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Savoir et connaissance 13 janvier, 2019

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Savoir et connaissance

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Le savoir nous l’utilisons tous. Rappelons-nous l’école et la façon d’apprendre. Il s’agit d’accumuler des informations, de les mémoriser, pour ensuite les réutiliser dans notre vie. Beaucoup de nos actions dépendent de ce type de mécanisme : au travail, nous nous souvenons de ce qui a été dit à la dernière réunion et que nous appliquons. Nous utilisons les mêmes procédés pour apprendre à parler, pour apprendre une langue étrangère. Le savoir est donc une accumulation d’informations qui influe sur notre comportement, ces informations font appel à la mémoire, et, se situent, temporellement, en amont de l’utilisation qui en est faite. On le voit, le savoir est nécessaire. Sans lui, la vie deviendrait vite impossible. Il ne s’agit donc pas d’opposer savoir et connaissance mais de reconnaître l’utilité de l’un et de l’autre.

Le savoir scientifique a considérablement fait progresser la condition humaine. Elle repose sur une accumulation de données, sur l’expérimentation. La science croit qu’elle est la mieux placée pour dire ce qu’est la réalité. Mais considère l’homme comme observateur extérieur à la démarche du savoir. A la différence de la connaissance et donc de la Franc Maçonnerie, qui place l’homme au centre de ses recherches. Où, d’observateur il devient acteur. « Connait toi même et tu connaitras l’univers et les Dieux ». Ce concept se retrouve dans toute l’ antiquité et dans la culture chrétienne  jusqu’à la renaissance où la vision scientifique du monde sépare radicalement le sujet  de l’objet de cette connaissance. Le monde est alors perçu comme une réalité que l’homme explore et exploite à son profit. Il est ainsi devenu, petit à petit étranger au monde et à lui même. C’est peut être une des explication qui fait que ce sont des hommes bien diplômés, plein de savoir qui ont jeté des avions contre les tours de New York. Cette analyse appartient, peut être, maintenant au passé car les progrès de la physique quantique semblent remettre en cause ce savoir. Jean Staune écrit « Un des grands enseignements de la physique quantique est que les particules élémentaires sont indéterminées en dehors de l’observation.  Elles ne sont pas fixes mais dépendent de la façon dont les observe.  Cela récuse l’idée d’une objectivité intrinsèque de la matière». Ainsi, nous découvrons que l’homme est un acteur, même pour le savoir scientifique, qui du coup trouve des corrélations entre les grandes traditions, en particulier orientales, et la science.

Ce que l’on appelle communément religion, c’est-à-dire une forme de croyance, appartient aussi au champ du savoir. Elle fait référence à des dogmes, l’expérience d’un saint ou d’un gourou, à un livre, pour que le croyant calque son comportement sur ces éléments du passé, qui sont présentés comme une vérité absolue. L’église a toujours été consciente du danger qu’est le connait toi toi même. Dans une encyclique, le Pape Jean Paul II précisait : «La conscience n’est pas une source autonome pour décider ce qui est bon et ce qui est  mauvais car la vérité n’est pas créée par l’être humain, elle est établie par la loi divine, norme universelle et objective de la moralité. » Un concile, par ailleurs déclarait que « c’est Dieu qui révèle et qu’il faut apporter l’obéissance de la foi. Et ainsi, la vérité que la révélation nous fait connaître n’est pas le fruit mûr ou le point culminant d’une pensée élaborée par la raison ». L’église a tellement combattu cette approche que ce n’est qu’en 1945 que l’on a retrouvé les principaux textes gnostiques à Nag Hammadi. Gnose. Il s’agit, selon wikipedia, « d’un concept dans lequel le salut de l’âme  passe par une connaissance  directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi. Le mot Gnose a notamment été utilisé de façon polémique, par des théologiens chrétiens pour désigner certains mouvements du christianisme ancien dénoncés comme hérétiques.

Les cathares qui sont souvent présentés comme inspirés par la gnose » ont subit le sort que l’on connaît. D’autre part, il aura fallu attendre 750 ans pour qu’en 2010 Maître Eckart soit réhabilité.

Un savoir plus subtil est celui qui concerne notre psychologie. Nous accumulons des sentiments, des plaisirs, des blessures, une éducation, des jugements, en bref tout un conditionnement qui agit sur nous de façon plus ou moins consciente. Henri Michaux dit cela d’une façon poétique et humoristique : « Je suis habité, je parle à qui je fus et qui je fus me parlent. Parfois, j’éprouve une gêne comme si j’étais étranger. Ils font à présent toute une société et il vient de m’arriver que je ne m’entend plus moi même ». Nous croyons entendre, voir, être en contact avec le monde, mais, le filtre de notre conscience fait que nous ne voyons le plus souvent qu’une projection de nous même, de notre mémoire. Il en résulte une erreur de perception qui fait que le monde extérieur n’a pas le caractère de réalité absolue que nous lui accordons. C’est donc ainsi, que nous sommes dans l’impossibilité de voir le monde tel qu’il est. Les psychologues, les psychanalystes ont beaucoup travaillé pour libérer l’homme de cette forme de savoir.

Voici, donc, 3 descriptions de savoirs. On pourrait en trouver d’autres.  Le savoir sépare, il appartient, à un groupe humain, on peut ainsi parler d’un savoir scientifique, religieux, philosophique ou psychanalytique. Il a ses mots, son schéma de pensée, ses communautés. C’est pour dépasser les limites que nous accueillons des hommes de toutes nationalité, de toute religion et que nous laissons nos métaux à la porte du temple. Le savoir est comme des pommes que l’on met dans un panier, chaque pomme est une part de notre culture, de notre expérience mais qui, malgré le panier, restent toujours séparé, fragmenté, prêt à susciter l’opposition, le conflit. C’est notre pavé mosaïque. Le savoir à pris dans nos sociétés une place importante, en envahissant le champ de la conscience. Il fonctionne comme une sorte de comblement en réaction à la peur, l’isolement, une recherche du plaisir, une façon de se sentir vivre, peut être, pour conjurer la peur de la mort. Les nouvelles technologies de communication on accentué cette emprise. C’est quand l’Esprit se détache de cette emprise qu’apparaît alors ce qui a toujours été là mais que le savoir cachait. La connaissance a quelque chose à voir avec le silence et le vide. Si le savoir fonctionne par accumulation, la connaissance fonctionne par épuration comme lorsque l’on taille une pierre brute. L’ignorance spirituelle n’est pas un manque d’accumulation de faits, de données, mais, un manque de connaissance de soi. Savoir c’est apprendre de l’autre, connaître est apprendre de soi. Il y a, donc, à l’intérieur de nous quelque chose à découvrir, qui nous met en relation avec le tout, avec les autres hommes par un sentiment de compassion, avec l’univers par la reconnaissance d’un ordre à la fois individuel et cosmique. C’est ce que dit, abondamment  notre rituel avec Vitriol, le fil à plomb, la pierre brute, la voute étoilée… La connaissance unit les oppositions du pavé mosaïque qui recouvre la loge, réunit se qui est épars, jusqu’à l’Orient, jusqu’au sommet du delta lumineux, jusqu’au Principe, à la non dualité. La connaissance est relation. Elle est intérieure à l’individu. Elle est unique. Elle demande une introspection, mais, se réalise aussi dans la relation: « si tu as un véritable ami, tu n’as pas besoin de miroir » dit un proverbe indien. D’où l’importante de la bienveillance, de la fraternité, du dialogue que notre rituel régit.

Une autre  bonne représentation de ce qu’est le savoir est l’ordinateur. Cette machine a la capacité d’apprendre beaucoup plus vite et infiniment plus de choses que le cerveau qui l’a pourtant inventé. Avec sa mémoire vive et son disque dur, il fait, toujours référence à la mémoire, il croise un fait, une information avec ce que sa mémoire contient et cela ne fonctionne que si sa mémoire contient quelque chose en relation à cette information.

Donc le savoir n’est jamais neuf, il fait toujours référence  au passé. Il ne peut découvrir que ce qu’il contient. Le savoir, par définition est inapte au renouveau, ne connaît pas la fraicheur. Le savoir, ne peut donc  fonctionner que dans le champ  du connu et pas au delà. Pozarnik écrit : «Du vieil homme, nous ne pouvons créer que du vieux. L’inconnu est toujours ce qui se trouve au-delà du connu, des certitudes. Là où nous refusons d’aller voir. Il faut vraiment oser aller vers l’inconnu en nous, même s’il est contraire à notre personnalité habituelle, et ainsi aborder aux rives de notre essence oubliée. » Et Krishnamurti disait : « Le passé et l’inconnu ne peuvent se rencontrer. Aucun acte, quel qu’il soit, ne peut les rassembler. Le passé doit cesser pour que puisse être cette immensité. » Le savoir ne pourra donc pas approcher le Grand Architecte, car l’infini, la spiritualité et plus sûrement le sacré, c’est l’inconnu, l’inimaginable, l’informulé. Le passage du savoir à la connaissance est vécu comme une mort suivie d’une naissance. Cette naissance est l’entrée dans l’inconnu, dans le neuf, dans un autre monde de pensée. C’est ce qu’indique ce que l’on prend souvent pour l’étymologie de co naitre. Naître avec. En fait, il s’agit d’un jeu de mot, qui rend bien compte de ce dont il s’agit, que l’on trouve dans plusieurs écrits. L’Etymologie du mot « Connaissance » nous vient du latin et du grec, et au delà du mot sanskrit « jna » qui donne le mot « janati » qui signifie « connaître ». Cette racine sanskrite à évolué pour donner to know en anglais, gnose, ignorance, et connaitre en français. Le jnana yoga est encore aujourd’hui une part importante de la pensée hindou. Sa philosophie, l’Advaita, trouverait son origine dans les Védas dont les premiers écrits dateraient d’il y a 15000 ans. La plupart des maîtres hindous ont sont issus. Le contemporain le plus connu est Ramana Maharshi. Ce concept spirituel s’est propagé à tout le monde oriental : bouddhisme, taoïsme, puis au monde occidental avec Platon, les stoïciens, les néoplatoniciens, la gnose, le soufisme, Spinoza, maître Eckart, Jean de la Croix, Jung. Il a conservé le principal de cette philosophie en se propageant et il est intéressant de constater que l’étymologie en garde le souvenir.

Jean Pierre Bayard disait « que la Sagesse ne s’enseigne pas « . En effet, la connaissance ne se transmet pas, car comme la plus belle fille du monde, nous ne pouvons donner, transmettre que ce que l’on a, ce que l’on possède. La connaissance n’appartient à personne. Elle ne s’enseigne pas. Elle est de ce fait inaltérable. Nous ne pouvons transmettre que la façon de la reconnaître. Et, cette transmission est toute relative car il s’agit d’abord d’une enquête personnelle.

Le prologue de Jean présent dans la loge dès le début des travaux nous dit : « Au commencement était le logos, la parole. En elle était la vie, la lumière des hommes. Et les ténèbres ne l’ont point saisie ». Le Logos nous vient de la Grèce antique et selon le dictionnaire :  » il est parole, discours, raison, relation »(Wikipedia) Il s’agit de la raison divine, raison organisatrice, explicative de l’univers. Logos, c’est la manifestation de l’être ou de la raison suprême. C’est la « loi du monde »(CNRTL). Pour Héraclite le logos est à l’origine de la pensée humaine. Il est  dans le non manifesté, il  est le principe, l’un, qui gouverne le cosmos, le tout. La source de toute activité, de toute création. Le logos, but de recherche initiatique, ne se reconnait pas par la croyance, mais par la connaissance qui suppose le doute. En FM, en loge de St Jean, nous devons retrouver la lumière et la parole. Cela rejoint  cette phrase d’Aurobindo qui pourrait être un résume de la symbolique d’une loge maçonnique, et, qui conclura cette planche : « Mais quand fut le commencement ? A nul instant dans le temps, car le commencement est à tous les instants ; le commencement toujours fut, toujours est et toujours sera. »

M. D.

Source : http://www.masoniclib.com/

http://hautsgrades.over-blog.com/

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Chassez partout ! Ou analogies entres forces Sous-marines et Franc-maçonnerie 6 mai, 2018

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Chassez partout ! Ou analogies entres forces Sous-marines et Franc-maçonnerie

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27 Août 2017 , Rédigé par G\ L\

Cette planche a pour but de vous faire découvrir modestement et succinctement un monde que vous ne connaissez peut-être pas.

Préambule

Surface, chassez partout ! L’ordre du commandant fuse dans les hauts parleurs. Chassez partout ! Répète l’officier chef de quart, chassez partout ! Répète à son tour le Maître de central, chassez partout ! Reprend l’électricien de central en actionnant les leviers du tableau de chasse vers le bas. L’air comprimé s’engouffre dans les ballastes en un bruit strident y chassant l’eau. Le submersible s’allège et perce la surface en un instant, passant de la pénombre des fonds sous-marins à la lumière du jour. Sanglé dans mon uniforme, le panneau supérieur du sas ouvert, j’accède à la passerelle sur les talons du chef de quart. Après trois longues semaines de plongée, la lumière du soleil sur une mer étrangement calme me remplit de bonheur. Quelles ont été longues ces journées passées au fond, seulement rythmées par les quarts où seule la couleur de l’éclairage, blanc pour le jour et rouge pour la nuit, permet de ne pas perdre le fil du temps. J’ai 18 ans et je suis maintenant un vrai sous-marinier, reconnu par mes paires, je repense à mon baptême qui a consisté lors de la première descente à 300 mètres d’immersion à ingurgiter un bol d’eau de mer puisé à cette profondeur suivi d’un bol de vin rouge au goût âcre et amère. Combien de symboles maçonniques dans ce court préambule ? Répétition des ordres, grade d’officier, grade de maître, passage de l’ombre à la lumière, uniforme, calice d’amertume lors du baptême qui s’apparente à l’initiation… J’ai maintenant 49 ans et j’ai l’honneur et la fierté d’être compagnon Franc-maçon. Perdu dans mes pensées, je me rends compte des nombreuses similitudes entre ce que j’ai vécu durant mes quinze années passées au sein des forces sous marines et mon expérience actuelle au cœur de notre belle confrérie, cela me donne envie de poursuivre. Un sous marin peut-il s’apparenter à une loge ? Pourquoi ne pas essayer ? Après tout, il s’agit bien là d’un milieu clos, complètement isolé du monde extérieur. L’amitié et la fraternité y règne dans une vie monacale qui comporte également de nombreux rituels, des traditions et un langage particulier. Les repas pris à bord s’apparentent à l’agape.

Les grades

Comparons rapidement les différents grades des deux organisations qui nous intéressent en commençant par le bas : Le mousse ou le matelot, chapoté par un quartier-maître ou un second-maître est incontestablement l’apprenti. Il a été initié, il est là pour apprendre et se former durant quelques années. Tout comme l’apprenti, il se sent perdu, ne comprend pas, alors il observe, analyse, essaie de se familiariser avec les nombreuses coutumes et pratiques de la marine. A bord d’un sous marin, il est corvéable à merci, il met la table, sert ses compagnons, débarrasse, nettoie, fait la vaisselle. Il ne parle pas beaucoup, répond seulement lorsqu’on lui pose une question en faisant bien attention de ne pas dire d’idiotie. Les quartiers-maîtres sont les compagnons, durant leurs différentes affectations ou pourrait-on dire voyages, ils vont parfaire leur instruction et acquérir les connaissances nécessaires à la prochaine étape. Chacun va apprendre à utiliser les différents outils propres à sa spécialité. Comme chez nous cette période peu durer 5 ans avec une progression régulière vers l’acquisition complète de la pratique et de la théorie relatives à la formation de chacun. Nous avons bien là les cinq voyages de l’augmentation de salaire. Compagnon Franc-maçon je revis cette période. Je suis passé de la colonne J à la colonne B, j’ai gravi les cinq degrés mystérieux du temple, j’ai découvert l’étoile flamboyante et la lettre G, j’ai lu, j’ai travaillé avec mes frères surveillants, j’ai voyagé et visité d’autres loges et découvert d’autres rites, suis je maintenant digne de passer maître ? Grade ou tout commence m’a-t-on dit ? Dans la Marine comme en franc maçonnerie, le maître a acquis l’expérience indispensable à la pratique de sa spécialité. Tout en continuant à se perfectionner, il est maintenant apte à jouer le rôle d’instructeur vis-à-vis des matelots et quartiers-maîtres, il est habité d’un devoir de transmission. Maîtres mécanicien, maître électricien, maître timonier, détecteur, torpilleur, radio, et bien d’autres. Ces hommes constituent l’ossature, les piliers de l’équipage, sans eux et leur savoir rien n’est possible, au fond des mers et des océans aucune erreur n’est permise. Les officiers sont la pour diriger le bâtiment et l’équipage. L’officier en second serait le premier surveillant son rôle étant d’aider le commandant il est également le trésorier du bord, l’officier en troisième chargé de la navigation pourrait être le maître de cérémonie qui à la charge de faire entre guillemet naviguer les frères au sein de la loge. L’officier en quatrième plus particulièrement chargé de la détection, des munitions et des torpilles est le couvreur qui avec son épée garde la porte du temple en détectant puis empêchant toute intrusion utilisant son arme si nécessaire. L’officier en cinquième a la responsabilité des transmissions il est alors l’orateur car souvent en relation directe avec le commandant pour le tenir informé. Le commandant, seul maître à bord après Dieu ou devrais-je dire GADLU serait ainsi le Vénérable Maître en chair. Je reprends mon rituel d’apprenti : « de même que le soleil se lève à l’Orient pour ouvrir la carrière du jour, ainsi le maître de la loge se tient à l’Orient pour ouvrir la loge, éclairer les travaux, et mettre les ouvriers à l’œuvre ». Au poste de combat, le commandant est au périscope, il est alors le seul à voir la lumière du jour. Il dirige l’attaque, la responsabilité pèse sur ses épaules, de lui dépend la survie de l’équipage. Durant des siècles, combien de commandant de navires ont attendu avec impatience le levé du soleil à l’Orient afin de faire le point au sextant et connaître ainsi la position de leur bâtiment ? Action indispensable à l’équipage pour la poursuite du voyage ou de la mission. Au fait, outre le sextant, quels sont les instruments utilisés pour faire le point ? Une carte bien sûr, mais également un compas ainsi qu’une règle graduée, autant de symboles maçonniques forts. Dans ce cas, le compas sert à mesurer les distances, en traçant plusieurs arcs sur la carte il va permettre de situé précisément la position du navire, associé à la règle il sera utile pour tracer la route, nous retrouvons là la lettre G de géométrie.

Les autres symboles

Quels autres symboles pouvons-nous trouver ? La mer, l’océan ou le voyage initiatique Le premier qui me vient à l’esprit est l’état de la mer. En effet, celle-ci peut être déchaînée, passer par plusieurs étapes jusqu’à devenir calme, voir très calme, on appel cela une mer d’huile. Lorsque le sous marin transite en surface, et que la mer est déchaînée, la vie à bord devient extrêmement pénible, tout bouge, tout ce qui n’est pas arrimé tombe, le navire tremble, grince sous les coups de boutoir de l’océan. L’équipage est presque en survie dans ce mouvant tumulte, en passerelle les veilleurs, transis de froid, sont harnachés pour éviter de se faire emporter par une lame. Comment ne pas faire tout d’abord le rapprochement une fois de plus avec l’initiation. De nouveau je reprends mon rituel d’apprenti : le premier voyage, emblème de la vie humaine, tumulte des passions, difficulté, obstacle, une fois de plus beaucoup de similitudes. Puis comme par enchantement la météo s’améliore, le vent commence à faiblir. A bord, doucement tout se calme, la vie devient moins difficile, nous sommes au deuxième voyage puis après quelques temps l’océan devient lisse, la vie reprend son cours normale de nouveau la sérénité s’installe au sein de l’équipage, c’est le troisième voyage. La seconde idée serait de comparer l’état de la mer au pavé mosaïque. L’océan déchaîné étant le pavé noir, la mer calme le blanc… Nous avons là une notion de dualité extrêmement forte. Le poste de combat de vérification ou la mise en place de la loge Avant chaque appareillage, toujours le même rituel, l’équipage au grand complet procédait au poste de combat de vérification. Toujours à quai, il s’agissait de vérifier le bon état du bâtiment en faisant fonctionner tous ses matériels, des moteurs diésel au sonar en passant par les émetteurs radio et l’étanchéité, tout y passait car hors de question de partir en mer à bord d’un sous-marin déficient.Où avez-vous été reçu maçon ? Dans une loge juste et parfaite. Que faut-il pour qu’une loge soit juste et parfaite ? Trois la composent, cinq la gouvernent et sept la rendent juste et parfaite. En tant qu’apprenti j’ai eu souvent à effectuer la mise en place de la loge avant l’entrée du vénérable maître en chaire et de ses officiers. Comme pour le sous marin, pas question d’ouvrir les travaux si la loge n’est pas juste et parfaite.

L’uniforme ou le tablier

Dans la marine comme en franc Maçonnerie, chacun se reconnaît à son uniforme et à ses insignes, du mousse à l’amiral, comme de l’apprenti au Très Respectable Grand Maître de notre obédience. A chaque grade équivalent un uniforme et des galons ainsi que différents insignes définissant la spécialité de chacun. Tout comme chez nous, plus le grade est élevé, plus la tenue est étoffée. Tout ceci me fait immédiatement penser aux ornements de tablier et aux bijoux d’officiers.

La pesée ou le niveau

En plongée une de nos préoccupations principales est la pesée. Un sous marin bien pesé est un bâtiment qui, en immersion, moteur stoppé, ne doit ni monter, ni descendre et conserver une assiette stable, « être de niveau ». Le réglage s’effectue en admettant ou en chassant de l’eau et en passant celle-ci de l’avant vers l’arrière ou vice versa. La pesée parfaite ne s’obtient qu’après une multitude de mouvements d’eau et reste éphémère et sans cesse à corriger car au fil du temps le submersible s’allège au fur et a mesure de la consommation de gasoil, de vivre et d’eau douce. Quels symboles maçonniques pouvons-nous déduire ? J’en vois deux : – Le niveau, bijoux du second surveillant et symbole de l’équilibre ainsi que de l’égalité entre tous les frères. – D’autre part, dans mon esprit, ce sous marin bien pesé, donc parfait, pourrait être la pierre taillée, qui va s’imbriquer précisément au sein du temple en construction mais aussi l’emblème du frère en quête de perfectionnement, tentant de corriger en permanence ses défauts et de vaincre ses passions afin d’essayer d’arriver à la sérénité et à un équilibre satisfaisant.

L’échelle ou la verticale

Aucun moyen de sortir d’un submersible sans emprunter une échelle verticale faisant passer le sous-marinier de l’ombre à la lumière. Je retrouve là les notions de verticalité, d’élévation, de fil à plomb qui me semblent fondamentales.

Le matricule

Le matricule définit dans la Marine comme en franc maçonnerie l’ancienneté de ses membres. 057700083 j’ai été le 83ème marin à signer un engagement en 1977. 80221 je suis le 80221ème frère à avoir été initié au sein de notre obédience.

L’inspection générale ou la visite du Grand Maître Provincial

Une fois par an, nous avions droit à l’inspection générale de l’Amiral commandant les forces sous marines. Nettoyage, bricage, peinture, remise en état de tous les matériels, un mois avant la date fatidique tout l’équipage était au travail et sur les dents afin que tout soit parfait le moment venu. Le jour J, les hommes en grande tenue, rangés et alignés et au garde à vous attendaient cette visite non sans quelque anxiété pour le passage en revue. Combien de fois me suis-je remémoré ces instants lorsque étant à l’ordre, les frères surveillants passent entre nos colonnes afin de vérifier que nous sommes bien maçons. Puis c’était le départ pour une journée en mer avec inspection de tous les compartiments par l’amiral, accompagné du commandant et suivi par le maître d’hôtel tenant rituellement un plateau d’argent sur lequel est posé une paire de gants blancs que l’inspecteur pouvait utiliser à sa guise afin de vérifier la propreté du bord, gare à la poussière… La visite du grand maître Provincial n’est pas sans me rappeler ces moments.

Le salut ou le signe

Vous me reconnaitrez à mes mots, signes, et attouchement. Dans l’armée en général, le salut qui s’apparente à l’ordre et au signe est ancestral, il marque le respect et l’appartenance à un même clan. Il s’effectue en portant la main droite tendue, paume vers l’extérieur au niveau de la tempe, à ce moment, le bras forme une équerre avec la verticale du corps, encore un beau symbole.

Quart de nuit en surface ou La voute étoilée

Je me souviens comme si c’était hier de ces longues heures de quart de nuit, passées à faire la veille dans le kiosque lorsque le sous marin était en surface. Là, au milieu de l’océan, c’est-à-dire de nulle part, j’ai pu voir des ciels étoilés magnifiques car aucunement altérés par une quelconque source lumineuse humaine. Dans ces moments de méditation intense j’ai souvent ressenti une très grande sérénité prémices à l’égrégore rencontrée parfois en loge.

La corvée de câble ou le branchement du temple de st Colomban

Depuis mon arrivée parmi vous, j’ai l’impression que tout me ramène au passé même les choses les plus inattendues comme le spécifique branchement du câble pour éclairer notre loge. En effet lors de nos retours au port, une fois le bâtiment amarré il était indispensable de le raccorder électriquement au quai, s’ensuivait la sempiternelle corvée de câbles pour laquelle tous les matelots étaient requis.

Conclusion

Vous aurez compris, mes frères, que lorsque j’ai entendu parler de franc maçonnerie pour la première fois et après quelques recherches personnelles, je me suis rapidement rendu compte, comme une évidence que ma place était parmi vous tant les similitudes entre la vie d’une loge, d’une obédience et mon passé militaire sont grandes. Je retrouve cette même fraternité, la vraie, celle qui lie les hommes de bonne volonté. Je retrouve la rigueur, le travail et beaucoup d’autres choses avec en plus le côté spirituel qui m’ouvre de nouveaux horizons à explorer, des horizons encore plus vastes que l’océan. Pour finir, je ne résiste pas à l’envie de citer une phrase prononcée ici par un frère qui se reconnaîtra : « Souhaitons que cet homme qui fut maître dans la marine le redevienne un jour en franc-maçonnerie ».

J’ai dit très vénérable.

 

SOURCE : http://hautsgrades.over-blog.com/

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« S’initier, c’est apprendre à mourir »; … 20 novembre, 2017

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , 1 commentaire

Vénérable Maître, et vous tous mes FF et SS en vos grades et offices

« S’initier, c’est apprendre à mourir »; …

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Initier, le commencement; mourir, la fin ! La naissance et la mort … entre les deux, « apprendre », « l’apprentissage », « l’apprenti ». Mais au début de la sentence, une lettre ! : ce « S » apostrophe, ce soi-même, mon Moi ! Je suis au départ, à l’origine de ce processus, j’ai choisi et de façon volontariste, acte finalisé par le serment prêté librement !

La première fois qu’il entend cette phrase, le futur apprenti vient d’entrer dans le cabinet de réflexion, le frère expert l’y laisse en lui disant: « Monsieur, s’initier c’est apprendre à mourir ». La porte se referme et voilà qu’il se retrouve dans une proximité ténébreuse avec une multitude d’objets qu’il envisage sans les comprendre: bref un grand moment de solitude ! pour tous si on se souvient bien.

C’est exactement ça, la solitude inhérente à l’entrée dans le tombeau, car tous ces signes renvoient à la mort. Et cette seule phrase comme piste de réflexion …     « S’initier, c’est apprendre à mourir » … ai-je bien réalisé en ce moment alors que ce tombeau c’est mon tombeau … La solitude se confirme et tout en regardant les objets qui l’entourent et qu’il essaye en vain d’interpréter: nous comme le récipiendaire cherchons des éléments de réponses aux questions existentielles qu’elles évoquent … voilà notre (sa)  première entrée dans le monde du symbolisme.

En même temps …Ouf ! Si nous sommes dans le symbole, je vais pouvoir éviter pour cette échéance inéluctable, cette peur originelle de ma disparition, de la fin de ma corporéité … et peut-être « apprendre » à l’inclure dans mon parcours de vie.

De fait, l’initiation c’est le commencement d’un apprentissage qui ne peut exister qu’à partir d’un terrain vierge ; la construction étymologique de ce terme « initiare » renvoie à la notion de passage, de révélation: la mort symbolique du profane pour tendre au sacré, le passage d’un avant à un après.

Apprendre, c’est « appréhender»: saisir, saisir ce que l’on me tend, l’idée est celle d’une transmission du maître à l’élève, à l’apprenti.

L’entrée en Franc-Maçonnerie est donc un passage, un mouvement vital qui ne va plus de la naissance vers la mort, mais de « l’acceptation » de la mort symbolique de nos valeurs profanes pour atteindre la vie éclairée. ( et quand je dis éclairée ce n’est pas parce que je vois mais plutôt que j’ouvre tout en moi qui permet à d’autres (ceux d’en haut et qui savent) de descendre vers moi pour me guider et transmettre …

Le choix d’une démarche qui, d’un état de sommeil va nous emmener à travers une quête, vers un état de veille mieux de Réveil de l’ombre à la lumière, des profondeurs de la terre ( le tombeau) vers la voûte étoilée de la connaissance (la Gnose).

La graine est semée dans la terre afin de germer et de s’élever!, après s’être nourrie de sa propre décomposition. Dans la même veine, évoquons le mythe de Phœnix, l’oiseau sacré Egyptien, le « Bénu », un héron cendré qui incarnait e Dieu du soleil et était associé aux crues fertiles du Nil.

Adoré à Héliopolis, il avait le pouvoir de s’embraser et, une fois son corps réduit en cendres, il en renaissait, atteignant ainsi l’incessant cycle de la vie, l’immortalité via son corps de Gloire.

Le rite d’initiation nous propose d’écrire notre testament … que vous prenez le soin de bruler le soir même !!!, Vénérable Maître et sans que nous sachions que vous l’avez lu VM, avant de nous remettre ces cendres dans une enveloppe : peut-être pour que nous puissions y puiser la source de sa perpétuelle ré_écriture.

Revenons à notre voûte étoilée que j’aime associer à la connaissance …

Et d’abord, à la connaissance de soi ! Cet éveil, je le vis comme une prise de conscience rendue possible par l’abandon de mes habitudes réflexives quotidiennes (l’abandon de mes métaux !! non).

Con_science de mon identité, de ma place dans un ensemble, dans un tout organisé que les grecs désignaient par le terme de Cosmos, l’ordre. La liaison se fait alors plus aisément en terme de « sacré » et permet d’introduire la notion de « grand organisateur ».

- « S’initier, c’est apprendre à mourir, apprendre à nous débarrasser de nos freins pour démarrer cette nouvelle dynamique de notre construction et du monde: notre travail sur la pierre brute peut commencer car il bien sur question de commencer l’œuvre.

- J’aimerai développer l’idée de cette condition qui consiste à « tomber les masques », qui déforment la vérité de moi-même. Dans la société romaine, le terme de « personna » désigne le sujet du droit: est « personna » le citoyen ayant une existence sociale, une reconnaissance du groupe et donc une légitimité: ce mot va donner la notion paradoxale de « personne ».

Un être, une personne … mais aussi « personne », l’absence de présence, d’existence!

Ce serait déjà suffisamment cocasse si ce mot de « personna » ne désignait encore chez les romains un autre objet: le « personna », c’est le masque neutre que portent à la scène les acteurs de théâtre; il nous donnera le concept de « personnage ».

Le jeu de l’acteur de théâtre, de l’acteur social que je suis: jouer un rôle, c’est exister aux yeux de la société ! Tomber le masque et cesser ce jeu, c’est la rupture nécessaire (la mort, la renonciation) à un état, pour accéder à une naissance désirée, à la possibilité d’une démarche de connaissance universelle: j’oublie mes personnages, je peux naître (en un seul mot)!

« Connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers et les Dieux » disait Socrate: c’est vers cet effort que nos morts symboliques nous permettrons de nous orienter. Les trois pas de l’apprenti quand il entre en loge symbolisent le « très_pas » … la mort de notre état profane … mais aussi le trèss …pass, le passer à travers, le « franchir », le passage … avec cette notion de mouvement qui finalement est la vie!

Le petit prince nous montre la voie de ce franchissement, quand la morsure du serpent jaune le délivre de son enveloppe, lui permettant son voyage ultime.

La quête du Graal, la quête de la vertu et le rejet des vices, n’est-ce pas la quête de l’éternité en même temps que l’extrême humilité qu’il faut y adjoindre pour espérer approcher la vérité?

Le travail du Mac:. sur la pierre brute vient de commencer … il y met une énergie nouvelle et insoupçonnée … il pense aux hommes, à ses enfants, à vous mes frères et sœurs, et cette Initiation, mon apprentissage de la mort s’accompagne de cette pensée que j’ai relue pour réaliser ce petit travail et qui m’apaise! « L’architecte renait et vit à travers ses disciples car il est appelé à poursuivre son œuvre pour la perfectionner et léguer à son tour à ceux qui le suivront ».

J’ajouterais: 

Souhaitons ensemble que jamais ne s’achève l’élévation de la Sagrada Familia, que Gaudi nous soit l’exemple de notre part d’éternité.

CARPE DIEM mes Très Chers FF et SS

 Jai dit VM:.

 sagrad

SOURCE : Le blog de anck131 http://anck131.over-blog.com/

PROPOS BADINS SUR L’INITIATION 16 juillet, 2017

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
15 juillet 2017

PROPOS BADINS SUR L’INITIATION

basile-valentin

A travers les écrits de Jules Boucher notamment dans son livre La symbolique maçonnique j’ai tenté de comprendre ce que signifie le mot initiation que je rencontre dans tous les écrits émanant des frères à trois points. J’ai entrepris cette tentative de mise au point car elle s’avère être fondamentale dans toute recherche de la connaissance autre que la connaissance scientifique bien évidement. Aussi bien les Rosicruciens, que les Templier ou toutes sociétés ésotériques ce mot viens facilement à la bouche sans pour autant livrer sa signification profonde, réelle. J’ai posé la question à des Francs maçon sans obtenir de réponses satisfaisante où il était question d’un vague secret, ce qui a eu le don de me donner des boutons… Alors j’ai lu Jules Boucher pour savoir ce qu’il en pensait et tenter d’en tirer une définition satisfaisante pour le vulgum pecus dont je fais partie et dont les ésotéristes ne cachent pas mon appartenance avec un certain mépris.

Dans son avant-propos le célèbre Maçon ami de Fulcanelli écrit :

« La Franc-maçonnerie est une association qui garde bien vivantes certaines formes traditionnelles des enseignements secrets initiatiques »

Savez-vous que les contes tout comme certains aspect du folklore ne font pas autre chose ? Tel, par exemple, les contes de ma mère l’oie de Charles Perrault qui sont chargées d’enseignements « initiatiques » ? Nul n’ignore que Perrault était un ésotériste de grande valeur.

Ce que J. B. appelle « certaines formes traditionnelle des enseignements » laisse supposer, avec le mot « certaines » que tout cela est incertain, vague. Une valeur aussi fondamentale ne devrait pas s’y complaire… A moins d’ignorer ce qu’est réellement l’initiation. Mais ne soyons pas cynique puisque notre auteur mesurant l’imprécision de son propos tente d’être plus précis :

« La Maçonnerie ouvre la voie à l’initiation – c’est-à-dire à la Connaissance – et ses symboles donnent au Maçons la possibilité d’y accéder »

La Maçonnerie permet donc d’accéder à la Connaissance par le biais des symboles. Au premier abord cela ne manque pas de clarté. Sauf que le mot Connaissance est pourvu d’une initiale majuscule et que la manière d’utiliser les symboles reste à définir.

Le livre lui-même, fort bien documenté, donne de multiples explications (qui font mon régal) des différents symboles Maçonnique, ce qui est heureux. Sauf si l’on considère que le mot Connaissance inclue, par sa majuscule initiale, la dimension spirituelle. Dans ces conditions nous avons un conflit car l’étude symbolique reste matérialiste et de ce fait ne saurait conduire à la spiritualité et donc à la Connaissance.

Triturez un symbole, donnez-lui le sens que vous voulez, vous n’en tirerez que des spéculations intellectuelles. Dans le meilleur des cas une salade spirituelle plus ou moins brillante l’accompagnera avec une sauce onctueuse. Et cette sauce ne seras pas plus relevée que le sermon d’un curé conditionné par ses longues années passées au Séminaire. Les mots ne remplacent jamais les faits, les actions.

D’ailleurs les ecclésiastiques ont vite compris que le mot initiation provient de initium qui signifie commencement, c’est-à-dire « mis sur le chemin ». De ce fait ils renommèrent le baptême « initiation », comme si un marmot pouvait bénéficier d’une mise sur le chemin… Pour cela il faudrait baptiser les adultes comme à l’aube du christianisme qui à cette époque possédait des valeurs spirituelles à rendre jalouses toutes nos sociétés initiatiques.

La compréhension de l’initiation repose sur la compréhension du mot Connaissance.

Qu’est-ce que la Connaissance ?

Evidemment il est possible de se noyer dans les diverses opinions des philosophes sans sortir de notre bourbier de baratin. Leur exposé est logique certes, il est brillant, quelque fois un peu grandiloquent…mais cela reste un jeu de l’esprit qui ne nous fait pas évader du plan horizontal matérialiste. Les symbolistes manquent souvent d’ailes pour s’élever au-dessus du plan horizontal, au-dessus du plancher des vaches…

La question est : comment sortir du plan horizontal qui nous emprisonne pour accéder au plan vertical qui non libère ?

Une seule façon de procéder est de changer notre manière de penser. C’est ce que le Nouveau Testament, dans sa version grecque initiale, appelle Métanoïa.

Vous me direz que vous avez changé votre manière de penser vis-à-vis de nombreux sujets de votre vie. Je vous réponds que c’est bien de faire preuve de souplesse d’esprit et d’ouverture, mais cela ne change en rien votre manière de penser. Il est une loi que les écoles de mystère les plus ancienne appliquait : Il est impossible de changer notre manière de penser par l’intermédiaire de la pensée.

A partir de là la connaissance quitte le verbiage des philosophes et spiritualistes pour s’inscrire dans la non-pensée et dans la perception directe qui caractérise le rôle de notre encéphale cérébral droit. C’est pourquoi les anciens traduisaient cette connaissance par des images révélatrices.

Gravure d’après le Liber chronicarium, 1495. Hermann Schedel (1440-1514)

Cette gravure est suffisamment expressive pour donner une définition de la Connaissance.

Le chercheur après un long périple finit par passer la tête à travers la voute étoilée pour découvrir le « mécanisme » de l’univers. Connaitre les lois de l’univers est le but ultime de la connaissance. Connaitre l’univers c’est se connaître soi-même et tout ce qui existe. La connaissance de soi n’a pas ici une connotation psychanalytique. Pourquoi ? Parce qu’elle procède par une introspection mentale, et le mental aliène notre pensée. Il nous empêche d’accéder au sur-rationnel grâce aux capacités particulières, je viens de le dire, de l’encéphale cérébral droit de notre cerveau.

La perception de la « mère l’Oie », pour employer l’expression de Perrault, est nécessaire. Qu’est-ce que la « mère l’Oie ? » Cabalistiquement c’est la « Loi mère », la loi fondamentale de l’univers. Remarquez en passant, qu’il n’y en à qu’une seule !

L’alchimiste Fulcanelli la traduit simplement en affirmant que :

« La chimie est la science des effets et l’alchimie la science des causes. »

En d’autres termes la Connaissance réside dans la causalité de tout ce qui nous entoure, y compris nous-mêmes.

De nos jours il devient plus facile d’en parler puisque les pionniers de la physique quantique confirment l’existence de cet océan des causes à l’origine et donc substrat, et génèse, de notre réalité. Elle est responsable des synchronicités qui sont des émergences ponctuelles, issues de cette causalité génésiaque, de cet océan des causes comme je l’ai dit précédemment. Les synchronicités perturbent notre réalité car elles ne s’inscrivent pas toujours dans le contexte normal de notre vie. Elles sont comparables à des récifs en plein océan. Leurs racines plongent dans tous les devenirs. Si elles s’inscrivent dans notre vie elles ont un sens qu’il nous appartient d’interpréter. N’oublions pas cependant que la langue de l’univers n’est pas la notre, n’est pas une langue vernaculaire. Que les cabalistes prennent note.

Cet océan des causes créateur de tout ce qui existe n’est pas une vue de l’esprit, ni un besoin des ésotéristes d’inventer des merveilles pour épater le chaland.

Voici ce qu’écrivait, en 1944, le père de la théorie quantique Max Plank :

« Toute matière provient d’une force et n’existe que par celle-ci. Nous devons présumer l’existence, sous cette force, d’un Esprit conscient et intelligent. Ces Esprit est ma matrice de toute matière »

Il s’agit donc d’un champ d’énergie universel unissant tout ce qui existe dans notre monde : les organismes vivants, les monts et les vallées de nos beaux paysages terrestres sans oublier l’espace et le temps et donc la vie et l’histoire de tout ce qui existe. Tout repose sur un canevas immatériel.

Mais Max Planck n’est pas le seul physicien à penser de la sortes, il en est de même pour David Bohm (1917-1992).

Comment voir les mécanismes de l’univers et donc accéder à la connaissance, comme le préconise la gravure précédente, si ce n’est en parvenant à ce canevas universel ? C’est cela le chemin de la connaissance et non celui des spéculations intellectuelles plus ou moins acrobatiques, plus ou moins brillantes !

La question que l’on se pose inévitablement est comment accéder à ce canevas qui nous permet d’accéder à la connaissance ?

Seule l’alchimie AU LABORATOIRE permet de répondre à cette interrogation. Les adeptes parlent de la nécessité d’œuvrer sur la matière première (invisible) et sur la première matière (visible, généralement un minerais). La matière première est appelée Esprit par Fulcanelli. Tout réside dans la captation et accumulation de cet esprit dans la première matière. C’est le premier pas de la connaissance qui aboutit à la pierre philosophale laquelle, dans une seconde étape, ouvre l’accès au canevas universel.

Tout ce qui précède est succin mais vrais, ce qui permet de dire que l’alchimie au laboratoire est plus spirituelle que tout ce qui se passe dans un oratoire qui n’est que la préparation à un face à face impitoyable avec l’invisible qui rejette bien des imperfections dont chacun de nous est abondement pourvu.

SOURCE :

http://hermetisme.over-blog.com/2017/07/propos-badins-sur-l-initiation.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_header_bar

Symbolisme Egyptien en Franc-Maçonnerie 13 septembre, 2014

Posté par hiram3330 dans : Contribution , 3 commentaires

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On ne s’attarde guère aujourd’hui, à rechercher dans la symbolique maçonnique dite Moderne, les origines des outils qui nous sont proposés et que par habitude nous manipulons en Loge. C’est ainsi que peu à peu, au fil des générations montantes, nous avons perdu le sens du sacré et que se sont crées des mouvances parallèles qui n’ont plus de Maçon que le nom, bien que l’esprit traditionnel y soit préservé lors des cérémonies d’intronisation.

Si pour certains d’entre nous, les symboles et les nombres utilisés par la Franc maçonnerie sont les éléments familiers d’un langage universel inscrit dans notre cosmologie, nombre de Sœurs et de Frères initiés aux différents Rites de nos obédiences ne réalisent pas toujours la portée symbolique des outils qu’ils observent et manipulent en Loge. Leur regard est naturellement attiré par les éléments les plus remarquables, mais ils se contentent trop souvent des explications volontairement succinctes trouvées dans leurs rituels. Aussi, les sujets dont je souhaiterais vous parler ce soir, concernent l’origine égyptienne de quelques uns de ces symboles qui n’appartiennent pas en propre à la Franc-maçonnerie mais que nous véhiculons dans nos rituels sans toujours en connaître le sens caché.

Nombre d’éléments présents dans nos Loges attestent que notre spiritualité est solaire. L’invocation que nous faisons lors de l’ouverture des travaux « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers », introduit cette notion importante, que nous symbolisons par des signes plus ou moins parlants tels que le Soleil et la Lune, l’espace sacré recevant le Pavé Mosaïque où le Delta Lumineux. Pour les anciens égyptiens, notre Grand Architecte était symbolisé sous le nom de Rê par le disque solaire, non pas comme étant Dieu mais comme étant sa première manifestation dans le monde visible. Il se manifeste par la Lumière qu’il diffuse, et qui crée la vie. Il n’est pas le « Dieu créateur de toutes choses », mais le principe de mutation des ondes dites cosmiques qu’il véhicule et qu’il transforme en énergie créatrice.

En Égypte, la base de la Grande Pyramide du Pharaon Khéops formait un carré rigoureusement orienté, tandis que sa pointe culminant en plein centre, à 144 mètres d’altitude, symbolisait l’origine de toute création. Du fin fond de l’Univers symbolisé par le point, la Lumière descendait éclairer la Terre symbolisée par le Carré.

Comme les égyptiens qui considéraient le pronaos, cette sorte d’antichambre à la porte close par un sceau d’argile au chiffre du roi, comme un lieu consacré, au centre de laquelle était positionné la pierre cubique à pointe contenant l’une des manifestations divines de l’Enneade (groupe des neuf divinités de lamythologie égyptienne rassemblant toutes les forces présentes dans l’univers : le démiurge Atoum, l’humidité Tefnout, l’air Chou, la terre Geb, le ciel Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephthys), les Maçons consacrent leurs Loges à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers dont ils symbolisent la présence par différents tableaux posés sur un Pavé Mosaïque, entouré sur trois de ses angles par des colonnettes de différents styles. Pour nous Maçons, comme pour les anciens égyptiens, cet espace réputé sacré, symbolise la Terre comme faisant partie intégrante de l’Univers qui l’entoure.

C’est pour en faire la démonstration que nos illustres prédécesseurs ont choisi la forme du Carré afin de permettre à ce symbole de se manifester. Aujourd’hui, certaines Loges représentent le Pavé Mosaïque en additionnant deux triangles aux proportions pythagoriciennes, pour former un Carré Long sur lequel sont tracés 108 cases, soit 12 de l’Orient à l’Occident, et 9 du Nord au Midi. Faisant abstraction des dogmes anciens, la géométrie, si chère à notre Ordre de bâtisseurs, nous enseigne ce pourquoi ce symbole fut choisi. En effet, si l’on additionne les angles qui gravitent autour du Carré, nous en totalisons 12 à 90 degrés, soit 1080 degrés. C’est parce qu’aucune autre figure géométrique que le Carré Long n’aurait pu convenir, que celle-ci a été choisie, aussi bien par les égyptiens que par la Franc maçonnerie.

Au centre de nos Loge, représenter la Terre au sein de l’Univers, permet de comprendre ce que symbolise le Grand Architecte de l’Univers. Celui ci est en nous et autour de nous. Il totalise symboliquement les 1080 degrés que nous avons déjà définis autour de notre planète, auxquels s’ajoutent les 360 degrés qui se trouvent à l’intérieur du point, du cercle, du carré ou de toute représentation graphique, voir humaine, soit 1440 degrés. C’est ce nombre qui fut attribué au Grand Architecte de l’Univers par les prêtres égyptiens et les bâtisseurs de cathédrales, et qui fut retenu pour symboliser notre Univers. Ce calcul peut paraître un peu fou voire du domaine de la superstition. Pourtant, ce nombre revient trop souvent pour qu’il ne soit question que d’une simple coïncidence.

144 millions de kilomètres séparent la Terre de l’astre Solaire qui, pour les spiritualistes que nous sommes ou souhaitons devenir, serait la première manifestation visible d’un Univers incommensurable. La méthode de calcul attestée par nos scientifiques précise qu’à la vitesse de la lumière, soit 300 000 kilomètres à la seconde, la lumière met 8 minutes à nous parvenir, soit 8 minutes de 60 secondes que multiplie 300 000 kilomètres, cela fait bien 144 millions de kilomètres.

Est-ce un hasard si au cadran de nos montres, les 24 heures de la journée font au total 1440 minutes ? Est-ce le hasard qui fait que le temps de la création inscrit dans les arcanes de la Genèse, celle de Moïse, augmentée des apports égyptiens, soit également symbolisé par ce nombre ? En effet, nous trouvons que sous les images naïves des enseignements de la Bible et des livres sacrés se cache une clef universelle. Il y est enseigné par exemple que « Dieu créa le monde en six jours « . Six jours, cela fait bien six fois 24 heures soit 144 heures. Était-ce au hasard que les égyptiens de l’Ancien Empire, soit environ 2800 ans avant notre ère, ont choisi de considérer le nombre 144 comme étant à la fois, le Chiffre de la Terre et son nom numérique, l’inscrivant dans la géométrie de la Grande Pyramide symbolisant, mieux qu’aucune autre forme, le faisceau de lumière éclairant notre planète ?

Coïncidence, serez-vous peut être encore tenté de dire. Non ! Il ne saurait y avoir de coïncidence touchant un nombre qui se retrouve dans la Genèse, dans la Pyramide, sur le cadran de nos montres et dans un jour de rotation terrestre. Tout le mystère de notre Univers s’ordonne d’après ce nombre, repose sur lui et nous découvrons, grâce à lui, que l’unité de loi engendre l’unité de fait. 144, est donc le nombre clef, le nombre parfait, le nombre de notre univers, le nombre qui est le nom chiffré de notre planète et, en quelque sorte, la clef de la lumière. C’est pourquoi il est symbolisé dans nos Temples et qu’il peut être utile de le savoir.

D’autres symboles décorant nos ateliers, attestent que notre spiritualité est d’origine solaire. La Voûte Étoilée, le Soleil et la Lune, l’étoile flamboyante, la forme pyramidale du triangle, la référence à la Lumière etc. L’énergie cosmique y est aussi parfois suggérée par la présence d’un fil à plomb symbolisant l’Axe du monde sur le centre du tableau de Loge où du Naos selon le rite choisi par les ateliers. Sa verticalité est également représentée sur le décors des Premier et Second Surveillant. Elle manifeste la présence du Grand Architecte de l’Univers. Son peson symbolise le sommet d’une pyramide formée avec les angles du Pavé Mosaïque, protégeant ainsi virtuellement la formalisation de notre Ordre qu’est le Tableau de Loge. Dans les Rite égyptiens, les trois Grandes Lumières que sont l’Équerre, le Compas et la Règle, ainsi que la Lumière Eternelle sont posés sur une table triangulaire appelée Naos, de manière à les positionner au centre même de la Pyramide, lieu que les Anciens égyptiens avaient choisi avec soin pour y installer le coffre ouvert symbolisant le martyr et la résurrection d’Osiris dans la Chambre dite « du Roi ».

Ici tout est symbole rappellent nos Rituels. Le Livre de la Loi Sacrée, posé sur l’Autel des Serments en est l’un des plus significatifs. Ce symbole est souvent controversé lorsqu’il s’agit d’un ouvrage comme la Bible ou le Coran Pourtant ce livre, ouvert sur le Prologue de Saint Jean n’est pas réducteur au point de symboliser une religion, fut-elle d’État. Initiatique par essence, il propose dans son Ancien Testament, l’idée d’une humanité plongée dans l’ignorance, qui dans une période historiquement troublée reçoit une révélation, qui par la suite la conduira sur un chemin d’initié, guidée par les enseignements du Maître. Anecdotique, la Bible, comme le Livre des Morts égyptien, est une compilation d’ouvrages anciens. Elle correspond à une période de l’histoire Judéo-chrétienne dont les religions méditerranéennes se sont inspirées. En s’appropriant ces textes et en superposant le dogme à l’histoire, les religions chrétiennes et coraniques, ont détourné leur sens initiatique. C’est pourquoi, depuis la séparation de l’Église et de l’État, la Franc maçonnerie laïque et républicaine préconise l’invocation au progrès de l’Humanité, et la possibilité de remplacer la Bible par le Livre Blanc, afin d’éviter tout amalgame avec la religion.

Il est remarquable de constater que lorsque l’Expert et le Maître des Cérémonies forment la voûte sacrée au dessus de l’Autel des Serments, ils forment un angle de 108 degrés équivalent à celui du Delta Lumineux, sous lequel les trois Grandes Lumières sont présentes et posées, comme pour le Naos égyptien, sur un socle à mi-hauteur de la pyramide ainsi formée. Seule différence notable, dans nombre d’Ateliers, le Pommeau de la Canne du Maître des Cérémonies qui logiquement devrait se trouver au sommet de ce triangle pour symboliser la lumière manifestée du Grand Architecte de l’Univers sur les outils censés la représenter, est souvent gardé dans la main, modifiant le sens allégorique de son action.

Tous ces symboles nous renvoient à cette étroite relation entre l’astre solaire et la Loge. Ils participent notamment à l’ouverture de nos travaux, quand la lumière est la plus courte, lorsque la distance entre ce qui pour nous symbolise le Grand Architecte de l’Univers, et le lieu de sa manifestation.

La voûte étoilée composées de petites étoiles à cinq branches est elle aussi un symbole égyptien. Peinte sur le plafond des tombeaux royaux, elle représentait le monde où séjournaient les dieux. Lorsque pharaon, considéré par le peuple comme un dieu vivant, rejoignait, au crépuscule de sa vie, l’Orient éternel, une nouvelle étoile était censée s’allumer dans le ciel. En Egypte, il n’y eu jamais d’autres formes d’étoiles que celles à cinq branches que nous observons au plafond de nos ateliers. Dans nos Loges, les travaux sont couverts par le Grand Architecte de l’Univers que symbolise cette voûte étoilée.

A l’Orient, la Lune et le Soleil sont représentés. Si les symboles sont universels et n’appartiennent à personne, c’est la manière de les conjuguer entre eux qui personnalise notre Ordre. Comme le précisent nos rituels respectifs, nous travaillons de midi plein à minuit plein, c’est-à-dire lorsque ces deux astres sont à leur zénith. C’est pourquoi les carreaux du Pavé Mosaïque sont alternés Blanc et Noir. Cependant ces deux astres ainsi positionnés derrière le Vénérable Maître, suggèrent également le sens de rotation des planètes et des énergies. Ainsi, c’est parce que la course du soleil se fait de la droite vers la gauche, c’est-à-dire en sens inverse des aiguilles de la montre, que nous marchons de la gauche vers la droite. Nous ne fuyons pas devant les énergies qui circulent dans la Loge, nous marchons au devant d’elles et nous nous en imprégnons. C’est aussi pourquoi à la clôture des travaux nous croisons les bras pour entrer dans la Chaîne d’Union. Bras droit sur bras gauche, la main droite donne ce que la gauche a reçu. Notre propre énergie peut ainsi circuler à contre courant, et chaque participant agissant comme une pile en série sur son voisin, se charge ou se décharge au gré des travaux perçus durant nos tenues. Cette Chaîne d’union qui permet le partage des énergies accumulées durant les travaux, et donne à chacun le sentiment positif d’être en harmonie avec les autres participants, d’être sur la même longueur d’onde en somme, se retrouve dans le symbolisme égyptien. Les dieux principaux de l’Ennéade, sont très souvent représentés se tenant par la main formant une chaîne autour d’un point central symbolisant la manifestation du dieu unique. Cependant, intercesseurs entre dieu et les hommes, ceux-ci se tiennent respectueusement le dos tourné au centre, tandis que nous nous faisons face. Quoiqu’il en soit, le symbolisme égyptiens et celui des Francs maçons se rejoignent pour faire circuler leurs énergies en sens inverse des aiguilles de nos montres.

La Lune, quant à elle, est toujours représentée montante, car c’est une loi de la nature, bien connue des cultivateurs. C’est à la Lune montante considérée comme bénéfique que tout ce qui doit sortir de terre doit être planté. C’est donc un rappel pour l’Initié, du long cheminement souterrain qui, au cours de ses premiers voyages, l’ont conduit des ténèbres du cabinet de réflexion aux lumières de l’Orient.

C’est pourquoi eux aussi l’utilisèrent comme symbole. Cependant, si la lumière du Soleil, chargée d’énergie positive, était qualifiée « d’ombre de dieu » par les prêtres égyptiens, ceux ci s’interrogeaient gravement sur cet Astre qui pouvait n’être qu’un miroir reflétant des ondes cosmiques venues d’au-delà de notre système solaire.

Placé entre la Lune et le Soleil, le Delta Lumineux symbolise sur un plan spirituel, la présence du Grand Architecte de l’Univers et son principe créateur. C’est pourquoi nous y trouvons parfois inséré le nom de « Jehova » ou tout autre symbole s’y rapportant. On retrouve ce Delta inscrit sur le Tableau de Loge sous l’apparence d’un fronton surmontant une sorte de tabernacle posé sur les marches de l’Orient. Dans le Saint des Saints des temples égyptiens, le Naos où reposait la statue en Electrum du dieu tutélaire, avait exactement la même forme, les mêmes proportions et la même fonction que l’édifice que nous symbolisons ainsi. Il est remarquable de constater que l’angle au sommet du fronton maçonnique et celui du Naos égyptien sont rigoureusement calculé à 108 degrés, tout comme celui du Delta Lumineux qui se décompose en deux triangles pythagoriciens reliés ensembles par leur base.

D’autres symboles égyptiens que l’on retrouve en maçonnerie sont souvent mal ou pas du tout représentés. C’est le cas de la Corde formant des Lacs d’Amour qui ceinture nos Loges et se termine par deux Houppes dentelées sur les Colonnes d’Occident. Si notre Ordre s’identifie par ses symboles aux bâtisseurs d’antan, il est raisonnable de penser que cette corde avait une fonction opérative pour l’élaboration de leurs chefs d’œuvres. C’était donc un outil usuel, au même titre que les maillets, ciseaux et autres symboles présents dans nos ateliers. Il est donc logique que cette corde soit représentée, et qu’utilisée par nos pairs comme instrument de mesure, elle puisse comporter 12 nœuds. Les Anciens Égyptiens ont utilisé la corde à 12 nœuds pour tracer sur le sol le triangle rectangle dits de Pythagore aux proportions de 3, 4, 5, qu’ils retournaient sur son hypoténuse pour former le carré long.

Initialement, les nœuds formés aux deux extrémités étaient fermement serrés de manière à empêcher les fils qui la composaient de se détresser. Contrairement aux cordes modernes en nylon dont on peut brûler les bouts, les cordes de chanvre utilisées par nos prédécesseurs ne pouvaient être terminées que par des nœuds qui, pour être serrés, nécessitaient une sur longueur d’une coudée. On attribua à cette partie de corde détressée, tombant de chaque côté des colonnes J et B une signification symbolique que l’on appela des « houppes dentelées ». Partant de la colonne B pour rejoindre la colonne J (ou réciproquement selon le Rite) ces filaments de chanvre qui viennent s’entrecroiser pour former une corde bien solide, symboliseraient la multitude des Sœurs et les Frères qui quittent le monde profane pour venir s’unir dans le Temple. A l’autre extrémité, ces mêmes filaments qui se dénouent représenteraient les mêmes Sœurs et Frères repartant vers le Monde Profane, chargés des énergies bienfaitrices échangées dans la Loge. Cependant, la Chaîne n’est pas rompue pour autant car elle s’ouvre sur l’humanité puisque notre devoir est de transmettre au dehors les bienfaits acquis dans nos Temple.

12 nœuds composent cette corde, et nous travaillons de midi à minuit, soit 12 heures. Mais pourquoi commencer la journée à midi, alors que le soleil se lève entre 6 et 8 heures du matin selon la saison et que celui-ci se couche environ 12 heures plus tard obligeant les maçons à s’éclairer pour achever leur journée de travail. En vérité, le Maçon ne peut travailler efficacement sur lui-même que s’il a pu faire un premier bilan de sa vie, débarrassé des contraintes obérant sa liberté (enfants à élever, situation professionnelle etc…),en fait, symboliquement au Midi de son existence. Il peut alors se consacrer à développer sa spiritualité jusqu’à l’heure de son ultime initiation que le profane appelle la mort, et que les Maçons nomment l’Orient éternel, au Minuit de son existence terrestre.

Bien que nombre de Maçons le réfutent énergiquement, la Franc maçonnerie spéculative pourrait être née en Égypte il y a environ 5000 ans. En effet, si l’on peut affirmer que la Maçonnerie opérative serait née avec la première construction édifiée en pierre datant d’environ 30 siècles avant notre ère, la maçonnerie spéculative, quant à elle, remonterait au projet même de cette première réalisation. Car pour finaliser une œuvre structurée, il faut avant tout l’avoir imaginée, en avoir conçu le concept, en avoir étudié les formes en fonction du but recherché, et avoir déterminé la méthode avec les moyens à disposition. Il ne s’agit pas là de minimiser le rôle de l’ouvrier maçon qui, à son niveau, aura créé l’outil et façonné la pierre. Il s’agit de comprendre quelles étaient ses motivations, quel était le moteur de son génie.

Aux époques archaïques, où les Rois se prétendaient « Suivants d’Horus », et où la religion d’état s’appuyait sur la cosmogonie, l’astronomie et l’astrologie, le ciel était symbolisé par la déesse Nout, dont le corps formait la voûte céleste. A Louxor, dans la Vallée des Rois, peint sur le plafond des tombes de certains Grands Pharaons du Nouvel Empire, on peut voir une scène tout à fait significative se comparant à notre propre symbolisme de la corde qui ceinture nos Loges. La déesse du ciel dont le corps est parsemé d’étoiles, y est représentée avalant chaque soir le soleil et l’accouchant chaque matin. Entre sa bouche et son sexe, sont dessinés 12 soleils indiquant que durant la nuit celui ci continuait sa course. Alors, pourquoi le corps de la déesse du ciel ceinturant la Terre ne pourrait-il symboliser la voûte étoilée de notre temple et la corde à 12 noeuds qui la ceinture, ancrée sur les colonnes du Temple ? Pourquoi les doigts des pieds et des mains de la déesse ne symboliseraient-ils pas seraient ils pas les houppes dentelées et les soleils présents dans son corps, des Lacs d’Amour. Plutôt que d’observer notre environnement sur un plan horizontal, si comme le suggèrent les Tableaux de Loge, nous verticalisons ce sur quoi nous marchons, les colonnes sur la Terre et les astres dans le ciel, nous retrouverions bien ce schéma de la déesse Nout protégeant nos travaux.

Au plafond des temples et des tombes égyptiennes les 12 heures du jour et les 12 heures de la nuit sont symbolisées par des Soleils, or un détail quasi-insignifiant pour les occidentaux atteste que cette scène pourrait se comparer au symbolisme maçonnique prétendant que nous travaillons de Midi à Minuit. Dans cette scène tirée du Livre des Morts égyptien, devant le sexe de la déesse Nout, un Scarabée d’or, reçoit dans ses ailes le premier Soleil de la journée. Ce petit animal qui pousse sa boule de Terre à reculons, contenant sa nourriture ainsi que sa progéniture, nous rappelle que celui-ci, trop engourdit par le froid de la nuit pour pouvoir s’envoler, doit attendre le moment favorable où ses ailes sont chauffées par le soleil, c’est-à-dire à midi, lorsque sa lumière est au zénith. Suivent les douze Soleils symbolisant les heures de la journée, dont le dernier est avalé par la déesse. Ces observateurs de la nature et des astres que furent les égyptiens, nous ont transmis, gravés dans ce matériau réputé incorruptible qu’est la pierre, des images symboliques dont furent tirés un grand nombre de nos propres symboles. Peut être faut il chercher les fondements de leur pensée pour résoudre certaines énigmes aujourd’hui incompréhensibles par un esprit trop matérialiste.

En tant que fils du dieu Rê dont il porte le signe hiéroglyphique devant le cartouche portant son nom, le pharaon était supposé être détenteur du savoir et garant des traditions. Suivant d’Horus et es qualités, il était également le Grand Maître de la corporation de bâtisseurs qui, vivant généralement en autarcie pour protéger les secrets dont ils étaient détenteurs, se reconnaissaient par des signes et se présentaient vêtus d’une sorte de baudrier, comme les Maçons d’aujourd’hui.

Le roi dans ses fonctions officielles, ainsi que les prêtres architectes lorsqu’ils étaient assis, se tenaient dans la position du Maître en sagesse, c’est-à-dire les mains posées bien à plat sur les cuisses et le dos bien droit. Dans nos Loges, c’est ainsi que travaillent les Sœurs et les Frères.

Tous les symboles auxquels nous sommes confrontés en Loge ont leur interface égyptienne. Que ce soient l’Équerre, le Niveau ou la Perpendiculaire, le Maillet la Règle et le Ciseau, tous ces outils furent utilisés à des fins opératives certes, mais par des Artisans ayant reçu par Initiation une formation théologique. Car toute matière ayant été manifestée par le dieu créateur de toutes choses, nul ne pouvait en modifier la forme si ce n’était pour le glorifier. En s’identifiant à l’outil qui symbolise son action, le Maçon lui aussi, s’initie au sens du sacré. Depuis des millénaires, des femmes et des hommes ont sublimé leur foi en édifiant des tombes, des chapelles et des Temples. Ils ont choisi la pierre, plus pérenne que le bois pour y inscrire ce qui les rassemble et véhiculer leurs ancestrales Traditions. C’est pour eux, et grâce à eux que nous sommes ensemble aujourd’hui. Hier, ils bâtissaient avec des pierres de carrière, des Temples à la Sagesse, demain nous construirons le monde avec des mots, avec des idées, parce que nous avons acquis la liberté de nous exprimer autrement. L’Art et les Sciences d’autrefois nous montrent le chemin, aussi faut il en prendre conscience. L’Initiation maçonnique est un moyen d’éveil parmi d’autres et les symboles nous permettent d’appréhender toutes nos différences dans un climat serein. Encore faut il laisser nos métaux à la porte du Temple, et écarter tout dogme de nos travaux.

J’ai dit

Paris le 4 juin 2007

Source http://www.ordoabchaos.net

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Le symbolisme des cathédrales gothiques 22 juin, 2008

Posté par hiram3330 dans : Chaine d'union,Recherches & Reflexions , 6 commentaires

Le symbolisme des cathédrales gothiques


A la suite des invasions barbares surgies en Occident du Ve au lXe siècles, les derniers constructeurs qui appartenaient aux Collé­giales romaines et détenaient tous les secrets de métiers, durent s’intégrer aux congrégations monastiques, car, après l’effondrement de l’Empire romain, il n’existait plus de statut légal leur permettant d’exister.

A partir du VIe siècle, au droit romain avaient succédé les coutumes féodales qui définissaient les protections garanties aux diverses catégories de la société du bas Moyen Âge.

Tout d’abord, il y avait les gens de la terre, divisés en :

- vilains, qui avaient conservé leurs propriétés gallo-romaines ou à qui, en tant que population germanique nouvellement implantée, l’on avait donné les terres des anciens propriétaires romains. (Le nom de vilain correspondant à l’ancienne désignation romaine de villa, qui signifiait domaine agricole.) Ces vilains avaient droit à la protection moyennant paiement de la taille et de la dîme ;

- serfs, ouvriers agricoles qui cultivaient les terres appartenant au seigneur féodal.

C’était ensuite les gens de métiers, dénommés – francs « , non parce qu’ils appartenaient à la race franque, mais parce que, au VIe siècle, cette appellation désignait les hommes libres d’aucune attache avec la terre. Groupés dans les cités, les gens de métiers étaient exploités par chacune des communautés gallo-romaines ou germa­niques – La cité ayant droit à la protection à condition d’exécuter des travaux gratuits de taille ou de fournir des gens d’armes, au service du seigneur.

Les congrégations monastiques créèrent les couvents, sociétés communalistes de propriétés collectives à but altruiste de bonnes oeuvres, de pénitences, de prières et d’évangélisation. Ces couvents, sous le bénéfice des droits de l’Église catholique au temporel reconnus par les continués féodales, avaient rang de seigneur avec droit de haute et basse justice.

Sous l’impulsion de Grégoire 1er le Grand, pape de 590 à 6114, qui avait enrichi l’évêché de Rome par l’exploitation des domaines agricoles, les couvents allaient devenir autant d’exploitations indus­trielles ou agricoles.

Les lois et usages concernant la production et les échanges, codifiés par le droit romain, avaient totalement disparu au VIe siècle, les coutumes germaniques à l’échelon de la peuplade les ayant insuffisamment remplacés. Cette forme nouvelle de société communautaire fit créer, dans l’intérieur même des couvents, les premières coopératives de production dans toutes les branches indispensables à la vie collective et communautaire. Les gens de métiers ayant perdu leur riche clientèle romaine, trouvèrent dans les couvents leur principale clientèle. Ce fut notamment le cas des personnes pratiquant l’art de construire : il fallait des couvents, des églises et même des ouvrages d’art militaire pour se protéger contre les invasions permanentes.

Les couvents qui dérivaient du principe de saint Augustin de la Cité de Dieu, intégrée à la Société des Hommes, avaient, comme toute l’Eglise, conservé les principes d’organisation romaine et de droit romain. Aussi, tant pour s’assurer à bon marché une main-d’oeuvre qualifiée devenue très rare que pour assurer la formation professionnelle des nouvelles générations, de nombreuses congrégations monastiques fondèrent des Tiers-Ordres essentiellement laïques.

Le principal Ordre qui ait regroupé les Collégiales romaines des constructeurs est celui des Bénédictins, fondé à la fin du Ve siècle, par saint Benoît de Murcie, au Mont-Cassin. La règle bénédictine donne la priorité aux travaux manuels. C’est à cet Ordre que l’on doit la création et le développement de l’architecture gothique.

Nous, distinguons dans le gothique trois périodes : le roman ou gothique ancien, le gothique ogival et le gothique ogival frisé, appelé communément « Xve frise » ou  » flamboyant « .

LE ROMAN

L’architecture romane date d’un peu avant l’an mille, époque de la Grande Peur, qui marque aussi le début de l’ère médiévale. L’Occident, qui vivait alors dans un certain obscurantisme, fut soudain illuminé par la transmission de la philosophie antique par la voie de l’Espagne musulmane.

Les Bénédictins venaient de s’installer à Cluny, depuis 910 ; l’un d’entre eux, Gerbert, savant architecte, se rendit à Cordoue puis à Grenade, en 980. II en ramena l’A.B.A.C.U.M. ou Ars Subtila Arithmeticae, qui contenait, outre l’algèbre et la géométrie euclidienne, le livre du jeu d’échecs, le traité des poids et mesures, la philosophie platonicienne, la métaphysique d’Aristote et le symbolisme pythagoricien.

Gerbert – par la suite fait pape par Otton lll – régna de 995 à 1003, introduisit les mathématiques et la géométrie dans l’art de construire sous forme de l’Art du Trait, qu’il codifia en une sorte de satigraphie (dont on trouve des traces dans les manuscrits du Mont-Saint-Michel). Encore à l’heure actuelle, les résultats en sont surprenants : témoins l’Abbaye aux Hommes et l’Abbaye aux Dames de Caen, la cathédrale de Bayeux et celle de Vézelay, qui en est le plus bel exemple. Les traces de la métaphysique d’Aristote persistent à Vérelay où l’allégorisme primitif des églises mérovingiennes et carolingiennes s’épanouit.

Puis, vient l’ère des croisades. La première, prêchée par Urbain II, dura de 1096 à 1099. Elle créa l’Empire latin d’Orient qui couvrait pratiquement toute la côte est de la Méditerranée, depuis l’Egypte du Sud jusqu’à l’Empire byzantin, au Nord.

Entre la première croisade et la seconde, prêchée à Vézelay par saint Bernard, en 1147, et dirigée par Louis VII le Jeune, cinquante années s’écoulent. Pendant cette période, les troupes laïques et religieuses qui assuraient l’occupation de l’Empire latin d’Orient, pour regagner leur pays d’origine – le comté d’Edesse, la principauté d’Antioche, le comté de Tripoli ou le royaume de Jérusalem – devaient obligatoirement passer par la Grèce et les possessions de Byzance.

Or, parmi ces occupants, se trouvaient les moines bénédictins et les moines soldats, Templiers, Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et Chevaliers Teutoniques ; les membres qui faisaient partie du Tiers-Ordre laïque étaient les ouvriers opératifs de ces nouvelles congrégations. Ces constructeurs ramenèrent de Byzance les traditions des collégiales romaines qui, n’ayant pas souffert des invasions barbares, avaient conservé tous les anciens secrets de métiers connus depuis la plus haute antiquité et que l’Occident avait presque totalement perdus. Leurs connaissances s’étaient épanouies voire enrichies sous l’influence de la tradition grecque et aussi grâce aux contacts avec la civilisation arabe arrivée a l’apogée de son évolution.

L’OGIVAL

Cette deuxième période nous intéresse le plus, car c’est elle qui apporte tout le symbolisme en architecture. Elle doit tout aux Templiers.

Ce type d’architecture remonte en Europe à 1125. On commençait alors à voir les premiers arcs outre-passés, notamment à Cîteaux qui venait d’être fondé, puis à l’abbaye de Fontevrault, en 1150. C’est le début du style gothique que l’on dénomme  » gothique Plantagenet  » (du patronyme de Henri II, duc d’Anjou qui allait devenir roi d’Angleterre).

L’Ordre des Templiers fut fondé à Jérusalem, en 1116, par neuf chevaliers auxquels, dix ans plus tard, s’adjoindra Hugues, comte de Champagne, donateur de Clairvaux. C’est sous le patronage du Bénédictin cistercien Bernard que l’Ordre reçut sa Constitution au concile de Troyes, en 1128, Honorius III étant pape. Dès I’origine, pour les besoins de la construction, des moines bénédictins habiles dan; l’art de construire y furent introduits; Les Templiers fondèrent en France leur premier établissement sous Louis VI le Gros qui, à la demande de saint Bernard, leur donna, en 1130, une maison à Paris à proximité de l’église Saint-Gervais, au début de la petite rue à gauche. (Cette maison existe encore. Elle est actuellement occupée par une société compagnonnique). A quelques jours de là, le roi leur fit don du domaine du Colombier, avec droit de haute et de basse justice. Ce

domaine longeait l’actuelle rue de Rivoli, depuis la rue des Blancs-Manteaux jusqu’à la rue Saint-Martin incluse ; en largeur, il était limité par le square du Temple et l’église Saint-Martin (à proximité du Conservatoire des Arts et Métiers). L’ensemble était marécageux. Les Templiers I’assainirent.

Dans la toute proche église Saint-Gervais, on voit encore. dans le, stalles du choeur, de nombreuses figures ésotériques ainsi qu’un maçon initié genou découvert, suivant l’ancienne tradition. Par l’équerre et le compas placés à côté, on se rend compte que le maçon étudie l’oeuvre

On retrouve le même symbolisme à Gisors ; en outre, dans la chapelle Sainte-Claire, un gisant dénommé le Maître Parfait – fait penser au symbolisme du troisième grade.

L’OEUVRE DES TEMPLIERS

Les Templiers couvrirent l’europe d’églises remarquables de châteaux forts, tel le « château Gaillard pour le compte de Richard Coeur de Lion « , dans le but de s’opposer à Philippe Auguste, roi de France. Ils bâtirent de véritables villes fortifiées — comme Coucy-le-château, construit par Enguerrand de Coucy – pour résister à saint Louis, qui voulait refréner son droit féodal. Les Allemands, en 1914, employèrent dix tonnes de dynamite pour faire sauter la tour ventrale bâtie en 1240.

Les Templiers édifièrent leurs couvents qui, rappelant leur vocation de moines-soldats, se dénommaient  » Commanderies  » . Chacune d’elles était reliée à une autre suivant la hiérarchie du grade du chevalier qui la dirigeait. Les commanderies de base avaient pour commandeur un maître charpentier qui assurait l’instruction perma­nente des ouvriers maçons, tant religieux que laïques.

En Orient, les Templiers remplirent le rôle de constructeur pour le compte des Croisés ; ils formaient aussi le corps de génie militaire. Dès 1123, ils bâtirent avec les Hospitaliers les lieux nouvellement conquis des églises et des forteresses (1).

En Occident comme en Orient, les Templiers, qui étaient des religieux. avaient recours pour l’exécution de leurs travaux de bâtiment, à la main-d’oeuvre locale.

En France,en Angleterre, en Allemagne et dans toute l’europe le Tiers-Ordre du VIe siècle, qui formait des associations d’ouvriers du bâtiment vivant dans la dépendance conventuelle, cessa d’exister au début du XII e siècle. jusqu’à cette époque, le couvent avait été le seul centre de la science, les arts pouvant s’y développer en sécurité. Mais, avec l’extension des libertés municipales, les grandes cités médiévales devinrent de grands ventres – Paris, Chartres, Amiens, Londres, Oxford. Laon, Noyon, Reims, Soissons, Strasbourg, Cologne – où, aux Tiers-Ordres monastiques succédaient les Francs-Métiers : ceux-ci, sous le nom de Jurantes ou de Guildes, rassemblaient les ouvriers de métiers en fraternité laïques.

FRATERNITES DE CONSTRUCTEURS

Les membres du chaque corps de métier étaient groupés en une association professionnelle chrétienne placée sous la protection d’un saint ou d’une sainte. Pour y être admis, il fallait se soumettre à des épreuves symboliques particulières à chaque profession. Les épreuves des fraternités de constructeurs étaient celles que nous connaissons encore aujourd’hui dans la Maçonnerie spéculative, héritière , en cette matière, de la tradition de la plus haute antiquité.

Ce genre de confrérie paraît avoir pris naissance à Chartres, lors de la construction de la cathédrale, aux alentours de 1125. C’est de cette époque que date la franc-maçonnerie opérative, entièrement composée de laïcs et n’allant qu’au troisième grade. Si ses membres devaient tous leurs enseignements aux Templiers, on ne doit pas néanmoins les confondre avec ces religieux fort savants ni avec les Moines-Chevaliers, très bons architectes et déjà  » maçons spécu­latifs « .

L’existence légale de ces confréries laïques professionnelles était régie par extension des droits des anciens Tiers-Ordres transférés aux fraternités laïques de la franchise. Les Francs-Maçons obtenaient ces franchises des congrégations de Bénédictins, des Templiers et des Hospitaliers qui exigeaient des redevances peu importantes. Pour d’autres francs-métiers, soumis à la protection seigneuriale ou royale les redevances étaient très lourdes. Cette différence fit que la dépendance aux congrégations religieuses subsistait. De plus, en vertu des conventions féodales conclues entre les suzerains, les franchises religieuses donnaient droit de  » cité  » aussi bien sur les territoires ecclésiastiques que seigneuriaux ou royaux. Par ailleurs, la formation professionnelle des constructeurs s’est poursuivie dans les couvents jusqu’au début du XIVe siècle.

Les maîtres d’oeuvres laïques, tels Jean d’Orbais, Villard de Honnecourt et Pierre de Corbie, oeuvrèrent à Chartres ; Pierre de Montreuil, à la cathédrale de Paris et à la Sainte-Chapelle. Mais ne devenait pas maître d’oeuvre qui voulait.

En premier lieu, tout compagnon accompli, cinq à sept ans au minimum après avoir été reçu comme tel parmi les maîtres, devait encore travailler pendant un certain temps et acquérir les connaissances de ceux-ci. Ensuite, il était consacré maître d’oeuvre si le chef d’oeuvre qu’il avait exécuté était jugé satisfaisant.

Mais ce n’était point tout. Débordant du cadre professionnel, une enquête municipale faite auprès du candidat concernait sa moralité, sa piété et les possibilités financières qui lui permettaient de payer les matériaux et le salaire de ses ouvriers.

Tout maître d’oeuvre devait être capable d’assurer la conception de l’oeuvre, d’organiser le chantier, de recruter les ouvriers et d’en régler les dépenses. Ces trois conditions étaient impératives. Le maître d’oeuvre, lorsqu’il était religieux, prenait le titre de vénérable maître. A l’époque de la construction des grandes cathédrales gothiques, à Reims, Laon, Paris, Chartres, Cologne, Amiens, les Templiers – en contact en Orient avec les ordres religieux des Ismaéliens karmates et ascasines, sectes schismatiques musulmanes – adoptèrent à la fois leurs secrets de métiers ainsi que les rites et les formes d’architecture orientale. C’est d’Orient qu’ils ramenèrent le secret de la construction de l’arc brisé qui existait déjà dans des constructions orientales, ainsi que la voûte de croisée de transept s’équilibrant en son milieu par la masse formée par son pendentif. C’est en Orient aussi que les Croisés apprirent des Byzantins, qui le tenaient eux-mêmes de Babylone, à fortifier les châteaux.

Les Templiers, en adoptant ces formes d’architecture, ont emprunté les symboles de celles-ci, et aussi l’art de penser : la dialectique, qui permettait de philosopher sur les sens cachés, a donné la rhétorique. Le symbolisme des nombres et des dimensions que nous trouvons dans les églises date de cette époque. Ce sont eux aussi qui répandirent en Europe la pensée gnostique platonicienne et aristotélicienne, déjà propagée en Espagne par Averroès et Maïmonidès, ainsi que par les Cathares albigeois dans le Midi de la France, particulièrement dans tout le comté de Raymond de Toulouse. Ils ramenèrent d’Orient, non seulement l’art de construire, mais aussi l’algèbre, l’alchimie, aïeule de notre chimie moderne, ainsi que l’alchimie intellectuelle qui tendait à rendre l’homme meilleur.

Sur le plan purement spirituel, les Templiers s’imprégnèrent de l’esprit gnostique des Ismaeliens qui considéraient l’univers comme une émanation de la divinité. La gnose était enseignée sur un mode initiatique: C’était une catéchèse appropriée à toutes les confessions, toutes les races, toutes les castes fondées sur la raison, la tolérance et l’égalité. Ces théories attireront plus tard, tant Raymond Lulle que Pic de La Mirandole.

L’esprit de Platon et d’Aristote régnait à Chartres, lors de la première construction, entre 1124 et 1154 ; des réalisations comme ces cathédrales démontraient – et elles démontrent encore – les parfaites connaissances de leurs bâtisseurs.

En même temps, l’évolution et la philosophie aristotélicienne allaient permettre à l’homme de se délivrer des contraintes dogmatiques religieuses et de reprendre l’autonomie de ses investigations. Ainsi, de la moitié du XIIe siècle jusqu’au milieu du XIVe se construisit-il, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie – avec les méthodes particulières que l’on admire encore aujourd’hui -, les merveilleuses cathédrales ogivales que nous connaissons. Elles se ressemblent toutes, avec un air de famille certain.

II est intéressant de retrouver dans la tradition du grand-oeuvre qu’est une cathédrale les origines du symbolisme de la Franc­Maçonnerie spéculative.

LES SYMBOLES

Signalons d’emblée deux grands principes philosophiques qui constituaient le programme directeur : les cathédrales, de même que les temples antiques, et plus particulièrement le temple de Salomon, sont construites à la fois en plan à la forme et dans les proportions humaines.

Le plan de celle de Chartres le met en évidence : à la croisée du transept se trouve le coeur, la tête étant au sanctuaire ou saint des saints. A l’endroit où se trouve l’autel, il y avait, dans le Temple de Salomon, des Tables de la Loi. Les proportions sont rigoureusement celles du corps humain, le sanctuaire était le septième du reste.

Ces cathédrales sont toutes vouées à Notre-Dame. Non à la mère du Christ, mais à la Vierge-Mère, qu’elle s’appelle Gaea, Rhéa, Cybèle, Déméter, Isis, la Bonne Déesse, la Terre Mère. Dans la célèbre cathédrale de Chartres notamment, la Vierge qui trône est noire avec un puits qui descend aux entrailles de la Terre. C’est donc bien la Natura Naturans.

Les connaissances que devaient avoir les constructeurs des cathédrales se rapprochaient de celles des alchimistes dont ils employaient les symboles ; leur initiation comprenait l’étude du cercle, ainsi que l’indique le Mystérieux Quatrain des Tailleurs de Pierre :

Un point dans le cercle

Et qui se place dans le carré et dans le triangle

Connais-tu le point – tout est bien

Tu ne le connais point – tout est vain.

Arrivant dans une ville étrangère, un compagnon ou un maître devait justifier dans son milieu qu’il pouvait retrouver le cercle directeur et le pôle de symétrie. En dehors des deux principes philosophiques, des règles symboliques déterminaient l’orientation, les proportions et l’ordonnancement extérieur. La première pierre d’une cathédrale était placée à l’angle nord-est où avait été reçu le dernier apprenti. La cathédrale, tout comme la Loge maçonnique, est orientée à l’Orient. Son Sanctum Sanctorum est à l’est, d’où vient la lumière du soleil levant. L’entrée du sanctuaire, placée à l’occident, est constituée par trois portes ; celle du milieu, la plus importante, ne sert que dans les circonstances exceptionnelles, tandis que celle de gauche demeure ouverte.

Le sens circumcirculatoire y est nécessairement de l’ouest vers l’est par le nord, puis, au retour, de l’est à l’ouest par le midi. C’est le mouvement apparent du soleil, du couchant au levant, ensuite du levant au couchant ; c’est encore celui que l’on doit suivre dans une Loge maçonnique.

La façade de la cathédrale gothique est presque toujours flanquée de deux clochers latéraux symbolisant le binaire, comme les deux colonnes du temple maçonnique. En outre, ils sont, comme dans le Temple de Salomon, placés à l’extérieur. Le plus souvent, le clocher de gauche domine celui de droite : ainsi à Strasbourg, à Troyes, à Bourges, à Amiens, à Cologne. La cathédrale de Chartres l’explicite clairement : la flèche de gauche porte le Soleil, la flèche de droite la Lune. Invariablement, entre les deux, il y a le triangle, symbole du ternaire.

La cathédrale, de même que la Loge maçonnique, représente le cosmos. A l’intérieur, la nef et le transept sont divisés dans le sens de la hauteur en deux parties d’inégales hauteurs :

- la partie basse formant le soubassement est toujours aveugle, comme une Loge maçonnique, sauf pour les portes, cette partie de l’édifice représentant l’homme dans l’univers, proportion 3/15 de haut limitée de la partie supérieure d’où part l’éclairage par une frise dénommée en architecture  » chien courant  » (du fait que, parfois, des animaux sont mélangés au feuillage) ;

- la partie supérieure représente la divinité 12/5 répartie en une partie verticale signifiant la perfection des proportions : 7/15 et une partie voûtée symbolisant la connaissance : 5/15 (le pentagone a été, dans toutes les religions, le symbole de la science).

Le nombre, directeur est généralement exprimé par le polygone, par les arêtes des voûtes faisant leur jonction avec la croisée du transept ou de la grande rosace qui constitue un lieu d’équilibre de

l’action et de la réaction des charges bien plus qu’un moyen d’éclairage et de beauté.

Quand on retrouve d’anciens tracés, on est frappé par l’absence de mesures indiquées : c’est qu’il n’y en avait pas.

Tout résidait dans les proportions de l’oeuvre en fonction du cercle directeur.

Sans connaître le grand secret, on peut aisément constater que l’unité de base se trouve à la croisée du transept, lequel est toujours construit sur plan carré ; que la largeur du transept est égale à la largeur de la nef ; que la travée courante constitue un rectangle dont le petit côté représente la moitié du grand, soit la moitié du carré du transept ; que chacun des bas-côtés est construit sur un plan carré égal au petit côté du rectangle de la travée ; enfin, la largeur des baies latérales est égale à la moitié du côté du carré des bas-côtés. soit le quart du côté du carré du transept.

Les rapports des baies en hauteur étaient proportionnés par des procédés analogues. La grande rosace était de dimensions semblables au cercle inscrit dans la croisée du transept. Le reste était stéréotomie et art du trait. II est aisé de voir que, à partir de la croisée du transept, l’édifice se bâtissait en tenant compte des proportions reportées à partir du cercle directeur du transept qui commandait tout.

Quant aux murs extérieurs, une règle générale en déterminait l’ordonnancement qui est vraiment symbolique :

- au nord : les scènes bibliques de l’Ancien Testament ; – au sud, brille la loi nouvelle donnée par l’Evangile ; – l’occident regarde le Jugement dernier ;

- à l’orient : les faits relatifs à l’époque.

Les costumes des métiers de l’époque que nous trouvons à Chartres constituent une importante documentation historique.

Quant aux imageries extérieures, qui étaient le livre du pauvre, elles représentent une partie de la pensée médiévale. Elles découlaient de l’allégorie édifiante et pédagogique employée par les Grecs et les Romains.

A Notre-Dame de Paris, le porche d’entrée est surtout décoré de symboles alchimistes. Sur le trumeau central qui partage les deux baies, une série de vingt-huit figures représente les sciences médiévales, dont l’alchimie avec ses deux livres : l’un fermé= l’ésotérisme, lautre ouvert l’hermétisme ; maintenue contre ce dernier, une échelle de neuf échelons symbolise les opérations alchimiques successives et la patience. Au portail Nord, celui  » de la Vierge « , on est d’abord surpris de voir Marie tenir dans ses mains un symbole rosicrucien ; puis, sur le tympan, une vie du Christ avec un sarcophage qui porte les symboles alchimiques des métaux planétaires, le Soleil étant placé juste au milieu, ce qui tend déjà à prouver les connaissances héliocentriques.

Certaines églises abbatiales, notamment celle de Fontevrault, construites à cette époque, l’ont été sur les mêmes principes que les cathédrales.

Les procédés de construction gothique ont permis de vastes dimensions. La cathédrale de Reims : 6.650 mètres de superficie ; celle de Bourges : 6.200 mètres ; celle de Paris : 5.500 mètres. Chacune d’elles pouvait contenir quinze à vingt mille personnes. C’est que, lors des grands pèlerinages du Moyen Age, la cathédrale était à la fois l’hôtel où l’on dormait et le sanctuaire. Elle était également le refuge hospitalier de toutes les infortunes, et les médecins y donnaient leurs consultations. L’Université, pour être indépendante, vint y tenir ses assises et y resta jusqu’en 1454. Les alchimistes se rencontraient régulièrement au jour de Saturne, à Notre-Dame de Paris, au portail Saint-Marcel.

Les cathédrales furent aussi des symboles de liberté municipale : c’est là que se retrouvaient les confréries des gens de métiers et que prirent naissance Guildes et Jurantes.

Après les persécutions des Templiers par Philippe le Bel, la dissolution de l’Ordre par Clément V et les derniers autodafés ordonnés en France en 1314, nombre de Francs-Maçons, privés de la formation professionnelle templière, créèrent leurs propres écoles où professait Maître Charpentier, ancien commandeur du Temple. Dès lors, les arts libéraux, l’astronomie, la philosophie, la rhétorique et la dialectique et l’administration furent enseignés par des Templiers qui, sans être constructeurs, étaient formés dans l’art d’enseigner les pensées. Ainsi naquirent les premiers Francs-Maçons acceptés, anciens Chevaliers du Temple (2).

Cette nouvelle formation professionnelle aboutit à ce que l’on appelle le XVe frisé. Un des modèles du genre est l’église Saint-Merri à Paris (rue de la Verrerie, à l’angle dé la rue Saint-Martin), commencée en 1520 sous François Ier , terminée en 1612 sous Louis XIII. Il est curieux d’y retrouver – deux siècles après la disparition de l’Ordre – les règles templières et cabalistiques. On est frappé de voir sur le porche des statues de saints représentés par des principes destinés à mettre en évidence des allégories ésotériques, bases des principes gnostiques du XIIe siècle, de retrouver aussi bien: les quatre éléments, la Cabale et les nombres 3, 4, 5.

Saint-Merri est une des dernières églises du type des cathédrales. Ici, toute la science hermétique, dissimulée au XIIe siècle, franchissant le voile de l’ésotérisme, a la transparence du symbolisme élémentaire.

En effet, à la porte sortant de la clé de voûte ogivale centrale, l’Androgyne, élément mâle et femelle, à seins de femme, au menton barbu et portant les cornes au front, reproduisant l’image de la quinzième lame des tarots, fait l’inverse du signe de l’ésotérisme qui signifie la priorité de la matière sur l’esprit. C’est le baphomet des Templiers et des gnostiques ismaéliens. Lors de la fameuse condamna­tion, l’Inquisition prétendit que les Templiers adoraient une idole et que cette appellation était une déformation du nom de Mahomet.

En réalité, les Templiers, kabalistes comme les Ismaéliens, avaient exprimé sous les trois consonnes hébraïques : beth – alef – mem – signifiant : science – volonté – transformation de l’homme – accompagnées des suffixes qualitatifs : phe (espérance) et heth (équilibre universel), le sens gnostique du Dieu Noir des Manichéens, Maître des lois naturelles terrestres. Ce sens suivant la valeur ésotérique des lettres hébraïques définies ci-dessus, était le suivant : La science au service de la volonté fait espérer une transformation harmonieuse de l’homme étendue à l’univers.

En fait, à l’église Saint-Merri, ces lois naturelles sont ce que l’on pourrait appeler l’esprit de la matière qui correspond à l’élément de terre.

Dans le vitrail éclairant le transept de gauche, domination du jaune, du bleu et du bleu verdâtre, dont la vitrauphanie correspond au signe d’eau.

- Dans le vitrail éclairant le transept de droite, domination du jaune et du rouge, correspondant au signe de feu.

- Dans le Saint des Saints, un Christ portant au-dessus de la tête un cercle avec un triangle inscrit ; à l’intérieur, le tétragramme représentant le signe d’air.

- Quant à la voûte de la croisée du transept, elle dessine un octogone ; le pendentif avec ses deux renflements fait apparaître les nombres 9 et 10.

Ce cercle kabaliste avec l’arbre  » séphirotique  » est d’ailleurs reporté sur les modénatures en pierre (découpes de pierre formant des corniches ou colonnettes) portant les vitraux de la grande rosace ainsi que sur celles qui portent les vitraux du transept droit et gauche.

Dans les chapelles rayonnantes arrière, celle du centre est réservée à Marie. Au fond, un vitrail met en exergue la lettre romaine M (treizième lettre de l’alphabet) et la lettre hébraïque meme (également la treizième de l’alphabet) qui est l’attribut de la transformation engendrée par la Mère Nature.

Dans une chapelle de gauche, l’annonce faite à Marie ‘représente Dieu le Père dans un triangle, Dieu le Fils, le Christ, dans un carré, Dieu Esprit universel, Saint-Esprit, dans un pentagone.

L’ensemble symbolise et affirme le principe du ternaire des catholiques et des gnostiques.

D’une façon générale, toutes ces dispositions concernent les églises gothiques ogivales ou flamboyantes.

L’élément de terre, défini par le baphomet, a été souvent remplacé par d’autres figures. La disposition des éléments de terre se trouvait à l’extérieur. Les éléments d’eau étaient placés dans le transept de gauche, ceux du feu dans le transept de droite. L’élément d’air a été presque toujours précisé par le tétragramme soit en clef de voûte du Sanctum Sanctorum, soit au milieu d’une voûte bleue étoilée.

Il est également à rappeler que les couleurs de base employées pour chacun des éléments font partie du symbolisme chromatique qui remonte à la nuit des temps. Ces couleurs furent codifiées par Grégoire le Grand, qui avait été moine bénédictin avant de devenir pape.

Il est intéressant de constater que l’emploi du nombre directeur, abandonné pendant les grandes invasions des Ve au VIII’ siècles, a été , repris dans les cathédrales gothiques sous l’influence des Templiers qui le ramenèrent d’Orient.

Cet emploi du nombre en architecture remonterait, d’après Viollet-le-Duc, aux Egyptiens, à la période du roi Chéops (vers 2600 av. J.-C.) ; cela plus particulièrement en ce qui concerne le triangle équilatéral et les nombres 3, 4 et 5.

(1) Les Hospitaliers ne reçurent leur charte qu’en 1137.

(2) Tous les francs-métiers, y compris la maçonnerie opérative, furent dissous par Louis XIV, en 1690, peu de temps après la révocation de l’Edit de Nantes. C’est à cette époque que le compagnonnage succéda à la franc-­maçonnerie opérative.

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