellect, en fait la synthèse et en tire des conséquences, une compréhension, et des résolutions, une volonté, qui déclenche une action pertinente qui passe dans la réalité.

Il faut noter que les « desseins du cœur » relève de la conscience individuelle et du libre-arbitre de tout être pensant devant une situation donnée.

« Cœur et Langue » est à l’origine de tous les travaux, tous les  Arts et toutes les productions… où, même les gestes simples de l’artisan sont soumis au processus cognitif pensée anticipatrice/parole/action.

4-  Puis, « Cœur et Langue » affirme la venue au monde des dieux et de tout ce qui existe, dont, l’Humanité, il met en place l’état de distinction et justifie le libre-arbitre de la conscience.

« C’est ainsi que sont nés tous les dieux, ainsi qu’Atoum et sa compagnie et que sont venus à l’existence toutes les paroles divines par la pensée du cœur et l’ordre de la langue… »

« Cœur et Langue » met en place l’état de la distinction, la dualité la fécondité et la destinée humaine en s’attachant à préciser les bases sur lesquelles la création a été conçue

Mais là, au lieu de citer le texte de la Pierre de Chabaka qui s’y réfère, je vais vous citer celui, plus clair, du TdesS. CT7-462d-464f, concernant le monologue d’Atoum, créateur : (les 4 actes fondateurs de la création, où Atoum donne l’air à  tout ce qui vit, le Nil pour pourvoir à leur nourriture et le moyen de conserver en bon état la création), et dans le 3° acte:

« J’ai créé chaque homme semblable à l’autre. Je n’ai pas ordonné qu’ils fassent le mal mais leurs cœurs ont désobéi à mes propos, c’est l’une des actions ».

Faire le Bien, ou faire le Mal, nous avons le choix… Nous avons le libre-arbitre de nos consciences.

…. Ce qui n’est pas sans évoquer la devise de la France, « Liberté, Egalité, Fraternité »,

*La fin du texte s’achève sur le repos de Ptah qui a créé le monde tangible de l’Egypte, ses villes ses temples, ses cultes, etc, sous la responsabilité de son roi, mandataire des dieux pour la maintenir en Harmonie selon les lois de Maât, l’ordre de la création parfait, exemple, l’ordre du ciel,  (SethyI°).

Je résume, « Cœur-Langue », d’essence « Heka » :

Dans un 1° temps la pensée éclot dans son cœur. (le cœur-esprit), Il « prend conscience »… « Il pense, donc il est », (voir Descartes !!!) et, de son cœur-esprit, il va déclencher la création par le Verbe : Le cœur-esprit conçoit et crée les formes ; ces formes se constituent en écriture interne dans son cœur, (signa), puis trouvent une expression externe par sa langue, ses dents et ses lèvres, (verba), et, grâce à la puissance créatrice Heka du dieu, les mots se réalisent et sont transposés dans le monde visible des phénomènes en constitution, ce sont les choses, (res)…

Thot est chargé de la besogne.

Le processus est instantané, quand la parole créatrice de dieu a été prononcée, Heka déclenche instantanément la réalité de la venue à l’existence.

Les signa, les « formes »  et donc, les hiéroglyphes, sont donc la totalité de la Création advenue, autrement dit, « tout est hiéroglyphe », « tout est Verbe »

C’est une écriture où le signifiant est en symbiose avec le signifié. Tout ce qui est nommé existe et ce qui n’est pas nommé n’existe pas ; d’origine divine, la stabilité du système hiéroglyphique a été maintenue durant 3700 ans !

 J’ajoute que « ces divines paroles » sont « efficientes », « performatives », « opératives », autrement dit chargées d’efficacité heka, et pour l’éternité !…

… Une devinette pour vous permettre de souffler un peu : Comment pensez-vous qu’un homme reconnu coupable d’un crime pouvait être châtié ? Certes, il pouvait être condamné à être battu, voire à être condamné à aller travailler aux mines mais le plus grave c’était ?…

***Pause4 question ?

Revenons un instant sur le Un, le Multiple, et le 3

* La création enclenche la distinction, (faucille, mAa), la division, la dualité, d’où découle la multiplicité.

« celui qui se transforma en millions », est une épithète courante du Créateur, quelque soit son nom, (Rê, Amon, Ptah, etc…). Avec la création et la diversité qu’elle engendre, elle devient multiple…, une intuition que le monde est nécessairement divers et multiforme et qu’il doit cet état au dieu créateur.… Le Un et la Multiplicité sont les deux bornes du non-existant et de l’existant.

*  Mais,…pourquoi le 3 a-t-il une importance dans ce processus ?

Titulature Toutankhamon : nb-xprw-ra HoA-mAat- Rê est le maître  des manifestations, souverain de Maât, et Titulature d’Horemheb : Djeser- Khéperou-Rê- setep-en-Rê Sacrées sont les manifestations de Rê, l’élu de Rê : Dsr-xprw stp.n-ra

Voilà les signes qui permettent d’écrire noter l’Unité, la Dualité et la Multiplicité, si la valeur « trois » est réelle, par exemple dans les textes de comptabilité, ce même signe marque la multiplicité, la Multiplicité de la création, une valeur hautement symbolique s’en dégage, et

la notion de trinité, la tri-unité a évidemment, une origine égyptienne, et la valeur symbolique du trois en est renforcée d’autant.

* L’état sympathique de la création

L’une des particularités de la pensée logique complémentaire est de mettre en lumière que toute cette multiplicité est « Une » dans le fait qu’elle est en interaction et donc, elle offre  une organisation « sympathique » de la Nature : Des données semblables produisent des effets semblables, et ceci, en utilisant tous les règnes de la Création : humain, animal, végétal, minéral. Tout comme ce que nous connaissons dans le domaine de l’Homéopathie… (Isis, scorpion)

* La démarche à suivre dans ce système de pensée symbolique appliquant la logique complémentaire, est, non de poser la question du Comment ? Mais la question du Pourquoi ? Et même la question du pourquoi du pourquoi !… et, pour ma part,…  m’inspirer de la vieille Sagesse égyptienne dont je vous livre un extrait qui m’est cher :

La 1° maxime de la Sagesse de Ptahotep vers – 2350

« Ne t’enorgueillis pas parce que tu apprends !

Tiens donc conseil avec l’ignorant comme (avec) le savant !

On n’a jamais atteint les limites de l’art (en ce monde),

Et il n’y a pas d’artisan dont la maîtrise ne soit parfaite !             

Plus cachée est une belle parole que la pierre verte (la malachite),

On la rencontre même chez les servantes qui sont aux meules »

* Il y aurait tant à dire sur bien des choses, par exemple sur l’œil, la règle, le pavé mosaïque, la Lumière, la pureté, les 4 éléments, la nature d’Osiris et son redressement, le geste-henou, etc… Mais, il est l’heure et nous aspirons au repos…

Simplement pour terminer sur une note plus légère, je vous ferais remarquer que si la pierre du meunier n’avait pas été rectangulaire, si elle avait été carrée ou circulaire, la subtile démonstration des penseurs memphites disparaissait à tout jamais, dissoute dans la farine !

 

Merci de votre patiente attention, j’ai dit V:.M:.

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L’Egypte ancienne, une source de l’univers de la pensée symbolique FM 21 février, 2016

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Conférence du 28 Nov.2015

** L’Egypte ancienne, une source de l’univers de la pensée symbolique FM

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MM BB CC FF et SS, chers amis, bonsoir à tous, nous voici réunis autour d’un sujet bien trop imposant pour une soirée, simplement, puissent quelques étoiles filantes, dans le ciel étoilé, nous apporter leurs traces lumineuses…

Pénétrer un tant soit peu cette si ancienne, si étrange, et si riche pensée est un défi que nous allons essayer d’affronter ensemble car vous êtes plus que tout autre, par votre qualité de FM, préparés à penser à la manière égyptienne.

Je n’aborderai que quelques points, et j’ai prévu de faire des pauses pour que la parole circule.

En guise d’entrée en matière, je voudrais, avant toute chose, rappeler qu’à travers l’écoulement du temps, les données de la pensée de l’Egypte ancienne qui a rayonné durant près de 4000 ans a baigné la pensée grecque, puis romaine et, qu’à travers la suite de l’histoire, à Byzance, puis à la Renaissance, elle a resurgi dans des écrits connus de vous tel, Le Corpus Hermeticum d’Hermès Trismegiste, -écrits qui ont été, au 18° siècle, l’objet d’études attentives dans les cercles d’initiés,-  tels que la FM ou encore « les Illuminés de Bavière »,   particulièrement en Angleterre, en Allemagne et en Autriche et c’est ainsi que l’on peut citer Von Lessing, ayant écrit sur le papier peint de son salon la célèbre devise grecque, mais d’origine égyptienne, « Hen Kaï Pan », « Le Un et le Tout » ou encore les travaux dans les loges autrichiennes sur la Sagesse égyptienne où un certain Mozart les a écouté et a composé « La Flûte Enchantée » qui en est, elle aussi, imbibée. Je ne développe pas plus ce soir, mais ces faits témoignent d’une imprégnation de la pensée égyptienne souterraine dans la tradition que vous continuez à faire vivre. Tout ceci, s’ajoutant au culte Isiaque qui perdura en Europe fort longtemps.

 

*Pause1, la parole peut-elle circuler VM ?…………………..

 

Bien allons chercher nos étoiles filantes et leur traces lumineuses…

*1- A propos de la pensée dite « symbolique »

2 citations.

Claude Levi-Strauss

Je cite : « L’activité inconsciente de l’esprit consiste à imposer des formes à un contenu, et ces formes sont fondamentalement les mêmes pour tous les esprits, anciens, modernes, primitifs et civilisés. »

Claude Traunecker, un éminent égyptologue :

Je cite : «La pensée analogique qui consiste à puiser dans le monde sensible du vivant des modèles pour imaginer l’inconnu, supporte parfaitement la superposition des images, même paradoxales…

Attention, ces métaphores ne sont pas des actes de foi, des croyances comme dans la pensée judéo-chrétienne, mais plutôt comme des icônes logiques, (Sirius), explicatives des coulisses encore inconnues de l’Univers. C’est, au détour d’une de ses tentatives de l’explication du monde que nous pouvons surprendre les égyptiens se livrant à une réflexion scientifique sur les rapports entre la pensée et l’action avec la Pierre de Chabaka qui en est le plus brillant exemple ».

Une pierre qui va bientôt nous occuper en relation avec Le Verbe !

Avant cela, je voudrai évoquer avec vous une caractéristique de la pensée égyptienne concernant la logique en relation avec la pensée symbolique :

La pensée égyptienne est « bizarre », elle fonctionne sur 2 modes :

-Celui de la logique dite Aristotélicienne pour  ce qui est des données rationnelles, tel, le calcul d’un angle, la visée de l’étoile polaire pour l’implantation d’un temple, un univers de pensée où 2×2 font toujours 4 ! La logique aristotélicienne est marquée par sa loi d’exclusion, une logique basée sur le « oui/non », et qui exclu un tertium datur, l’exclusion d’un 3° possible « ce qui est blanc est blanc et ne peut être noir » qui s’applique bien à la compréhension du monde dans son champ conceptuel central mais qui ne fonctionne plus si l’on s’approche des frontières de l’infiniment petit et de l’infiniment grand.

-Un autre type de logique

On rejoint là, les données de la physique moderne en rappelant que le physicien,  Niels Bohr, en 1927, confronté aux phénomènes inexplicables de la matière quand elle concerne les quantas pose le postulat d’une autre logique fonctionnant sous le régime de la complémentarité et incluant elle un 3° possible.

-Ainsi fonctionne la pensée égyptienne quand le besoin s’en fait sentir. Elle devient « plastique » ; elle fonctionne selon un mode de complémentarité, (Thot,Nefertari)une logique de type quantique qui suppose une approche herméneutique. C’est une logique qui pourrait être  comparée à l’œil de la mouche où de très nombreux angles de vues montrent une réalité complexe et évolutive, à l’image de la Vie, donc,  des angles de vue multiples d’une même chose.

Elle s’appuie sur des images, sur des formes, sur des formules écrites de type allusive, le tout pour exprimer l’inexprimable, quand elle pense la Création, ses lois et ses dieux.

Si 2×2 font toujours 4, le ciel est Nout, Hathor, la vache, la truie, le baldaquin, l’eau, etc…, chaque image, chaque forme, chaque texte s’ajoutant pour circonscrire au mieux ce qu’est l’essence du ciel.

C’est un monde où la forme d’un dieu, d’un objet…, où le texte n’est pas à prendre au 1° degré. La seule chose qui importe est ce qu’ils représentent, ce dont ils témoignent dans l’architecture de la Création et le message ne s’éclaircit que si l’on en a exploré tous les aspects…

Cela s’applique bien sûr aussi au domaine de l’écriture, des signes.

Par exemple si l’on regarde ensemble quelques exemples de  l’écriture de Maât, « la fille de Rê »,  - Maât, en résumant, la totalité des lois de la création et du vivant, y compris la concorde des vivants-,  je peux utiliser différentes manière de l’écrire, et le lecteur devra se demander : Pourquoi ? Et il trouvera alors le message complémentaire qui y est contenu.

… Je pense, pour tenter de relier mon propos à l’univers de la pensée M, à titre d’exemple, qu’il y a bien des manières de présenter une équerre et un compas et que si l’on pose la même question : Pourquoi ? Différents concepts deviendront clairs…

Nous baignons dans ce nous appelons la pensée symbolique et sa logique est de type « complémentaire »,  « quantique » !

A partir de cet instant, l’on peut admettre que le « Un et le Tout », (le fameux Hen Kaï Pan) ne sont pas contradictoires, mais issus d’une « logique complémentaire », nous y reviendrons en nous intéressant au 3 !

 

*Pause2,………………………

 

2**- Abordons maintenant la Cosmogonie de Ptah, « La création par le Verbe », et la Pierre de Chabaka

* Cette cosmogonie de Ptah est arrivée à nous par l’entremise de la Pierre de Chabakha, (BM), un roi tardif, -25°d, vers -700), qui dit avoir recueilli un papyrus très vieux, très abimé et rongé par les vers. Il l’a pieusement recueilli pour le faire graver dans une pierre de basalte qui, un jour, fut récupérée par un paysan cherchant une meule dormante pour moudre son grain, ce qui a provoqué un effacement d’une partie du texte…

Dans les Textes des Sarcophages du Moyen Empire, issus des T. des Pyramides  vers -2000, une phrase des TdesS : « Je suis l’Eternel… Je suis celui qui a créé le Verbe, … Je suis le Verbe », évoque la 1° phrase de l’Evangile selon St Jean… Il y a de quoi à méditer là-dessus et sur bien autre chose !…

« La parole », en égyptien mdw-nTr, est qualifiée, elle est : « la parole divine », à travers la cosmogonie de Ptah une divinité très ancienne, le maître des artisans, le forgeron, l’ancêtre de Tubalcaïn, décrite dans cette fameuse pierre de Chabaka, (BM). On comprendra aisément que grâce à son origine divine, elle ait été aussi bien conservée et stable pendant quelques 3800 ans !

* Ptah va donc être l’artisan de la création… Mais quel était l’état des lieux, avant la création ? L’égyptien répond par des formules négatives apportant un début de réponse traduisant par « quand … n’était pas encore », (ou n’avait pas encore), exemple, « quand l’ascension de Chou n’a pas encore eu lieu », (négation de l’espace) ou « quand le dieu créateur n’avait pas encore trouvé un lieu sur lequel se dresser », « quand n’était annoncé le nom de quoi que se soit » une allusion au travail du dieu créateur par lequel il appela à l’existence toute créature et toute chose : « Ce qui existe est nommé et ce n’existe pas n’est pas nommé ».

Avant la création, il n’y avait rien, un état appelé

Avant la création : un état appelé l’état de non-existant le Noun, liquide, indifférencié contenant toutes les potentialités mais inerte, latent, une unicité plongée dans les ténèbres totales, un état de la matière où « il n’existait pas encore 2 choses », « une unité indivisible en 2 choses ».

*** Schémas Non-existant/existant> Ouroboros, l’état du non-existant continue à transpirer dans l’existant, d’où la nécessité d’une attention constante à l’entretien de la création

* La création décrite dans la pierre de Chabaka :

-1- Ptah, le Démiurge, est appelé « Cœur et Langue ». Il est l’image l’image de celui qui, muni de la puissance-Heka  va s’auto-engendrer dans cette étendue inerte, le Noun,…

Le texte décrit Ptah, « le très ancien », « celui qui a tout pouvoir », « celui qui est venu à l’existence en tant que cœur et langue sous l’apparence d’Atoum »,

Atoum est le démiurge de la cosmogonie Héliopolitaine,  il marque le passage crucial entre le non-existant et l’existant, il passe la frontière, tel une entité amphibie, comme nous le montre son nom, tm , « ne pas être », mais aussi, tm, « la totalité » en tant qu’entité  liminaire, placée entre le rien et le tout.

Par la puissance de Heka, nommée chez Ptah, « Cœur et Langue ». il  s’auto-engendre,  je cite, « qui  vient à l’existence par lui- même » (xpr Ds=f) .

Mais quelle est cette puissance contenue dans« Cœur et Langue » dont se sert Ptah pour émerger du non –existant ?… Quelle est donc cette force diffuse dans la pré-création, dans le non-existant, qui permet de basculer dans l’existant ?

A cette question, toujours d’actualité, tant, chez les physiciens que chez les théologiens d’aujourd’hui, les Egyptiens ont apportés plusieurs réponses… Le ch. 261 des TdesS, affirme et montre que Heka préexiste à toute chose et qu’elle est présente dans toute la création, (xpr m HqA).

Mais que signifie Heka ? Une sorte de potentialité universelle et incréée… et mal traduite en français par « magie » ; aussitôt, nos esprits contemporains sont hérissés par cette notion ! Donc, je vais employer le mot égyptien : Heka, c’est une formidable puissance, un champ de forces, une énergie qui fonctionne de manière automatique, instantanée, qui ne nécessite aucun médium pour sa transmission,  et qui met en branle les forces de la Nature. C’est une puissance du même ordre que ce que nous avons appelé « le Big-bang » et dont l’énergie nucléaire ne nous donne qu’une mince approche.

*Notes complémentaires  sur Héka : Heka – la puissance primitive qui a permis au démiurge de se créer lui-même, au début de la création. Elle est  présente en latence avant la création. Heka agit avec deux autres puissances, Sia, la connaissance, l’omniscience intuitive, le Cœur-esprit de Ptah, (le jb et le hathy), et Hou, le Verbe, la Parole créatrice, la Langue de Ptah….

Héka, HkA, est  la puissance, la force, (écrit dans la tombe de Banentyou),  he, H, « ce qui stimule », kA « la force de la vie », le potentiel vital, énergétique, de chaque chose créée… Tout recours à Heka suppose d’affronter une grande puissance donc l’intervention doit être faite par quelqu’un en état de pureté, physique et mentale,  par quelqu’un,  inspiré par Sia, la connaissance, et par Hou, le Verbe, la parole créatrice, la parole performative, efficiente, (et avec la prononciation adéquate). L’intervention se fait sous forme de rites, oraux et manuels. Elle permet donc d’activer les forces de Heka pour atteindre l’état optimum de la création, « la création de la 1° fois »,selon Maât, paix, prospérité, santé, harmonie, etc, et donc, de se défendre contre les forces négatives en général et donc les « ennemis » de tous genres, par ex, animaux vénéneux, par ex, la maladie. (>médecine)

*Pause3…………….

 

2- Le texte indique ensuite  que Cœur et Langue est présent chez tous les êtres vivants, je cite, « Il se trouve que « Cœur et Langue » ont pouvoir sur les membres de par l’enseignement qu’ils existent en tout corps et en toute bouche de tous les dieux, de tous les hommes, de tout être rampant, et de tout vivant, par la pensée et par les paroles, ordonnant toute choses qu’ils désirent »

Le texte annonce l’universalité du couple « Cœur et Langue », conception/action dans tout le monde vivant. Les membres soumis à leur pouvoir sont ceux d’un corps vivant. L’évidence est que Cœur et Langue existent dans tous les corps vivants et il est spécifié qu’ils agissent par la pensée, (le Cœur conçoit), puis par la Parole. La pensée est anticipatrice de la parole, le verbe choisi l’indique, (kAj, penser à, découvrir que, idée de futur)…Alors, Langue, Dents et lèvres » permettent de passer à l’action .

3- Le processus cognitif est décrit : le cœur produit la pensée, il recueille et coordonne les informations fournies par les sens .

Je cite : « Les yeux voient, les oreilles entendent, le nez respire le souffle et ils sont élevés vers le cœur et c’est lui, (le cœur), qui fait que sortent toutes conclusions et c’est la langue qui proclame les desseins du cœur. »

[ Indispensables à la vie, ils seront réactivés pour le défunt avec le rituel de l’ouverture de la bouche du défunt au ch.1 du LdesM, lui redonnant ses facultés opératives].

Un peu plus loin : « C’est ainsi que sont créés tout travaux et tout œuvre d’artisans ». La pensée, puis la parole déclenche l’action. Tout ce que font les membres, les mains, les jambes sont le résultat de la pensée et de la parole.

- Le processus cognitif est enclenché, il est bien défini. Les informations des trois sens, (vue, ouïe, odorat) sont centralisées par le cœur-esprit, l’intellect, en fait la synthèse et en tire des conséquences, une compréhension, et des résolutions, une volonté, qui déclenche une action pertinente qui passe dans la réalité.

Il faut noter que les « desseins du cœur » relève de la conscience individuelle et du libre-arbitre de tout être pensant devant une situation donnée.

« Cœur et Langue » est à l’origine de tous les travaux, tous les  Arts et toutes les productions… où, même les gestes simples de l’artisan sont soumis au processus cognitif pensée anticipatrice/parole/action.

4-  Puis, « Cœur et Langue » affirme la venue au monde des dieux et de tout ce qui existe, dont, l’Humanité, il met en place l’état de distinction et justifie le libre-arbitre de la conscience.

« C’est ainsi que sont nés tous les dieux, ainsi qu’Atoum et sa compagnie et que sont venus à l’existence toutes les paroles divines par la pensée du cœur et l’ordre de la langue… »

« Cœur et Langue » met en place l’état de la distinction, la dualité la fécondité et la destinée humaine en s’attachant à préciser les bases sur lesquelles la création a été conçue

Mais là, au lieu de citer le texte de la Pierre de Chabaka qui s’y réfère, je vais vous citer celui, plus clair, du TdesS. CT7-462d-464f, concernant le monologue d’Atoum, créateur : (les 4 actes fondateurs de la création, où Atoum donne l’air à  tout ce qui vit, le Nil pour pourvoir à leur nourriture et le moyen de conserver en bon état la création), et dans le 3° acte:

« J’ai créé chaque homme semblable à l’autre. Je n’ai pas ordonné qu’ils fassent le mal mais leurs cœurs ont désobéi à mes propos, c’est l’une des actions ».

Faire le Bien, ou faire le Mal, nous avons le choix… Nous avons le libre-arbitre de nos consciences.

…. Ce qui n’est pas sans évoquer la devise de la France, « Liberté, Egalité, Fraternité »,

*La fin du texte s’achève sur le repos de Ptah qui a créé le monde tangible de l’Egypte, ses villes ses temples, ses cultes, etc, sous la responsabilité de son roi, mandataire des dieux pour la maintenir en Harmonie selon les lois de Maât, l’ordre de la création parfait, exemple, l’ordre du ciel,  (SethyI°).

Je résume, « Cœur-Langue », d’essence « Heka » :

Dans un 1° temps la pensée éclot dans son cœur. (le cœur-esprit), Il « prend conscience »… « Il pense, donc il est », (voir Descartes !!!) et, de son cœur-esprit, il va déclencher la création par le Verbe : Le cœur-esprit conçoit et crée les formes ; ces formes se constituent en écriture interne dans son cœur, (signa), puis trouvent une expression externe par sa langue, ses dents et ses lèvres, (verba), et, grâce à la puissance créatrice Heka du dieu, les mots se réalisent et sont transposés dans le monde visible des phénomènes en constitution, ce sont les choses, (res)…

Thot est chargé de la besogne.

Le processus est instantané, quand la parole créatrice de dieu a été prononcée, Heka déclenche instantanément la réalité de la venue à l’existence.

Les signa, les « formes »  et donc, les hiéroglyphes, sont donc la totalité de la Création advenue, autrement dit, « tout est hiéroglyphe », « tout est Verbe »

C’est une écriture où le signifiant est en symbiose avec le signifié. Tout ce qui est nommé existe et ce qui n’est pas nommé n’existe pas ; d’origine divine, la stabilité du système hiéroglyphique a été maintenue durant 3700 ans !

J’ajoute que « ces divines paroles » sont « efficientes », « performatives », « opératives », autrement dit chargées d’efficacité heka, et pour l’éternité !…

… Une devinette pour vous permettre de souffler un peu : Comment pensez-vous qu’un homme reconnu coupable d’un crime pouvait être châtié ? Certes, il pouvait être condamné à être battu, voire à être condamné à aller travailler aux mines mais le plus grave c’était ?…

 

***Pause4 question ?

 

Revenons un instant sur le Un, le Multiple, et le 3

* La création enclenche la distinction, (faucille, mAa), la division, la dualité, d’où découle la multiplicité.

« celui qui se transforma en millions », est une épithète courante du Créateur, quelque soit son nom, (Rê, Amon, Ptah, etc…). Avec la création et la diversité qu’elle engendre, elle devient multiple…, une intuition que le monde est nécessairement divers et multiforme et qu’il doit cet état au dieu créateur.… Le Un et la Multiplicité sont les deux bornes du non-existant et de l’existant.

*  Mais,…pourquoi le 3 a-t-il une importance dans ce processus ?

Titulature Toutankhamon : nb-xprw-ra HoA-mAat- Rê est le maître  des manifestations, souverain de Maât, et Titulature d’Horemheb : Djeser- Khéperou-Rê- setep-en-Rê Sacrées sont les manifestations de Rê, l’élu de Rê : Dsr-xprw stp.n-ra

Voilà les signes qui permettent d’écrire noter l’Unité, la Dualité et la Multiplicité, si la valeur « trois » est réelle, par exemple dans les textes de comptabilité, ce même signe marque la multiplicité, la Multiplicité de la création, une valeur hautement symbolique s’en dégage, et

la notion de trinité, la tri-unité a évidemment, une origine égyptienne, et la valeur symbolique du trois en est renforcée d’autant.

* L’état sympathique de la création

L’une des particularités de la pensée logique complémentaire est de mettre en lumière que toute cette multiplicité est « Une » dans le fait qu’elle est en interaction et donc, elle offre  une organisation « sympathique » de la Nature : Des données semblables produisent des effets semblables, et ceci, en utilisant tous les règnes de la Création : humain, animal, végétal, minéral. Tout comme ce que nous connaissons dans le domaine de l’Homéopathie… (Isis, scorpion)

* La démarche à suivre dans ce système de pensée symbolique appliquant la logique complémentaire, est, non de poser la question du Comment ? Mais la question du Pourquoi ? Et même la question du pourquoi du pourquoi !… et, pour ma part,…  m’inspirer de la vieille Sagesse égyptienne dont je vous livre un extrait qui m’est cher :

La 1° maxime de la Sagesse de Ptahotep vers – 2350

« Ne t’enorgueillis pas parce que tu apprends !

Tiens donc conseil avec l’ignorant comme (avec) le savant !

On n’a jamais atteint les limites de l’art (en ce monde),

Et il n’y a pas d’artisan dont la maîtrise ne soit parfaite !             

Plus cachée est une belle parole que la pierre verte (la malachite),

On la rencontre même chez les servantes qui sont aux meules »

* Il y aurait tant à dire sur bien des choses, par exemple sur l’œil, la règle, le pavé mosaïque, la Lumière, la pureté, les 4 éléments, la nature d’Osiris et son redressement, le geste-henou, etc… Mais, il est l’heure et nous aspirons au repos…

Simplement pour terminer sur une note plus légère, je vous ferais remarquer que si la pierre du meunier n’avait pas été rectangulaire, si elle avait été carrée ou circulaire, la subtile démonstration des penseurs memphites disparaissait à tout jamais, dissoute dans la farine !

Merci de votre patiente attention, j’ai dit VM

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