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De la légende au « devoir de véracité » 6 mars, 2026

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De la légende au « devoir de véracité »

 

Gilbert Garibal

Par Gilbert Garibal
26 mars 2024
De la légende au « devoir de véracité » dans Recherches & Reflexions Maitre-Hiram-696x517

Pour que les légendes ne meurent pas, il faut sans cesse les réinventer Et les raconter.

La légende d’Hiram nous dit que trois Compagnons malhonnêtes l’agressent pour obtenir de lui les « mots de passe » du salaire de Maître. Le digne et glorieux architecte n’obéit pas à l’injonction de ces crapules. Il est ainsi assassiné sous leurs coups, à la sortie du Temple en fin de construction, sans avoir parlé. Ces mots précieux car porteurs d’une symbolique sacrée, partent ainsi à jamais dans la tombe avec Hiram. A sa mémoire, le roi Salomon en garde le principe. Ils les remplacent par « les mots substitués » (dont les initiales décorent nos tabliers). Même ainsi nommés avec élégance dans un cadre fictionnel, ils sont interprétables comme une contre-vérité, pour ne pas dire, si je puis me permettre, un mensonge, involontaire en l’occurrence !

Métaphoriquement, « ces paroles de remplacement » illustrent fort bien un phénomène qui jalonne l’histoire de l’Homme. En manque d’origine, conscient de sa petitesse, de sa faiblesse, à la merci des éléments d’une nature souvent hostile, il a progressivement peuplé le ciel de divinités parfaites et toutes puissantes puis d’êtres extraordinaires et d’histoires fantastiques. Autant de faits compensateurs et propices à l’identification, certes illusoires mais bienfaisants, rassurants pour son mental apeuré.

Le mensonge, sport national

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 Ainsi sont nés le récit (tel le précité) et avec lui, le mythe, la fable, le conte, le roman, l’allégorie, la religion et ses dogmes. A visée de protection et pour apaiser de la sorte son angoisse existentielle. Sans cette « reliance artificielle » au monde de la fiction, au vrai grâce à son imagination – qui n’a jamais été aussi fertile – il est certain que l’espèce humaine n’aurait pas traversé le temps, jusqu’à ce XXIème siècle débutant !

Oui mais…qui dit inventions, dit à la fois, créations matérielles de plus en plus performantes et productions « des choses de l’esprit » à l’avenant ! La vérité est au fonds du puits dit une autre légende…et elle a bien du mal à remonter à la surface, dans nombre de cas de la vie courante ! Parce que, précisément, notre intellect, peut avoir tendance à mélanger la fiction et le réel ! Et ce qu’il faut bien à nouveau nommer le mensonge, est devenu, remarquons-le, une forme de « sport national « dans la cité !

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Aussi bien dans les domaines éducatifs, économiques ou sportifs, que dans ceux de la culture, de la politique ou de l’information médiatisée, que de mensonges sont répandus ! C’est ainsi, par plaisir, par goût de l’affabulation, par besoin d’enjoliver le quotidien, par provocation, par calcul, par méconnaissance voire par malveillance aussi, l’homo Sapiens, doté de la parole, peut éprouver le besoin de la travestir. En un mot, de mentir ! Souvent pour se valoriser, parfois aussi, notons-le à décharge, par impérieuse nécessité. Pour aider ou sauver quelqu’un. Le mensonge a aussi son utilité, voire sa noblesse !

La mode des narratifs

 « Ne vous payez pas de mots. N’accordez à quiconque une confiance aveugle, mais écoutez tous les hommes avec attention et déférence. Ayez la ferme résolution de les comprendre. Respectez toutes les opinions mais ne les déclarez justes qu’après en avoir fait vous-même un examen approfondi. Ne profanez pas le mot Vérité ».

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Nous y voilà, francs-maçons et franc-maçonnes de notre état, nous sommes judicieusement prévenus par nos rituels, tel celui ci-dessus : il nous est conseillé, dans et au sortir de la loge et la cité regagnée, de nous méfier des « narratifs » (mot à la mode) ! ambiants, de « faire le tri entre le vrai et le faux. En clair de lutter contre les fausses nouvelles, ces fameuses « fake news », comme on dit aujourd’hui. Telles des anguilles, elles savent se faufiler dans toutes les eaux !

En acceptant de nous confronter aux faits par une observation et une écoute attentives – ces instruments indispensables de la réflexion – nous avons à accomplir un « devoir de vérité ». Qu’est-ce à dire ? Qu’il nous revient, calmement certes – soldats aux mains nues que nous sommes – de dénoncer néanmoins lesdits mensonges, afin d’exercer notre sens critique. Reconnaissons-le, celui-ci est en grave régression aujourd’hui. En loge et au dehors, souvent :

  • Par désir de non-confrontation,
  • Par crainte pour quelque avancement parfois,
  • Pour faire plaisir à un bavard qui a l’occasion de « s’écouter parler »,
  • Par paresse intellectuelle même,

Tout simplement, nous demeurons silencieux !

Le devoir de vérité

 Dans l’exercice de ce « devoir de vérité », il est impossible de ne pas citer les affreux mensonges que déversent les « réseaux sociaux » dans nos ordinateurs, certes pour qui prend le temps de les consulter. Mais comment rester insensible, impassible devant ces tombereaux de méchancetés circulantes et autres complotismes destructeurs, à même de détruire des êtres et leur réputation de bons citoyens ?! Quand ce ne sont pas à des héros morts pour la France ou à des faits historiques reconnus, auxquels ces « justiciers publics » planqués lâchement derrière leurs écrans », s’attaquent sans vergogne !

Resistance

A titre d’exemple, pour ne citer que la dernière guerre, lorsqu’on doute de l’action dans l’ombre de la Résistance sur tout le territoire, c’est 150 000 volontaires et 270 réseaux que l’on nie, et 20 000 morts, dont 1200 francs-maçons que l’on oublie. Et c’est Jean Moulin que l’on torture et fusille une deuxième fois ! Les plaques de marbre commémoratives dans les halls des Obédiences nous rappellent pourtant à ce « devoir de vérité » devenu « devoir de mémoire ». !

Lorsqu’on évoque la libération de la France par les vaillantes armées américaine, anglaise, canadienne et amérindienne (70 000 hommes), il ne faut pas omettre les 20 000 soldats français de la Division du Général Leclerc (2ème DB) également arrivés en Normandie par bateaux. Tout comme les 75 000 hommes regroupés par le Général Delattre de Tassigny sur les côtes méditerranéennes, qui ont ainsi pris l’ennemi en tenaille.

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Winston Churchill

Cette libération du pays commencée à l’Ouest le 6 juin 1944 en Normandie (Opération Overlord) et le 17 août 1944 en Provence (Opération Dragoon) par les troupes alliées s’est terminée le 8 juin 1945 à Berlin, avec la capitulation de l’Allemagne, stoppée à l’Est par l’armée soviétique. Sans les FFI (Forces Françaises de l’intérieur) qui avaient du mieux possible, « préparé le terrain occupé », notamment avec les sabotages de centres opérationnels ennemis, ladite Libération de la France, dirigée de Londres par un Etat-major (Le Commandant suprême des forces alliées, le Général Eisenhower, le premier ministre Winston Churchill et le Général de Gaulle) aurait sans aucun doute, été encore beaucoup plus longue et compliquée.

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Seconde Guerre mondiale 1939-45 24 octobre 1940 Adolf Hitler accueille le chef de l’État français, le maréchal Henri Philippe Pétain à Montoire-sur-le-Loir. Au milieu, l’envoyé interprète en chef Dr. Paul Schmidt. À droite, le ministre des Affaires étrangères du Reich Joachim von Ribbentrop.

Pour mon humble part, avec un père, protecteur de personnes étrangères pendant cette deuxième guerre mondiale et acteur de la Libération de Paris, un frère, maquisard pendant 4 ans, et un cousin de 18 ans déporté en Allemagne, je peux me permettre d’affirmer l’existence et l’importance de la Résistance intérieure. L’enfant de 10 ans que j’étais à cette époque en a vécu – de surcroît sous les bombardements en banlieue parisienne – certaines actions périlleuses locales, qui m’ont marqué à vie.

Ceux qui persistent à douter de ces faits passés – comme ils continuent de penser que les chambres à gaz n’ont jamais existé en Pologne occupée en 1942 et 1943, où ont été exterminés 900 000 juifs – sont souvent les mêmes qui affirment aujourd’hui que l’homme n’a jamais été sur la lune le 20 juillet 1969 (un franc-maçon, Buzz Aldrin, récemment décédé, faisait partie de l’équipage qui a « aluni)).

Du doute aux croyances

Certes le doute nous est fortement recommandé en franc-maçonnerie, à juste raison, nous le savons. Il est même nécessaire à notre appareil psychique, comme « préventif analytique » avant d’acquérir la preuve de la réalité des circonstances en cause… ou leur inexistence. Mais lorsque ce doute est systématique et conduit les sceptiques au soupçon en toute chose, la pathologie névrotique peut alors être également…soupçonnée !

Micro BFM posé par terre
Micro BFM posé par terre

Certes, en cette période où les médias eux-mêmes se font piéger par ces funestes « fake news », il s’agit d’être prudent, voire méfiant à l’audition des « nouvelles » quotidiennes. Mais lorsque les faits historiques passés ont été ou sont parfaitement et honnêtement démontrés, il y a lieu de dominer ses réticences et de « faire confiance » à l’indiscutable !

Authentifier un fait, c’est se respecter. A l’inverse, l’orgueil – cette qualité qui peut devenir défaut en basculant dans la vanité – consistant à soutenir une fausse information et incitant parfois à désirer avoir raison coûte que coûte quand il s’agit avant tout de raisonner… est à bannir. C’est une attitude qui n’a pas sa place, ni en maçonnerie, ni dans la cité.

Nous abordons ici le domaine délicat du « croire » et des croyances. Souvenons-nous, la première d’entre elles est la croyance au Père Noël : une ferveur qui nous renvoie au pays « magique » de notre enfance. Puis vient en grandissant la croyance ou pas en une ou des divinités, inculquée en famille ou par l’extérieur. Nous le savons, il y a autant de preuves que Dieu existe ou qu’il n’existe pas. Les astrophysiciens les cherchent dans l’immensité céleste qui semble reculer au fur et à mesure de leur progression ! Et apparaissent dans leurs télescopes géants, toujours plus de nouvelles galaxies. L’inaccessible étoile est toujours en vue ….

La boussole de la raison

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 Pour notre humble part, c’est donc avec une frustration et une interrogation que nous avons progressivement pris place dans le monde des terriens ordinaires qui est aussi celui de… l’invisible : Ce qui s’est traduit par retrait de nos chaussures de la cheminée puis prolongé par le mystère au sujet d’un éventuel Etre Suprême, au-dessus de nos têtes. Adultes devenus, surprise et contrainte à la fois, une apparition a surgi devant nos yeux, sous forme d’une réalité de la vie : le choix permanent à faire en toute chose, selon nos convictions, apprises ou acquises. Constat de ce cheminement, le besoin d’un indispensable accessoire mental : la boussole de la raison. Elle est, plus que jamais, notre meilleur guide dans le quotidien actuel de nos incertitudes !

« Dis-moi quel est ton conte de fée préféré, et je te dirai qui tu es !», assure le psychologue Bruno Bettelheim. Cette affirmation d’un « professionnel de l’âme » tendrait à accréditer l’idée que nous gardons, blottie au fond de nous-mêmes « quelque chose de juvénile », si ce n’est cet enfant qui veut garder le « désir de croire », même à l’incroyable . Un enfant qui se demande donc (inconsciemment ?) ce qu’il fait dans la peau d’un adulte !

Les sciences de l’homme, de l’anthropologie à la psychanalyse, nous disent, chacune dans leur langage que, en fait, nous demeurons toute notre vie de « grands enfants ». Puissions-nous continuer à vivre le monde, le regard illuminé par les étincelles du « merveilleux » de ce paradis lointain ! « L’enfance est un lieu auquel on ne retourne pas mais qu’en réalité on ne quitte jamais. » (Rosa Montero, romancière, journaliste) Il est certain qu’il convient d’en garder cet attribut qui en faisait les délices : la curiosité. C’est le plaisir de la recherche – autrement dit de l’attente fébrile, de l’obstination méticuleuse, de la supposition, du rêve… – davantage que la découverte, en soi ici « terminus de l’imaginaire « – qui en fait « le sel » ! Ainsi le mystère du monstre du Loch Ness, de l’yéti, l’abominable homme des neiges au Tibet, des soucoupes volantes et des extra-terrestres, entre autres énigmes, n’existe pas pour être résolu mais…entretenu. La science, le journalisme spécialisé, les arts divinatoires, les religions s’efforcent, très sérieusement pour certains, avec des théories « fumeuses » pour d’autres, d’apporter des réponses. La franc-maçonnerie, elle, apporte des questions. C’est bien l’un de ses intérêts !

De la vérité à la véracité

Enquête de vérité
Enquête de vérité

C’est notre caractéristique humaine, nous sommes « taraudés » par un POURQUOI ? depuis que l’évolution a créé l’espèce animale et nous a donné cette intelligence de témoins de l’univers. Derniers arrivés du « Vivant », après, notamment, les règnes minéral et végétal, nous voulons tout savoir : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Au philosophe Emmanuel Kant d’ajouter : « Que puis-je connaître ? », « Que dois-je faire ? », « Que m’est-il permis d’espérer ? » Autrement dit « Quel est le sens de ma vie ? de la vie ?

La lucidité nous fait répondre que la vie n’a aucun sens. La responsabilité, elle, nous invite à contrôler notre parole puisque nous en sommes dotés. De la sorte si la Vérité (majusculée !) de l’Univers et la « clé du vivant » ne sont pas (encore ?) à notre portée, le « dire vrai », l’exactitude du propos – tels que nous voyons, faisons, et interprétons nos actes – nous incombe. Notre crédibilité parmi nos semblables est à ce prix. Conter, raconter, oui, mais pas n’importe quoi et par négation, notamment ce qui peut nuire à autrui et le blesser, voire le tuer ! Les mots sont des caresses ou des projectiles ! D’où, ce « devoir de vérité » précité que je préfère finalement nommer par honnêteté et modestie « devoir de véracité ». Le verbe fait ce qu’il peut pour décrire les faits, mais n’en ait que l’ombre, si je puis dire : l’important est qu’il soit au moins sincère, de bonne foi, après vérification de son application pratique !

L’Homme ne s’est pas créé lui-même. Il est la solution mais pas le problème. D’où son invention de cet outil vital, la fiction, sous toutes ses formes, – de Dieu à notre calendrier, de notre identité à notre généalogie supposée – de nos fêtes et anniversaires – pour nous singulariser et nous situer dans ces inconnus que sont encore l’espace et le temps. Même expliqués par Einstein, physicien à la fois génial, clairvoyant et espiègle. Nous avons besoin de pain, d’un passé et d’une raison d’être. De sens, précisément.

Par nos désirs, par nos réalisations, par nos rencontres – autant d’aventures humaines et souvent d’étonnants parcours individuels – nous sommes toutes et tous des « romans vivants » ! Pour exister mieux que vivre !

SOURCE : https://450.fm/2024/03/26/de-la-legende-au-devoir-de-veracite/

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Le destin des Celtes : histoire et déclin 3 mars, 2026

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Le destin des Celtes : histoire et déclin

Pendant sept siècles, ce peuple mystérieux a régné sur de vastes étendues de l’Europe, avant d’être vaincu par les Romains. Qui étaient les Celtes ? Et pour quelles raisons leur remarquable culture a-t-elle périclité ?

De Siebo Heinken, National Geographic
Photographies de Illustrations Samson Goetze
Alésia. Assiégés par les Romains, les Celtes, retranchés, combattirent pied à pied. Mais ils finirent par perdre ...

Alésia. Assiégés par les Romains, les Celtes, retranchés, combattirent pied à pied. Mais ils finirent par perdre leur dernière grande bataille, dans l’actuelle Bourgogne, en 52 av. J.-C.

PHOTOGRAPHIE DE Samson Goetze

Cet article a initialement paru dans le magazine Histoire et Civilisations. S’abonner au magazine

 

Les morts gisaient, décapités. Les chevaux, les bovins et les moutons avaient été sacrifiés. Les habitants avaient empilé les cadavres dans des fosses ou les y avaient déposés au cours de cérémonies rituelles.

La colline du Mormont, en Suisse, connut réellement des scènes aussi effroyables, selon les archéologues Gilbert Kaenel et Lionel Pernet, dans ce qui semble avoir été un camp de réfugiés celtes situé au-dessus du lac Léman. Gilbert Kaenel, encore récemment directeur du Musée archéologique du canton de Vaud, a dirigé les travaux de préservation et de restauration des fosses du Mormont. Lionel Pernet a pris sa suite.

Les archéologues ont entrepris de fouiller la colline en 2006, en préalable à l’ouverture d’une carrière d’exploitation de calcaire. Ils ont alors découvert 250 fosses. Elles recelaient d’innombrables vestiges de récipients à boire en céramique et en bronze, ainsi que des outils de forgeron et six haches de menuisier, sans compter plus de 150 meules qui n’avaient pas beaucoup, voire jamais servi. Mais il y avait très peu  de traces d’armes. En revanche, des ossements ont été mis au jour, dont ceux de chevaux particulièrement précieux, importés d’Italie et symboles de prestige chez les Celtes. Mais d’autres ossements appartenaient à des humains.

Une cinquantaine de personnes ont été découvertes, allongées comme dans une tombe ou inhumées en position assise. Plusieurs crânes étaient privés de leur mâchoire inférieure, souvent retirée par les Celtes dans un cadre rituel.

Kaenel et Pernet ont cru avoir découvert un lieu de culte sur le Mormont, avant d’être pris de doutes. En effet, les sites sacrés se caractérisent par une certaine permanence. Or, d’après ce qu’ils en savaient, l’endroit ne resta peuplé que durant quelques mois. Et ce n’était pas une colonie, ne fût-ce que parce que la géologie de cette montagne calcaire ne se prête pas à la constitution de réserves d’eau. Il fallait donc l’apporter péniblement sur place. Mais pour quelle raison ces gens avaient-ils tué des animaux de valeur ? Pourquoi avaient-ils abandonné là des outils et des meules ?

Sacrifice sur le Mormont. Un demi-siècle avant la bataille d'Alésia, les Celtes sacrifièrent des animaux, mais ...

Sacrifice sur le Mormont. Un demi-siècle avant la bataille d’Alésia, les Celtes sacrifièrent des animaux, mais aussi des êtres humains, sur cette colline de l’ouest de la Suisse. Leur détresse était grande et ils imploraient leurs dieux de les secourir, supposent les archéologues qui fouillent le site. En effet, vers 100 av. J.-C., les Romains élargirent leur zone d’influence; surtout, des Germains écumaient la région en se livrant au pillage. Le Mormont était-il un camp de réfugiés celtes ?

PHOTOGRAPHIE DE Samson Goetze

« Tous ces objets étaient pourtant d’une utilité vitale, remarque Gilbert Kaenel. Ils ne s’en seraient pas débarrassés sans raison. »

Voici ce que suppose l’archéologue : aux abois, les Celtes se réfugièrent sur le Mormont – tous, peut-être, à l’exception des hommes aptes au combat. Dans leur désespoir, ils sacrifièrent même leurs biens les plus chers, allant jusqu’à immoler des humains pour implorer le secours des dieux. En ce temps-là, en effet, vers la fin du IIe siècle av. J.-C., des changements se profilaient en Europe centrale. Des bandes de Cimbres et de Teutons, des peuplades germaniques, écumaient le territoire celte du sud de l’Allemagne et de la Suisse actuelles. Rome elle-même dut se défendre contre ces intrus – et en profita pour élargir sa propre aire de domination.

« Ce fut une époque dramatique, un véritable tournant, affirme Gilbert Kaenel. Elle marque le début du déclin des Celtes. »

Cette nouvelle civilisation avait émergé en Europe sept siècles plus tôt, lorsque le fer avait remplacé le bronze au premier rang des métaux employés pour la fabrication d’armes et d’outillage.

Sur un territoire allant de la Bohême à la Bourgogne, en passant par le sud de l’Allemagne, les hommes adoptèrent un mode de vie similaire. Ils bâtirent des tumulus, élaborèrent des rituels comparables, créèrent un art figuratif marqué par des représentations d’animaux et d’humains, et adoptèrent l’usage d’agrafes typiques pour fermer leurs vêtements. Ils furent également à l’origine d’une révolution technologique, avec l’invention d’outils tels que le tour de potier à rotation rapide et la meule à bras.

Les Celtes vivaient en groupes tribaux distincts. Qu’ils se soient considérés comme une communauté et aient développé un sentiment collectif est peu probable. Historiens et archéologues conviennent qu’ils ne créèrent jamais d’empire cohérent. Nombre de chercheurs vont jusqu’à remettre en cause l’existence même d’une entité que l’on pourrait appeler « les Celtes ».

Beaucoup préfèrent parler de culture de l’âge du fer – aussi appelée cultures de Hallstatt et de La Tène. Mais la plupart acceptent le terme «Celtes », ne serait-ce que comme nom collectif d’usage désignant un peuple qui s’étendit, d’un côté, jusqu’à la Turquie, et, de l’autre, jusqu’à l’Espagne, et atteignit même les îles Britanniques.

La capitale des Éduens, en Bourgogne, faisait partie des quelque 150 oppidums fortifiés par les Celtes. ...

La capitale des Éduens, en Bourgogne, faisait partie des quelque 150 oppidums fortifiés par les Celtes. Il y vénéraient leurs dieux et commerçaient. Les artisans fabriquaient des bijoux et frappaient monnaie. Vers la fin de leur époque, les Celtes avaient atteint un niveau de civilisation avancé. 

PHOTOGRAPHIE DE Berthold Steinhilber, Laif

Les Celtes se livraient au commerce à longue distance. Ils assimilèrent les connaissances et le mode de vie des civilisations d’Europe du Sud, et importaient du vin. Ils étaient également de remarquables bâtisseurs, à qui l’on doit les premières villes au nord des Alpes. Pourtant, ce peuple est le seul de toute l’Europe centrale antique qui ne laissa pas de nation.

Les Celtes ne disposaient pas de langue écrite. Les chercheurs doivent donc s’appuyer sur les récits –souvent politiquement motivés et partiaux – de leurs contemporains grecs et romains, tels que l’historien Hérodote et le général Jules César. Mais leurs principales sources d’information sont les fouilles archéologiques, comme celles entreprises par Dirk Krausse.

Cet archéologue du land de Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest de l’Allemagne, se tient sur le point le plus élevé de la Heuneburg, à mi-chemin entre le lac de Constance et Ulm. Il parcourt du regard un système de puissantes fortifications et de fossés, édifié là par les Celtes voilà 2500 ans. Le dispositif devait assurer la protection de leur bourgade, construite sur un plateau incliné, juste au niveau d’un gué sur le Danube.

La Heuneburg fut fondée vers 620 av. J.-C., au début de l’époque celte. Elle était bâtie sur le  cours supérieur du fleuve, à son point de rencontre avec une ancienne route marchande qui conduisait à la rivière Neckar et, plus loin, jusqu’au Rhin. La Heuneburg devint une plaque tournante du commerce avec des pays lointains, via les cols alpins menant à l’Italie.

Ce fut également par ce point de passage que les marchandises et les idées arrivèrent dans le Nord –à l’instar des connaissances techniques nécessaires pour édifier l’enceinte en briques d’argile de la cité. On n’avait jamais vu cela en Europe centrale, pas plus que dans une grande partie de l’Italie : un mur long de 750 m et haut de 4 m, crépi de blanc, équipé de tours, d’un chemin de ronde et de deux portes.

Krausse contemple l’éminence sur laquelle se dressent quelques bâtiments reconstitués. «Jusqu’à 3500 habitants ont pu vivre ici, estime-t-il. Rome n’était pas beaucoup plus grande, à l’époque, et la population d’Athènes ne dépassait sans doute pas 10000 personnes. » Il est convaincu que la Heuneburg, située dans le sud de l’Allemagne, n’est autre que la légendaire ville celte de Pyrène mentionnée par Hérodote.

Derrière le mur d’enceinte, les artisans fabriquaient de coûteuses céramiques. Ateliers, maisons et entrepôts se jouxtaient, en une forme précoce de vie urbaine. Toutes les découvertes archéologiques suggèrent une période de paix relative, malgré quelques mystérieux bouleversements. La citadelle fut rénovée et, 170 ans plus tard, subitement abandonnée par ses habitants. Peut-être les routes marchandes s’étaient-elles déplacées encore une fois, faisant perdre de leur importance à la ville des Celtes et à ses établissements extérieurs.

Vers 620 av. J.-C., les Celtes construisirent la Heuneburg, près du Danube, dans le sud de l’Allemagne. ...

Vers 620 av. J.-C., les Celtes construisirent la Heuneburg, près du Danube, dans le sud de l’Allemagne. Son architecture, en particulier le mur en briques d’argile blanche (ci-dessus), était alors inconnue hors de la région méditerranéenne. Un artisan en importa-t-il le plan ?

PHOTOGRAPHIE DE Berthold Steinhilber, Laif

Un site illustre la position qu’elle occupa, et fascine particulièrement Krausse et son équipe. L’archéologue se retourne pour désigner deux tumulus couverts d’herbe, à proximité de la Heuneburg : «Ceux qui franchissaient jadis la porte principale et portaient le regard entre ces tumulus apercevaient au loin un éperon rocheux blanc étincelant. C’est l’Alte Burg. Une voie de communication directe le reliait à la Heuneburg.»

L’aménagement réalisé par les Celtes il y a 2500 ans sur l’Alte Burg («Vieux Château»), situé sur un escarpement du Jura souabe, est à peine croyable. Avec des moyens techniques rudimentaires, ils défrichèrent et nivelèrent cette éminence allongée sur 340 m de longueur et 60 m de largeur. Puis ils protégèrent cet espace avec plus d’une centaine de bastions. Sur les deux longueurs, ils construisirent deux terrasses, et creusèrent un fossé à leur pied. Le blanc éclatant de l’éperon rocheux calcaire se détachait sur le paysage environnant–un signe de domination et de pouvoir visible de loin. Sur l’un des côtés du plateau que la forêt a reconquis depuis longtemps, une fosse profonde de 5 m a été dégagée voilà plus d’un siècle. Les restes de six individus y ont été découverts, mais ont disparu depuis. En reprenant des fouilles sur place, au milieu des années 2000, les archéologues ont exhumé d’autres ossements.

Les chercheurs s’interrogent sur la fonction possible du site. L’Alte Burg était-il un lieu de culte ? Krausse avance une hypothèse hardie. Il pense que les habitants de la Heuneburg ont emprunté à l’Italie non seulement la technique de construction de leur enceinte, mais aussi les spectacles de courses de chars.

L’Alte Burg était-il un équivalent celte du cirque Maxime de Rome et utilisé, en outre, pour certaines cérémonies rituelles, dont des sacrifices humains? Y organisait-on des compétitions pour rapprocher les Celtes de la région et cimenter une identité commune ? Si Dirk Krausse l’envisage, il ajoute avec prudence : « Nous ne savons pas grand-chose du monde intellectuel et spirituel de ces individus. Beaucoup d’éléments restent obscurs. »

À l’époque de l’édification de la Heuneburg, un autre site celte avait déjà pris de l’importance: le Glauberg, un plateau qui s’élève dans un paysage ondulé, juste au nord de l’actuelle Francfort. Par-delà la baie vitrée du musée local s’étend le paysage légèrement vallonné de la Vettéravie, avec des bosquets et de petites forêts. « Sans doute la forêt y était-elle déjà clairsemée, selon Axel Posluschny, qui  dirige les recherches sur le Glauberg. Il y avait deux ou trois fermes de quatre ou cinq bâtiments, ici et là des villages un peu plus gros. Ces établissements étaient séparés par des terres fertiles, où l’on cultivait l’orge, l’engrain, l’épeautre et les lentilles. »

La polyculture réduisait sans doute le risque de perdre toute une récolte. Et l’analyse des os retrouvés là a établi qu’ils étaient ceux de porcs, de chèvres et de poules.

Trois êtres humains avaient été inhumés au pied du Glauberg. Au cours des dernières décennies, les fouilles des tombes ont livré des restes de squelettes et des accessoires d’une richesse toute particulière : épées, pointes de lances, bracelets et colliers en or, un bouclier et deux pichets contenant encore des restes d’hydromel.

Dans plusieurs de leurs rites comme dans leur art, les Celtes s’inspirèrent de leurs voisins du ...

Dans plusieurs de leurs rites comme dans leur art, les Celtes s’inspirèrent de leurs voisins du sud des Alpes – les Étrusques aussi bien que les Grecs. À quelques kilomètres de la Heuneburg, ils nivelèrent un éperon rocheux. En plus de ses fonctions rituelles, ce plateau accueillait des courses de chars. C’est, du moins, ce que les archéologues supposent.

PHOTOGRAPHIE DE Samson Goetze

Au pied du plateau, les chercheurs ont également découvert une statue en grès, haute de près de 2 m et coiffée d’une couronne de gui. Unique en son genre, la statue est devenue le symbole du site. Il lui manque les pieds, comme si elle avait été abattue de son piédestal.Mais les archéologues du Glauberg sont encore plus intrigués par un gigantesque fossé d’enceinte et par le « chemin de procession». Celui-ci est aligné avec précision sur l’azimut le plus au sud du lever de lune. Or cette situation astronomique ne se produit que tous les 18,6 ans. Qu’est-ce que tout cela signifie ? «Murailles et fossés sont pure frime, affirme Axel Posluschny. Il n’empêche, le savoir est toujours une source de pouvoir, et cette installation est un symbole de ce pouvoir. Elle nous montre aussi que les Celtes avaient déjà de remarquables connaissances scientifiques et effectuaient des observations des phénomènes naturels sur le long terme. »

Ces observations étaient sans doute la tâche des druides, une caste particulière. On sait toutefois beaucoup moins de choses sur eux que ne leur en attribuent leurs fans d’aujourd’hui. Des chroniqueurs grecs, comme le philosophe Posidonios, ont décrit ces hommes mystérieux, et César a donné les noms des dieux avec lesquels ils cherchaient à entrer en contact: Mercure, Minerve ou Mars. Nous ne possédons cependant aucune information sur les druides émanant des Celtes eux-mêmes.

Les druides ne transmettaient leur savoir que sous forme orale. Nous ne disposons d’aucune note écrite. L’archéologie elle-même ne fournit aucun témoignage de l’existence de ces guides spirituels. Nulle sépulture n’atteste leur réalité. Les sanctuaires et les lieux de sacrifices laissent toutefois penser qu’un clergé organisé existait.

« Les druides étaient indéniablement les érudits de leurs temps, décrit l’archéologue Susanne Sievers, spécialiste des Celtes. Ils s’intéressaient à l’astronomie aussi bien qu’à la politique et à l’économie. Ils servaient de conseillers aux dirigeants. » Aussi peut-être étaient-ils impliqués dans les projets de construction. Et peut-être furent-ils consultés sur la création et l’orientation du chemin de procession du Glauberg.

S’ils étaient très écoutés pour toutes les questions qui avaient trait à la paix et à la guerre, ils le furent aussi probablement au moment de la marche sur Rome, un événement dont les conséquences allaient être dramatiques, pour les Celtes comme pour les Romains.

Des guerriers celtes avaient déjà combattu comme mercenaires dans d’autres armées, et même dans les rangs romains. Les marchands racontaient des récits sur le luxe méridional. Attirés par la perspective d’une vie meilleure, et sans doute poussés par de mauvaises récoltes dues à des conditions climatiques défavorables, plusieurs dizaines de milliers de Celtes se rassemblèrent vers l’an 400 av. J.-C. et franchirent les Alpes en direction du Sud.

En juillet de l’an 387 av. J.-C., ils atteignirent Rome. Là, ils trouvèrent les rues et les places désertes. Des milliers d’habitants avaient fui. Il ne restait dans les maisons que des vieillards, des femmes et des enfants. Les Celtes investirent le Forum, avant de piller et de massacrer.

Les Romains ne s’avouèrent cependant pas vaincus. Au terme de longs combats, les intrus furent chassés. Mais l’humiliation d’avoir été menacés sur leur propre sol resta gravée dans l’esprit des Romains. Elle marqua l’attitude des Romains à l’égard des Celtes jusqu’à la défaite ultime de ces derniers, 330 ans plus tard.

Entre-temps, les plus importants centres économiques des Celtes prospérèrent au pied des Alpes orientales. En effet, cette région recelait du sel. Dans la haute vallée de Hallstatt et à proximité de Dürrnberg, on en trouve relativement près de la surface du sol. Le sel est un produit essentiel pour les hommes comme pour le bétail. Il servait à relever les plats, à conserver la viande et à tanner le cuir. Or Dürrnberg se trouve à proximité de la Salzach, une rivière navigable, qui permettait de transporter l’« or blanc » jusqu’à ses débouchés.

Le sel a toujours été une ressource. Du temps des Celtes, on l’extrayait à Hallstatt et ...

Le sel a toujours été une ressource. Du temps des Celtes, on l’extrayait à Hallstatt et à Dürrnberg, près de l’actuelle ville de Salzbourg. Les mineurs adultes détachaient à la pioche les morceaux de sel que les enfants remontaient à la surface. La précieuse marchandise était transportée sur la Salzach, pour parvenir, entre autres destinations, à l’oppidum de Manching, près d’Ingolstadt.

PHOTOGRAPHIE DE Samson Goetze

Tendant le bras tantôt à gauche, tantôt à droite, Holger Wendling, directeur de recherches au Keltenmuseum (musée des Celtes) de Hallein, près de Salzbourg, en Autriche, conduit sur une départementale qui traverse cette région de moyenne montagne fragmentée. Il connaît parfaitement les sites où les gens vivaient dans des petites agglomérations et des fermes.

Le Dürrnberg fait l’objet de recherches depuis des décennies. On estime qu’un millier d’individus étaient établis alentour, vivant de l’extraction du sel, ou bien comme menuisiers, tanneurs et marchands. Important centre du commerce du sel, Dürrnberg fournissait une grande partie de l’Europe centrale. C’était «une sorte de zone économique spéciale pour l’exploitation minière et d’autres industries », explique Wendling.

L’extraction du sel était coûteuse et exigeait un important investissement, ce qui présupposait l’existence d’une classe dirigeante prospère. Il fallait d’abord repérer les veines de sel gemme. On creusait ensuite dans la roche des galeries longues de 200 à 300 m, étayées avec des troncs d’arbres. On devait assurer leur ventilation et alimenter les mineurs. Il faisait chaud et les torches ne fournissaient qu’une faible lumière. Le sel était détaché à l’aide de pioches ordinaires, et l’on peut supposer que femmes et enfants étaient chargés de transporter les lourds blocs de sel à l’air libre. Un travail très pénible.

Le sel ne permit pas seulement la conservation de la viande ; il a également préservé des objets que les Celtes laissèrent derrière eux. Les archéologues ont retrouvé dans la montagne des chaussures en cuir en bon état, avec leurs lacets, ainsi que des excréments humains. L’analyse de ces derniers a révélé que les mineurs se nourrissaient de légumineuses et de céréales, et qu’ils étaient nombreux à souffrir de parasitoses telles que des nématodoses et des douves du foie. Ce qui n’en empêcha pas certains de vivre jusqu’à 80 ans. En 1573, des mineurs qui travaillaient dans les galeries y avaient déjà découvert deux cadavres bien conservés.

On peut penser que les marchands de sel de Dürrnberg fournissaient aussi Manching, alors la plus grande ville au nord des Alpes. C’est aussi l’un des exemples les plus connus d’oppidum –nom donné par les archéologues aux grandes cités fortifiées des IIe et Ier siècles av. J.-C., où les Celtes associaient vie profane et spirituelle, habitations, commerces et sanctuaires.

Susanne Sievers travaille depuis plus de trente ans à l’Institut archéologique allemand de Manching, près d’Ingolstadt, et elle a reconstitué la vie qu’on y menait. Une fois franchi le mur d’enceinte édifié vers 125 av. J.-C., on découvrait une agglomération avec des caractéristiques plus ou moins rurales. Les habitants avaient cependant établi un système complexe reposant sur une hiérarchie et sur la division des tâches. Ils frappaient monnaie et se livraient au commerce à longue distance, y compris avec les Romains; ils utilisaient l’écriture latine et maîtrisaient le travail du métal et du verre. La cité a pu abriter jusqu’à 10000 habitants, organisés en petites unités qui occupaient chacune une surface de 100 m sur 100 m.

« Les Celtes étaient au seuil d’une civilisation avancée », estime Susanne Sievers. Mais c’est alors que leur destinée bascula.

À peu près à l’époque où le groupe celte chercha refuge sur le Mormont, les habitants de Manching renforcèrent la porte est de la ville, qui en était l’accès principal. Ils attendaient peut-être des ennemis venus du Nord : les Cimbres et les Teutons (qui avaient eux-mêmes quitté le Jylland, dans l’actuel Danemark, sans doute après une série de mauvaises récoltes), ou bien d’autres groupes de Celtes.

Une longue phase de déclin s’amorça peu après. Les recherches archéologiques tendent à montrer que l’importation d’amphores diminua à Manching, et qu’on y fabriqua moins de céramiques avec du graphite originaire d’autres contrées. Peut-être les routes marchandes n’étaient-elles plus sûres.

En ce temps-là, la crise frappa également les habitants de Dürrnberg. Ne pouvaient-ils plus transporter leur sel en toute sécurité ? Avaient-ils perdu leurs débouchés ?

La croix celte (ici, dans le comté anglais du Kent) est un motif de l’art sacré ...

La croix celte (ici, dans le comté anglais du Kent) est un motif de l’art sacré médiéval. On la trouve dans les îles Britanniques, où de nombreuses personnes parlent encore le gaélique, héritage de la civilisation européenne ancienne.

PHOTOGRAPHIE DE Berthold Steinhilber, Laif

Et voilà que, vers 50 av. J.-C., la porte est de Manching brûla. Elle ne fut pas reconstruite. Plus inquiétant encore, les habitants ne prirent même pas la peine de déblayer les débris.

C’était le temps de la guerre des Gaules – nom que Jules César donna à cette campagne contre les Celtes dans le plus connu de ses écrits.

En 58 av. J.-C., il avait engagé la lutte contre les ennemis du Nord. Son objectif était d’imposer la domination romaine sur toute la Gaule, et d’accroître la gloire et l’honneur de Rome, tout en assurant son avenir politique personnel. La honte, le traumatisme même, de la défaite de Rome, trois siècles auparavant, étaient encore présents dans toutes les mémoires.

Pour les Celtes, c’était leur avenir qui se jouait. Pourraient-ils continuer à vivre libres ? Ou leur territoire deviendrait-il une nouvelle province romaine, comme la Tunisie et la Libye actuelles, en Afrique, la Turquie occidentale, en Asie, ou l’Hispanie (péninsule Ibérique) ?

À l’été 52 av. J. – C., une bataille décisive se déroula à Alésia, en Bourgogne. Vercingétorix, le chef des Celtes, s’y était retranché avec des dizaines de milliers de guerriers. César et ses soldats édifièrent un puissant dispositif de siège, composé de constructions en bois et de fossés.

Dans cette situation désespérée, Vercingétorix parvint enfin à souder des groupes celtes isolés et rivaux. Une force armée de 20000 hommes environ, venus de toute la Gaule, se précipita à son secours. La bataille fit rage, mais les Celtes furent finalement obligés de reconnaître leur défaite face à des troupes romaines tactiquement supérieures et mieux entraînées.

César rendit compte de la défaite celte en quatre mots prégnants : « Vercingetorix deditur, arma proiciuntur [Vercingétorix est livré, les armes sont jetées]. » Toutefois, l’infériorité des Celtes face aux Romains n’était pas seulement d’ordre militaire.

Avant le début du Ier siècle av. J.-C., les Romains avaient établi des provinces dans le sud de la France, renforçant les liens économiques avec certaines régions de Gaule. Le commerce du vin et de plusieurs autres produits avait connu un grand essor. Ces échanges profitèrent aux négociants romains, mais aussi aux Celtes.

Ce ne fut cependant pas le cas partout. C’est ce qu’a constaté l’archéologue Sabine Hornung, professeure à l’université de la Sarre, lors de ses recherches. Ainsi la citadelle d’Otzenhausen, dans l’ouest de l’Allemagne, jusqu’alors modeste colonie de peuplement, prit un important essor vers l’an 100 av. J.-C. Un demi-siècle plus tard, elle connut un déclin soudain, et fut peut-être même entièrement désertée par ses habitants.

Sabine Hornung n’exclut pas que les Romains les aient affamés, à moins que cette agglomération, située dans l’est du territoire des Trévires celtes, fût restée à l’écart de l’évolution en raison de sa position géographique excentrée.

À la fin de l’époque celte, les fluctuations économiques entraînèrent une plus grande mobilité générale. Des populations périphériques vinrent s’installer dans les nouveaux centres, comme les ruraux d’aujourd’hui sont attirés par les métropoles. Des régions entières furent abandonnées – peut-être pas en raison d’épidémies qui auraient décimé les populations, comme l’ont suggéré certains chercheurs, mais parce que les habitants avaient perdu leurs moyens de subsistance.

Pendant que les artisans travaillent devant leurs maisons, des enfants et des charrettes convoient les lourds ...

Pendant que les artisans travaillent devant leurs maisons, des enfants et des charrettes convoient les lourds blocs de sel depuis la mine, et deux hommes en marchandent le prix. Les Celtes avaient l’habitude de pratiquer le négoce de leurs articles sur de longues distances. Ils importaient même au nord des produits issus d’Europe du Sud : des céramiques étrusques et grecques, et du vin des provinces romaines de France.

PHOTOGRAPHIE DE Samson Goetze

La guerre des Gaules s’acheva par la défaite militaire des Celtes. Les transformations économiques contribuèrent à intégrer ceux-ci dans la vie romaine, et les Romains n’eurent pas grande difficulté à se les concilier. Les élites furent les principales bénéficiaires des temps nouveaux. « Pourquoi auraient-elles été hostiles aux nouveaux maîtres ? », demande Sabine Hornung. Et l’attitude des classes aisées influença sans nul doute celle du commun des mortels.

Aussi les archéologues pensent-ils que la transition vers la civilisation gallo-romaine et, enfin, l’extinction quasi complète du mode de vie celte, se déroulèrent plutôt en douceur. Les Romains manœuvrèrent intelligemment.

« Ils permirent à de nombreuses villes de garder leur autonomie administrative. Ils laissèrent aussi aux Celtes leurs sanctuaires et autorisèrent leurs chefs de tribus à continuer à siéger, tout en gardant le dernier mot, décrit Günther Moosbauer, archéologue spécialiste des Romains. Ils créèrent aussi des forums où l’on pouvait acheter des marchandises romaines, comme des étoffes, des lampes et du vin, persuadant ainsi les Celtes des avantages du mode de vie romain.»

Comment vivaient les Celtes ? Quelles furent leurs réalisations ? Comment disparurent-ils ? Grâce à leurs découvertes, les chercheurs ont pu se forger une idée relativement précise de cette civilisation antique. De nombreuses questions demeurent cependant en suspens, et certaines hypothèses attendent d’être confirmées.

Par exemple, on ignore encore si l’Alte Burg fut réellement un cirque celte précoce et si, en Suisse, le Mormont fut bien un camp de réfugiés. Là où, il y a quelques années, les archéologues dégageaient encore du sol des ossements et des céramiques, de grosses excavatrices éventrent aujourd’hui la montagne calcaire du site.

De retour du sommet du Mormont, Gilbert Kaenel emprunte une étroite route qui en longe le versant postérieur. Les monts du Jura se dressent sous les rayons du soleil. Les fleurs de pissenlit émaillent les prés ; çà et là surgit une petite forêt. Une atmosphère paisible. L’archéologue parcourt le paysage du regard tandis qu’un sourire espiègle éclaire son visage : « Qui sait ce qu’il y a encore à découvrir ici ? »

SOURCE  :  https://www.nationalgeographic.fr/les-tetes-dife-chefs-doeuvre-de-lart-nigerian?utm_source=Facebook&utm_medium=Social&utm_campaign=JARVIS_ENGAGEMENT&fbclid=IwAR2ULOwHTWOyyzj-TzjBzeRpgpJslxnlIAT2mXaykKuBv7W-V7_rvCTBZqk

 

La Gnose Universelle 17 février, 2026

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

La Gnose Universelle

Publié par Yann Leray sur 21 Octobre 2024

Gnose, Foi, Amour, Universelle; Mystique
Une Quête de Connaissance Transcendantale

La Gnose, du grec ancien γνῶσις (gnôsis) signifiant « connaissance », est un terme employé pour désigner un courant de pensée ésotérique axé sur la recherche intime et directe de la vérité ultime, souvent associé à la révélation divine. Cette quête de connaissance s’est manifestée sous différentes formes à travers les âges et les cultures, évoluant de la Gnose Traditionnelle vers ce que ce que l’on peut appeler la Gnose Universelle.

La Gnose Traditionnelle

Les origines de la Gnose Traditionnelle plongent profondément dans les strates de l’histoire ancienne, s’enracinant dans des traditions spirituelles variées, allant du christianisme primitif au judaïsme, en passant par le zoroastrisme et les divers courants des philosophies hellénistiques. Ces influences multiculturelles et trans-temporelles ont contribué à façonner une doctrine complexe centrée autour de la connaissance suprême, ou gnose, visant une compréhension et une connexion directe avec le divin.

Croyances fondamentales de la Gnose Traditionnelle

Au cœur de la Gnose Traditionnelle se trouve la dualité entre le spirituel et le matériel. Les gnostiques percevaient l’univers matériel non pas simplement comme imparfait, mais souvent comme le produit d’une démiurgie, une entité inférieure ayant créé le monde physique pour y emprisonner l’âme humaine. Cette vision du monde est radicalement différente de celle de nombreuses religions dominantes qui voient dans la création une expression divine positive. Pour les gnostiques, la véritable divinité est transcendante, et la réalité matérielle est une illusion ou un obstacle à surmonter.

Cette cosmologie est intrinsèquement liée à une anthropologie particulière. L’homme, selon la Gnose, contient une étincelle divine, souvent appelée pneuma (esprit), ensevelie sous les couches de l’hylique (matière) et du psychique (âme). La prise de conscience de cette étincelle et sa libération par la connaissance de soi et la connaissance divine constituent l’essence de la quête gnostique.

Pratiques de la Gnose Traditionnelle

Les pratiques gnostiques visent à éveiller cette étincelle divine et à libérer de ses enveloppes matérielles. Cela se fait à travers divers rituels et exercices spirituels conçus pour transcender le monde physique et percevoir la vérité cachée de l’existence. Les rituels mystiques sont souvent complexes, incorporant des éléments tels que des symboles, des chants et des formulations particulières pour faciliter le voyage spirituel du pratiquant.

La méditation occupe également une place prépondérante dans la pratique gnostique. À travers la méditation, les adeptes cherchent à quitter les préoccupations du monde matériel et à entrer en communion avec le divin. Ces séances peuvent être guidées par des textes sacrés, évoqués comme des révélations directes d’êtres supérieurs ou de maîtres éclairés. Ces écrits, souvent ésotériques et symboliques, servent de guides pour les méditations et sont étudiés en profondeur.

Les invocations et évocations sont une autre facette des pratiques gnostiques. Elles permettent aux pratiquants de communiquer directement avec les entités supérieures, demandant orientation, protection et éclairage. Ces entités peuvent être perçues comme des émanations de la divinité suprême ou comme des intermédiaires entre le monde spirituel et le monde matériel.

Objectif ultime

L’objectif ultime de la Gnose Traditionnelle est la gnose elle-même – une connaissance révélatrice qui libère l’âme de ses liens terrestres et lui permet de retourner à son origine divine. C’est un processus de salut intérieur qui exige une transformation profonde de la perception et de l’expérience de l’individu. Cette quête de libération n’est pas simplement une libération individuelle, mais elle aspire à une transformation cosmique, où chaque étincelle libérée contribue à la restauration d’un ordre divin plus authentique.

La Gnose Universelle

La Gnose Universelle représente une évolution significative dans la manière de concevoir la spiritualité, transcendant les frontières traditionnelles imposées par les religions organisées pour embrasser un spectre plus large de croyances et de pratiques à travers le globe. Cette approche universaliste se distingue par sa capacité à intégrer les enseignements de diverses traditions mystiques et philosophiques, voyant en elles non pas des contradictions, mais des expressions diversifiées d’une vérité ultime unique.

Transcendance des doctrines religieuses

Au cœur de la Gnose Universelle se trouve l’idée que la vérité spirituelle, ou la connaissance du divin, peut se manifester sous de nombreuses formes et à travers différentes pratiques spirituelles. Cette perspective suggère que chaque système de croyance, qu’il soit issu du bouddhisme, du christianisme, de l’islam soufi, de l’hindouisme, ou même de courants moins connus comme le chamanisme, détient une partie de la vérité universelle concernant la nature de la réalité et du divin.

La Gnose Universelle s’appuie sur cette diversité, proposant un cadre où les enseignements ésotériques de ces diverses traditions ne sont pas perçus comme contradictoires ou exclusifs, mais comme complémentaires. Chaque tradition est vue comme un chemin différent menant au même sommet, où les différences de doctrine sont des adaptations aux contextes culturels et historiques dans lesquels elles ont évolué. En ce sens, la Gnose Universelle est une réponse à la fragmentation spirituelle, cherchant à relier plutôt qu’à diviser sur la base des différences religieuses.

Intégration respectueuse des différentes voies

La Gnose Universelle ne cherche pas à remplacer les traditions existantes mais plutôt à les relier en reconnaissant leur valeur dynamique et leur potentiel à contribuer à une compréhension plus globale de la spiritualité. Cette approche est profondément inclusive, respectant la singularité de chaque tradition tout en mettant en lumière les thèmes universels et les vérités transcendantales qu’elles partagent.

Dans la pratique, cela signifie que les adeptes de la Gnose Universelle peuvent participer à des rituels chrétiens, méditer selon des techniques bouddhistes, pratiquer des chants dévotionnels hindous, ou explorer les pratiques spirituelles des cultures autochtones, tout cela dans un esprit de recherche sincère de la vérité divine. Ils peuvent également adopter des éléments de différentes pratiques pour créer un chemin spirituel qui soit résonnant et pertinent pour leurs expériences et leur contexte de vie.

Application pratique de la Gnose Universelle

Dans un monde de plus en plus globalisé, où les individus sont souvent exposés à une multitude de perspectives et d’influences culturelles, la Gnose Universelle offre un modèle de spiritualité adaptatif et réfléchi. Les adeptes sont encouragés à approfondir leur compréhension du divin en étudiant et en expérimentant une variété de pratiques spirituelles, tout en restant ancrés dans une quête de vérité qui est personnelle et en constante évolution. Bien que les pratiques puissent varier, les adeptes de la Gnose Universelle en Occident, par exemple, ont tendance souvent à utiliser des supports qui leur sont culturellement plus proches, tels que les cadres judéo-chrétiens et hermétiques, enrichissant ainsi leur parcours spirituel avec des éléments familiers tout en explorant d’autres traditions.

Cette approche peut également se manifester dans la création de nouveaux rituels, prières et méditations qui tiennent compte de la diversité contemporaine, intégrant des éléments de différentes traditions de manière respectueuse et harmonieuse. Cela permet non seulement une plus grande compréhension interculturelle et interreligieuse, mais aussi une spiritualité qui est dynamique, évolutive et profondément personnelle.

En somme, la Gnose Universelle est une invitation à explorer la richesse des traditions spirituelles de l’humanité avec un cœur ouvert et un esprit curieux, cherchant à découvrir non pas ce qui nous sépare, mais ce qui nous unit dans notre quête commune de la vérité ultime. En privilégiant des supports culturels proches tout en embrassant la diversité mondiale, les adeptes de la Gnose Universelle peuvent forger un chemin spirituel qui est à la fois personnel et universellement résonnant.

La quête de la Gnose Universelle : Une approche du divin par le cœur et l’âme

La quête de la Gnose Universelle émerge comme un pèlerinage intérieur, une odyssée de l’âme où l’intellect s’efface au profit du cœur et de l’esprit. Cette démarche mystique ne se contente pas de gratter la surface des textes sacrés ou des dogmes établis ; elle plonge dans les profondeurs vibrantes du vécu spirituel, là où les mots cessent d’être et où commence la véritable expérience du divin.

Au cœur de cette quête se trouve la recherche d’une connexion directe et profondément émotionnelle avec le divin, une union sacrée qui transcende la connaissance conceptuelle pour toucher l’essence même de l’existence. C’est une immersion dans le mystère insondable de l’infini, une étreinte de l’âme qui révèle non seulement la présence divine mais la réalité de cette présence en chaque particule de l’être.

La Gnose Universelle, dans son essence la plus pure, se défie de toute forme. Elle n’adopte pas de nom, ne se fixe pas dans des édifices de pierre ou des institutions rigides. Au contraire, elle existe librement dans les cœurs de ceux qui la vivent. Car toute définition est une limitation, et dans le domaine du spirituel, toute limitation peut devenir le piège de l’égo, même si elle est tissée des plus nobles intentions. Ainsi, cette voie reste volontairement sans forme, afin d’embrasser pleinement l’immensité de l’expérience mystique, sans la confiner ni la diminuer.

Dans la Gnose Universelle, le divin n’est pas un lointain souverain trônant au-delà des nuages, ni une abstraction froide à contempler. Il est l’Amant ultime, le cœur battant de toute vie, accessible à ceux qui cherchent avec sincérité et passion. La spiritualité devient ainsi moins une question de compréhension que d’expérience, moins un acte de pensée que de ressenti.

Les adeptes de cette voie ne sont pas de simples spectateurs de la divine comédie, mais des participants actifs, appelés à vivre leur divinité de manière intime et personnelle. Ils sont invités à entrer dans un dialogue amoureux avec le divin, un échange qui est aussi réel que le souffle des vents ou le murmure des rivières. Ce dialogue se manifeste à travers des pratiques qui éveillent l’esprit et purifient le cœur, comme la méditation profonde, la prière passionnée, et les rituels qui ouvrent des fenêtres vers l’éternel.

Ainsi, la Gnose Universelle propose un chemin spirituel où chaque pas est un acte de foi, chaque souffle une invocation, chaque instant une occasion de rencontre divine. C’est une voie jalonnée non seulement de lumières et d’extases, mais aussi de défis et de nuits sombres de l’âme, car c’est dans l’oscillation entre ces extrêmes que l’on peut trouver la véritable illumination.

En définitive, la Gnose Universelle n’est pas simplement une doctrine à étudier, mais un mystère à vivre. Elle est une invitation à s’engager dans une aventure spirituelle sans précédent, une exploration de la diversité des expressions humaines du sacré, tout en forgeant une relation personnelle et inébranlable avec le divin. Elle offre un cadre où la transformation spirituelle devient possible, non par le renoncement au monde, mais par une immersion plus profonde dans le cœur vibrant de l’univers.

L’Amour : Clé de la Gnose Universelle

Elle est la rosée matinale sur le fil de l’herbe, aussi éphémère que l’éternité peut l’être. Elle est le murmure du vent dans les arbres, un chant sans paroles qui raconte les mystères de l’existence. Elle n’est pas à chercher dans les livres sacrés ni à définir par les sages, car elle est l’expérience directe de l’Amour universel, ce lien indissoluble qui unité toute création.

Cette Gnose, vaste comme l’océan et intime comme un secret chuchoté, invite chaque âme à plonger dans ses profondeurs mystiques, à se laisser emporter par ses courants puissants. C’est une invitation à aimer sans limite, à s’élever au-delà des distinctions et des divisions, pour embrasser l’Unité fondamentale qui se révèle à tous.

Alors, que ce soit une invitation vibrante et ardente : que tous ceux qui entendent cet appel, tous ceux dont les cœurs aspirent à la Lumière divine, prennent part à cette danse cosmique. La Gnose Universelle ne demande ni allégeance ni adhésion, mais un éveil, une ouverture sans borne au divin qui nous entoure et nous pénètre.

Venez, car le banquet est prêt et la table est dressée avec les fruits de la connaissance et le nectar de l’éternité. Venez, car vous êtes les bien-aimés de l’Univers, les porteurs de Lumière dans un monde qui chérit l’obscurité. Venez, et laissez votre cœur s’illuminer avec le feu de l’Amour universel, cet Amour qui ne connaît ni début ni fin, cet Amour qui est la véritable essence de la Gnose Universelle.

Yann LERAY @ 2024

SOURCE : https://www.lesamisdhermes.com/2024/10/la-gnose-universelle.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

LA FRANC-MAÇONNERIE DANS LES ANNÉES QUI VIENNENT… 8 février, 2026

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

LA FRANC-MAÇONNERIE DANS LES ANNÉES QUI VIENNENT…

L’essence même de notre « art royal » est en devenir…qu’en sera-t-il ?

 

Gageons que cette magnifique planche nous aiguille…

Cette question peut être formulée différemment: Que va devenir la Franc-Maçonnerie? Vers où va-t-elle? ou bien devrait aller …

L’idée de cette réflexion est de donner une perspective de la Franc-Maçonnerie mais sans donner de date, car nous ne sommes pas dans un exercice de prédiction, ni d’anticipation. Il n’y a pas de danger immédiat, pas d’urgence non plus… Non, cet exercice est celui de partager un constat et voir dans quelle mesure la Franc-Maçonnerie peut toujours aider ses Frères dans leur quête d’idéal (… idéal maçonnique, cela va de soi !)

Introduction

Nous sommes d’accord que la Société évolue et que la Franc-Maçonnerie doit évoluer aussi.

Or, il y a un principe fondamental qui est que les Rituels, eux, ne doivent pas changer.

Les Rituels représentent non seulement les textes régisseurs de la pensée maçonnique dans les Loges, mais ils représentent les valeurs fondamentales et ils décrivent l’idéal maçonnique. Alors, nous pouvons concevoir des ajustements ici ou là, mais il est très important de conserver ces fondamentaux.

D’ailleurs, ces fondamentaux ont prouvé depuis au moins trois siècles qu’ils sont forts et ont traversé bon nombre de chocs dans les changements de la Société: choc de la Révolution Industrielle (XIXème), choc des guerres politiques et militaires (XXème), choc de libération des hommes et des femmes (70’s), etc.

D’une part la Franc-Maçonnerie doit évoluer. D’autre part, il ne faut pas changer. Comment faire ?

L’évolution est dans le « Comment pratiquer la Franc-Maçonnerie ».

LA FRANC-MAÇONNERIE DANS LES ANNÉES QUI VIENNENT… dans Recherches & Reflexions

Le constat

La Société se transforme. Les gens ne vivent plus comme avant. Sans porte de jugement négatif ou positif, car là n’est pas le propos de ce message, nous prenons les hypothèses suivantes:

La Société actuelle perd ses liens sociaux physiques. En effet on constate que la popularité et le succès des Réseaux Sociaux font que les gens passent des heures et des heures sur ces nouveaux modes de relations, plutôt que dans des lieux (géographique) avec des personnes autours d’eux. Le développement du télétravail diminue aussi les temps passés avec les autres, etc. etc. Or, nous pensons que l’Homme est un être social ayant besoin de ses paires.
Les gens sont de plus en plus individualiste. C’est une tendance lourde, et à ne pas confondre avec égoïste. On peut être individualiste et très généreux, ceci est hautement compatible. La Franc-Maçonnerie a un côté très individualiste avec son enseignement « Connais-toi toi-même » (Socrate).
La Société est en manque de spiritualité. Ceci est constaté dans les décades passées par une désertification des Églises et des Temples, et puis une reprise des recherches spirituels avec de forts mouvements comme le Bouddhisme (ceci n’est qu’un exemple) parmi beaucoup d’autres « écoles ». Autrefois ces « écoles » étaient peu nombreuses et donc mieux visibles. Aujourd’hui c’est beaucoup plus diffus. Néanmoins, la tendance est là.
La Société va de plus en plus vite. Un philosophe du milieu du XXème siècle, René Guénon, avait déjà montré que la valeur d’une heure au XIXème Siècle, était plus grande que au moment de son étude. Autrement dit, tout est beaucoup plus concentré et le temps passe plus vite. Le rapport au temps a changé et changera encore dans cette même direction.
Sur la base de ces constats, et avant d’aller sur la réflexion de l’évolution de la Franc-Maçonnerie, il faut bien considérer que la Franc-Maçonnerie va toujours rechercher les équilibres, et particulièrement l’équilibre de l’Homme (homme et femme).

L’évolution

Il est clair que la Franc-Maçonnerie doit s’adapter à cette nouvelle donne, tout en conservant son Idéal Maçonnique (écrit dans les Rituels). Et pour se faire, voici comment nous voyons la Franc-Maçonnerie dans l’avenir.

Ceci est indispensable dans une Société où il y a tant et tant d’information, d’écoles en tout genre. L’Idéal Maçonnique est simple et noble: être bien, faire le bien, vivre avec les autres. Il faut noter que la définition et la présentation de l’Idéal Maçonnique est un travail qui mérite un peu plus qu’une simple ligne dans un texte.

Ceci pour être un peu provocateur et aller à contre-courant du « tout-transparent » et du « tout-accessible ». La vie privée et le jardin secret n’ont plus beaucoup de place dans notre Société. Dans la recherche de l’équilibre, nous pensons que la Franc-Maçonnerie peut apporter cet espace intime et très personnelle de la démarche initiatique.

Ceci correspond très schématiquement aux processus de développement personnel. Mais la démarche initiatique emmène en plus la réalisation de soi et ceci, dans la durée. La notion du temps est importante aussi, venant comme une contrebalance du « tout, tout-de-suite et maintenant ». L’être humain a besoin de temps pour sédimenter tout ses efforts d’amélioration.

L’étude des symboles est une méthode d’enseignement. Elle a la vertu d’être très adaptée à la recherche spirituelle, et faire en sorte que le mystère soit vécu. Il n’est pas exclu de penser que de nouveaux symboles puissent venir enrichir l’escarcelle de la Franc-Maçonnerie. Les symboles actuels sont des objets connus et qui étaient dans le quotidien des gens, comme par exemple la Règle, le Fil-à-Plomb, et bien évidemment l’Équerre et le Compas. Mais pourquoi ne pas imaginer dans quelques décennie l’apparition de « @ » comme représentation d’un symbole. Ce signe « @ » est utilisé par énormément de personnes et de nombreuses fois par jour, ceci pour entrer en communication ( « @ » est l’expression du lieu logique où est la personne que je contacte par messagerie électronique).

L’adaptation à la vitesse et aux nouveaux modes d’enseignement, fait qu’il n’y a plus le temps de divaguer. Il n’y a plus le temps de prendre son temps. Il faut donc concentrer les choses et éliminer ce qui est considéré comme inutile. Alors en Franc-Maçonnerie, cela se traduit par une plus grande attention et une focalisation des travaux personnels (ce que nous appelons dans le jargon maçonnique, les « planches »). Toutefois, on peut penser que les formats vont probablement changés. Est-ce que ce seront des expériences terrains, expériences réelles (comme des marches initiatiques), des travaux de réalisation, de réflexion, des retours d’expériences … ?

En tous les cas, nous pensons que l’accompagnement des Frères sera de meilleure proximité et plus soutenu qu’aujourd’hui.

Notons en première synthèse que le développement de la pensée symbolique et le renforcement de la démarche initiatique avec son accompagnement des Frères, vont très fortement accentuer le côté spirituel de la Franc-Maçonnerie.

La Franc-Maçonnerie agit toujours comme un instrument d’équilibrage, et dans le constat de la dé-sociabilité, et de l’individualisation de notre monde actuel, elle va développer cet aspect lien social (on parle ici des liens physiques, c’est-à-dire lorsque deux personnes se voient et discutent entre-elles). Il y a deux facettes de la sociabilité: celle dite « interne », c’est-à-dire les liens sociaux entre les Frères, et celle dite « externe », c’est-à-dire les liens sociaux avec l’extérieur de la Loge.

Entre les Frères, les visites, les lieux de rencontre, les évènements de rencontre vont encore se développer. Nous associons souvent sociabilité avec solidarité, et force est de constater que de très nombreux Frères âgés et en bonne santé, ont de réelles difficultés économiques à vivre. Nous pensons que la Franc-Maçonnerie doit développer des structures d’accueil pour cette population.

Vis-à-vis de l’extérieur, l’enseignement maçonnique nous pousse à donner son temps aux autres. La gestion du temps est une vraie problématique moderne que la Franc-Maçonnerie enseigne avec ses outils (comme la règle de 12 pouces).

Cette réflexion concerne les Initiés. Pour les Internautes, il faut savoir que la Franc-Maçonnerie est un ordre qui possède plusieurs branches, que nous appelons « obédience ». Chaque obédience est composée de Loges et de Grandes Loges, les Grandes Loges étant des organisations faîtières par pays. Or, le fonctionnement actuel demande que chaque Frère ne communique que avec des Frères de sa propre obédience. Ceci n’est plus vrai aujourd’hui. Sur le terrain et au quotidien, tous les Frères et les Sœurs se voient, discutent entre eux, bloguent entre eux.

Les instances dirigeantes de la Franc-Maçonnerie n’ont pas d’autres choix que celui de s’aligner avec les réalités terrains, et elles devront donc tôt ou tard reconnaître l’existence des Obédiences sœurs.

Conclusion

Encore une fois, ce travail est une réflexion. Ce n’est pas une feuille de route pour les 10 ans à venir, non, pas du tout.

Ce qu’il faut retenir est que l’Idéal Maçonnique est universel. Il est solide, a déjà traversé de nombreuses épopées historiques, et il demeurera encore très longtemps. En revanche, l’approche et la manière d’apprendre, la démarche maçonnique doit changer. Elle change actuellement, mais de manière inconsciente. Cette réflexion a pour objectif de mettre en perspective la démarche initiatique dans notre monde moderne.

SOURCE :  une planche de la Loge Maçonnique « Le Progrès » à l’Orient de Lausanne.

 

 

Ce jour de décembre 2025 24 décembre, 2025

Posté par hiram3330 dans : Non classé , ajouter un commentaire

Ce jour de  décembre 2025

 

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Nous voici déjà, et encore, à un moment clé,

Noël ?

Plutôt le Solstice d’Hiver …

Un nouveau cycle s’ouvre à nous,

Celui de la maturation de notre Vie en devenir.

Avant l’Équinoxe du Printemps …

C’est ainsi que respire notre planète au sein de la Galaxie.

C’est une période festive, pour bon nombre d’entre nous,

malheureusement, et par notre faute collective, de moins en moins …..

Outre les fêtes de famille, conviviales et autres,

il est devenu de tradition de faire un bilan, de formuler des vœux.

Le bilan est personnel ; intime, en conscience …

Les vœux, les miens vont vers vous,

vos familles, vos proches, ceux qui vous sont chers,

surtout vers ceux dont je connais les difficultés …

Mais aussi pour tous ceux qui peuplent notre planète ……

Les vœux, les miens se mêlent aux vôtres,

Pour que nous puissions, ensemble et fraternellement,

Améliorer un tant soit peu l’homme et la société …

Les vœux, les miens sont que l’année qui s’ouvre soit celle de l’évolution

pour chacune et chacun d’entre nous, dans une société saine et démocratique,

où les mots « sincérité » et « transparence » ne soient pas que des mots.

 

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Cherchez la Sagesse …

Que vous ayez la Force d’apprécier,

de créer la Beauté …

Trouvez l’Unité,

la Stabilité,

la Continuité

Soyez

Cool, Zen et Serein …

Que les secondes d’éternité parsèment votre chemin,

Que les sourires éclairent vos pas,

Que l’amour d’autrui chauffe votre cœur …

Que vous soyez vous, pour vous comme pour moi,

Que vous soyez debout en tous les cas,

Que vous soyez fraternel, avec vous en premier lieu…

Que votre regard perçoive celui de l’autre,

Que votre regard se lève vers les cieux,

Que votre regard admire la voûte étoilée …

Profitez de cette goutte intemporelle,

Examinez hier,

Envisagez demain,

2025 est encore là, 2026 pointe,

mais qu’importe la date,

faites le beau, le bon et … partagez …….

 

25.12.25

 

Christian

celui

 

POURQUOI UN TEMPLE MAÇONNIQUE S’APPELLE-T-IL UNE LOGE ? 11 décembre, 2025

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

Pourquoi un temple maçonnique s’appelle-t-il une Loge ? C’est une très bonne question et la réponse correcte à cette question est pleine de sagesse précieuse qui est d’une grande et essentielle importance pour les francs-maçons en particulier et pour les philosophes en général. Commençons donc par percer ce mystère afin de découvrir quelques-unes des leçons utiles qu’il nous réserve en tant que philosophes ou amateurs de sagesse .

POURQUOI UN TEMPLE MAÇONNIQUE S’APPELLE-T-IL UNE LOGE ? dans Contribution

Tous les étudiants en franc-maçonnerie savent que la franc-maçonnerie est de nature symbolique et que la plupart des coutumes et symboles fondateurs de la franc-maçonnerie dérivent du travail des tailleurs de pierre de l’Égypte ancienne et d’autres pays anciens. La coutume maçonnique universelle de désigner les temples ou les lieux de réunion comme des « Loges » est un exemple de l’une de ces coutumes et symboles fondamentaux de la franc-maçonnerie qui proviennent de l’ancienne maçonnerie en pierre. Malheureusement, de nombreux étudiants en franc-maçonnerie ne réalisent pas que l’âme ou l’esprit de la franc-maçonnerie est essentiellement religieux, philosophique et spirituel. Il en résulte que ces étudiants ignorent la signification réelle et souhaitée de la plupart de nos symboles maçonniques et donnent inconsciemment une fausse interprétation non seulement à nos symboles, mais à la franc-maçonnerie dans son ensemble.

 

Cela est le plus souvent dû au fait que l’étudiant limite ses études à une pile de livres et d’articles délibérément trompeurs sur l’histoire et le sujet de la franc-maçonnerie qui ont été publiés par des « autorités » autoproclamées qui sont en fait non qualifiées, excessivement prétentieuses et ouvertement biaisées. .

Cependant, ce manque d’une véritable compréhension de la franc-maçonnerie est principalement dû au fait que l’étudiant fait l’erreur d’ignorer la signification du simple fait que le travail de la maçonnerie en pierre ancienne, que la franc-maçonnerie utilise comme analogie ou symbole de son propre travail et de ses enseignements, était centré sur la religion et la philosophie, c’est-à-dire le culte et l’étude de Mère Nature, de nous-mêmes et du Divin.

Comme le dit le vieil adage, « la véritable nature d’un arbre peut être connue par le type de fruit qu’il produit », et les anciens tailleurs de pierre, issus de nombreuses cultures, nationalités, religions et cultures différentes, étaient les bâtisseurs et les créateurs de tous les bâtiments les plus importants du monde antique, qui étaient les temples et monuments dédiés aux dieux et déesses des religions anciennes. En ignorant cet aspect de la nature du travail des anciens maçons opérationnels, l’étudiant non maçonnique de la franc-maçonnerie passe souvent à côté du fait que la franc-maçonnerie est également centrée autour de Dieu, l’architecte suprême de l’univers.

 dans Contribution

La nature religieuse, philosophique et spirituelle de la franc-maçonnerie est la raison pour laquelle le lieu de réunion de tout groupe de francs-maçons est appelé le Temple , qui est défini dans le langage courant comme étant un édifice dédié au culte, ou considéré comme la maison ou la demeure, d’un Dieu ou Dieux.

D’autre part, un temple maçonnique, comme déjà mentionné, est également appelé Loge, et cela parce que les anciens maçons (qui étaient littéralement des voyageurs, ou « des hommes qui voyageaient » et des « femmes qui voyageaient »), en raison de la nature de leur travail, qui les obligeait souvent à quitter leur famille et leur foyer pendant de longues périodes pour se déplacer d’un endroit à l’autre et travailler sur divers projets de construction à travers le pays), ils ont toujours construit plusieurs maisons temporaires, appelées « magasins », à proximité leur lieu de travail, qu’ils utilisaient comme abris et ateliers.

Si cela nous donne évidemment la raison superficielle pour laquelle nous appelons symboliquement les temples « Loges », il serait très imprudent de conclure automatiquement que c’est la raison de cette ancienne coutume universelle dans son intégralité, puisque l’on sait que la Franc-maçonnerie est essentiellement philosophique et spirituelle. , et utilise ses symboles comme méthode principale d’enseignement et d’expression d’importantes leçons de vie basées sur des principes et des vérités philosophiques intemporels. Par conséquent, il est fort probable que le mot Loge soit un symbole maçonnique qui exprime indirectement une leçon très profonde et fondamentale pour nous sur la véritable nature de notre existence.

Puisque le mot Loge est synonyme du mot temple dans le langage symbolique de la franc-maçonnerie, nous devons logiquement conclure que tous deux font symboliquement référence au corps humain comme à la « maison » dans laquelle Dieu vit. Comme il est dit dans I Corinthiens 3 :16 de la Sainte Bible, qui est un autre des nombreux symboles de la philosophie et de la spiritualité maçonnique : Ne savez -vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’esprit de Dieu habite en vous ?

Le corps humain peut être décrit symboliquement et très précisément comme étant une miniature, une réplique de l’Univers ou existant comme un tout infini. Cela nous permet de savoir que le temple maçonnique, ou loge maçonnique, est un symbole à la fois de l’Univers et du corps humain ; et cela nous est très puissamment suggéré dans la description symbolique de la loge dans le rituel du premier degré de la franc-maçonnerie. Maintenant que l’on sait que la loge maçonnique est symbolique à la fois de l’Univers et du corps humain, et que la Franc-maçonnerie compare ou compare ainsi l’Univers et le corps humain à une Loge d’anciens tailleurs de pierre, il ne reste plus qu’à découvrir pourquoi il en est ainsi.

Encore une fois, une Loge, par définition commune, est une maison ou un foyer temporaire , par opposition à un foyer permanent, ce qui ferait de la Loge un symbole très approprié de l’Univers, car l’Univers n’est pas seulement « la maison et le foyer de l’humanité ». , mais un foyer temporaire pour nous, puisque nous ne vivrons pas éternellement dans ce monde. Nous mourrons tous un jour. Mais d’ici là, nous devons continuellement nous rassembler et nous unir en tant que francs-maçons pour accomplir le travail que la franc-maçonnerie nous demande (faire évoluer et se perfectionner l’humanité) au sein de la « Loge » ou « atelier », c’est-à-dire au sein de l’Univers ou dans ce monde. de la vie quotidienne. C’est peut-être la plus fondamentale de toutes les précieuses leçons de vie que nous enseigne indirectement la Loge maçonnique, en tant que symbole de l’Univers ou du macrocosme (le « grand Univers »).

Lorsque nous considérons la loge maçonnique comme un symbole du corps humain ou du microcosme (le « petit Univers »), nous apprenons une leçon de vie tout aussi précieuse. Tout comme l’Univers est une maison temporaire et un foyer pour l’humanité, le corps humain l’est aussi pour l’Esprit de Dieu. Et tout comme nous devons continuellement nous unir en tant que francs-maçons pour faire le travail de la franc-maçonnerie au sein de l’atelier ou de la Loge de l’Univers, collectivement , de même devons-nous faire le travail de la franc-maçonnerie sur une base tout aussi constante, mais individuellement , au sein de la Loge intérieure secrète, ou atelier de nous-mêmes en tant qu’individus, atteignant ainsi l’équilibre et l’harmonie entre les deux pôles opposés de l’altruisme et de l’égoïsme en nous.

Comme nous pouvons enfin le constater, l’utilisation du mot Loge comme symbole de la franc-maçonnerie contient en effet des leçons de vie très utiles et précieuses pour nous. Soyons donc attentifs et continuons à travailler collectivement et individuellement, et sans doute sans cesse , pour l’évolution et le perfectionnement de l’humanité.

Source : The Masonic Philosophical Society

LA FRANC-MACONNERIE DEVRAIT ELLE ÊTRE « INCLUSIVE » ? 3 décembre, 2025

Posté par hiram3330 dans : Contribution , ajouter un commentaire

LA FRANC-MACONNERIE DEVRAIT ELLE ÊTRE « INCLUSIVE » ?

 

En tant que francs-maçons, nous nous trouvons souvent au carrefour de la tradition et de la modernité.

Un sujet pertinent dans nos loges et nos discussions est la notion d’inclusivité, notamment dans le contexte des tendances sociétales de 2024.

 

Aujourd’hui, nous examinons pourquoi la franc-maçonnerie doit défendre ses valeurs fondamentales et éviter à tout prix l’interprétation moderne de l’inclusivité et ses impacts potentiels sur notre estimée institution.

LA FRANC-MACONNERIE DEVRAIT ELLE ÊTRE « INCLUSIVE » ? dans Contribution

En tant que maçons, nous avons toujours cru et encouragé l’acceptation des hommes bons qui croient en un être suprême, en regardant au-delà de toutes les différences externes, en nous concentrant plutôt sur les qualités internes d’un homme.

Nos cérémonies et enseignements renforcent constamment cette pratique et nous incitent à nous unir sous des vertus et des valeurs communes en un seul corps : les francs-maçons.

L’introduction de toute notion d’inclusivité externe modifiera notre orientation, ce qui entraînera la création d’un fossé là où il n’en a jamais existé.

Ce changement non seulement contredit nos principes de longue date, mais redéfinit également la compréhension claire de ce que signifie réellement être franc-maçon.

Le concept d’inclusivité, bien que noble dans de nombreux contextes, pose un défi unique à la franc-maçonnerie.

Notre chemin est celui du perfectionnement personnel, du développement moral et des défis personnels rigoureux.

Être maçon, c’est avant tout un parcours personnel, de la pierre de taille brute à la pierre de taille parfaite. Pour transformer la pierre brute et informe en pierre parfaite, vous devez être sélectif. Sélectif de l’endroit où vous frappez la pierre, en supprimant le superflus.

La notion d’inclusivité conduit à faciliter ces chemins, ce qui dilue le voyage profond qu’entreprend chaque maçon. Supprimer sa valeur, supprimer son sens et supprimer son importance.

La dilution de la franc-maçonnerie nuit non seulement à l’expérience individuelle du maçon, mais affaiblit également potentiellement la force collective et l’unité de notre fraternité.

Ce qui distingue la franc-maçonnerie de toute autre philosophie, éducation, organisation ou institution humaine, c’est l’expérience transformatrice qu’elle offre aux maçons à mesure qu’ils gagnent grâce à leur progrès grâce au mérite.

Cette transformation est née de défis qui repoussent nos limites, nous permettant de grandir au-delà de ce que nous pensions autrefois possible.

Proposer un toast, apprendre une charge, être diacre, prendre ses fonctions, travailler avec des frères pour atteindre un objectif commun. Ce sont tous des défis qui nous mettent à rude épreuve, nous aident à apprendre et à grandir, faisant de nous de meilleurs hommes dans le processus.

En rendant la franc-maçonnerie « facile » ou trop accessible – « inclusive pour tous », nous supprimons cet aspect critique de notre parcours. La valeur, l’épanouissement et le sens du but découlant du fait de surmonter ces défis sont ce qui nous lie et donne un sens à nos vies maçonniques.

Ce sentiment de satisfaction lorsque vous livrez une charge que vous avez passé des mois à apprendre est inégalé et incomparable à la simple lecture d’un livre sans aucun effort.

La franc-maçonnerie n’a jamais consisté à faire de fortes déclarations d’inclusivité ou à adopter une tendance sociale après l’autre.Freemasonry has never been about loud statements of inclusivity or adopting one social trend after another.

Notre force a toujours résidé dans nos actions, notre intégrité en tant que maçons et l’impact que nous avons sur nos communautés.

En maintenant notre concentration sur les qualités internes et le parcours de transformation, nous continuons à défendre le véritable esprit de la franc-maçonnerie – un esprit qui est ressenti et vécu plutôt que simplement évoqué.

Nous n’avons pas besoin de dire que nous sommes inclusifs envers tous ceux qui partagent les mêmes convictions que nous. Cela ne fait que renforcer et mettre en évidence ces différences externes. La société et la politique de notre vie moderne veulent nous étiqueter avec chacune de nos différences. Ceux-ci nous divisent. La franc-maçonnerie nous unit tous par une seule identité.

En tant que francs-maçons, nous devons naviguer dans les marées changeantes des normes sociétales tout en nous accrochant fermement à nos principes fondamentaux.

Il est crucial que nous ne détournions jamais des yeux la promotion des qualités internes d’un homme, le maintien du parcours rigoureux de développement personnel qui nous définit et la possibilité pour nos actions de démontrer la véritable universalité de la franc-maçonnerie.

Nous existons depuis des temps immémoriaux, nous n’avons pas besoin d’adopter une nouvelle approche, mais plutôt de nous concentrer sur l’application des leçons du métier dans notre vie quotidienne. Cette approche garantit que notre fraternité reste forte, unie et fidèle à ses principes intemporels dans un monde en constante évolution, et qu’elle sera là pendant encore 1 000 ans en tant que franc-maçonnerie.

Merci mon F:. Robert pour ce partage

Héritage commun et voyage spirituel, le message des prophètes 27 novembre, 2025

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Héritage commun et voyage spirituel, le message des prophètes

 
Yonnel Ghernaouti

Par Yonnel Ghernaouti
7 mars 2024
Les Prophètes à la lumière du Coran et de la Bible.

Le livre Les Prophètes à la lumière du Coran et de la Bible écrit par Reem Yasmina Laghrari1 et préfacé par Éric de Kermel2, offre une exploration profonde et riche de la vie et des enseignements de vingt-cinq prophètes qui ont marqué tant le Coran que la Bible.

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Cette œuvre propose une perspective unique en abordant ces figures spirituelles d’une manière qui transcende les frontières religieuses traditionnelles, en cherchant à dévoiler les messages universels qu’ils peuvent offrir à l’humanité contemporaine.

L’approche chronologique adoptée par l’auteure permet de suivre l’évolution de la pensée et de la spiritualité à travers les âges, en partant d’Adam et en se concluant avec Muhammad (Mahomet), le dernier prophète selon la tradition islamique.

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Michelangelo, création d’Adam.

Commençons par Adam, considéré comme le premier homme dans les traditions juive, chrétienne et musulmane. Il occupe une place fondamentale dans les textes sacrés de ces trois grandes religions monothéistes. Dans la Bible, plus précisément dans le livre de la Genèse, qui fait partie du Tanakh juif et de l’Ancien Testament chrétien, Adam est créé par Dieu à partir de la poussière de la terre. Il est placé dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder, et c’est là qu’il reçoit l’interdiction de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. La désobéissance d’Adam et d’Ève, sa compagne créée à partir de sa côte, entraîne leur expulsion du jardin d’Éden, un événement souvent interprété comme l’origine du péché originel dans la tradition chrétienne.

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Bible de Gutenberg.

Dans le Coran, Adam est également présenté comme le premier homme et le premier prophète, créé par Dieu à partir d’argile. Sa création est suivie de son habitation au Paradis avec sa femme, jusqu’à leur chute causée par leur désobéissance à l’ordre divin de ne pas s’approcher d’un certain arbre, poussés par Satan. Cependant, la notion de péché originel telle qu’entendue dans la tradition chrétienne n’est pas présente en islam ; Adam et Ève sont pardonnés par Dieu après leur repentir.

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Mamluk era Quran, c. 1380, open to sura 16.

La figure d’Adam dans ces traditions souligne des thèmes universels tels que la création de l’humanité, la tentation, la chute, le pardon, et la relation entre l’homme et son créateur. Sa longévité, mentionnée dans la Genèse comme s’élevant à 930 ans, reflète les âges bibliques souvent très élevés attribués aux premières générations humaines, signifiant peut-être leur proximité particulière avec le divin ou une autre manière de comprendre le temps et la vie dans ces récits anciens.

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Mahomet représenté sur une illustration ottomane datant du XVIIe siècle… (Wikimedia Commons).

Quant à Muhammad – achevant la liste des 25 prophètes de l’ouvrage –, connu en Occident sous le nom de Mahomet, il est donc reconnu comme le dernier prophète de l’islam selon la tradition musulmane. De son nom complet Abū al-Qāsim Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, il est issu de la tribu de Quraych, une des plus importantes tribus de La Mecque, centre religieux et commercial de l’Arabie préislamique. Sa vie se divise en plusieurs phases importantes : sa naissance à La Mecque, sa révélation en tant que prophète à l’âge de 40 ans, la période de prédication à La Mecque où il a rencontré de l’opposition, et l’Hégire, son émigration vers Médine en 622, qui marque le début du calendrier musulman. À Médine, il a établi une communauté musulmane unie et a acquis une influence considérable, tant sur le plan religieux que politique et militaire. Les dernières années de sa vie ont été consacrées à l’expansion de l’islam dans la péninsule arabique.

Muhammad est considéré par les musulmans comme le « Sceau des prophètes » (Khatam an-Nabiyyin), ce qui signifie qu’il est le dernier des prophètes envoyés par Dieu pour guider l’humanité. Les enseignements qu’il a reçus, qu’il a prêchés et qui ont été ultérieurement consignés dans le Coran, ainsi que sa vie et ses actes (la Sunna), recueillis dans les Hadiths, constituent la base de la foi et de la pratique islamique.

L’auteure, puisant aux meilleurs versets de la Bible ou sourates du Coran, n’hésitant à les citer, analyse pourquoi et comment il bénéficie, à juste titre, du qualificatif de prophète. Rappelons que les qualificatifs utilisés pour décrire les prophètes dans la Bible et le Coran reflètent les différentes perspectives théologiques de chaque religion.

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Tel Aviv, Torah, Am Yisrael Foundation.

Dans la Bible, un prophète est un homme choisi par Dieu pour transmettre sa parole au peuple – à ne pas confondre avec un voyant, un homme de Dieu, un serviteur ou encore un messager.

Dans le Coran, le nabi est un prophète qui reçoit une révélation de Dieu mais peut, selon les circonstances avoir plusieurs autres acceptions : rasul, messager de Dieu qui est envoyé à un peuple spécifique ; mursal, prophète qui est envoyé à une communauté.

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Par ailleurs, la Bible utilise une variété de termes pour décrire les prophètes, tandis que le Coran utilise une terminologie plus précise. Le Volume de la Loi Sacrée – terme usité par pour le maçon dit « régulier et de tradition pour désigner la Bible – , met l’accent sur le rôle du prophète comme guide moral (Moïse : « un prophète comme moi » (Deutéronome 18:18) ; Élie : « un homme de Dieu » (1 Rois 17:1) ; Jean-Baptiste : « un prophète et plus qu’un prophète » (Matthieu 11:9)), tandis que le Coran met l’accent sur son rôle de messager de Dieu (Adam : « le premier prophète » (Sourate 2:31) ; Noé : « un messager de Dieu » (Sourate 7:59) ; Abraham : « un ami de Dieu » (Sourate 4:125) ; Jésus : « un messager de Dieu et sa parole » (Sourate 4:171)).

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Noé, mosaïque.

Entre les deux, Reem Yasmina Laghrarien mentionne 23 autres, reconnaissables comme prophètes mentionnés dans les traditions islamiques et judéo-chrétiennes. Prenons-en quelques-un… Idrîs est connu dans la tradition judéo-chrétienne sous le nom d’Énoch, Idrîs est mentionné dans le Coran comme un prophète sage et véridique. Selon les croyances islamiques, il a été élevé à un haut rang par Dieu. Nûh, qui correspond au Noé biblique, est un prophète majeur dans les traditions islamiques, chrétiennes et juives. Nûh est le protagoniste de l’histoire du Déluge, où, sur l’ordre de Dieu, il construit une arche pour sauver sa famille et des couples de chaque espèce animale d’un déluge dévastateur envoyé comme punition pour l’humanité corrompue. Le même Noé est une figure centrale de la Genèse dans la Bible, connu pour son obéissance à Dieu face à la corruption du monde. Loth est connu dans la Bible sous le nom de Lot, il est le neveu d’Abraham. Loth est principalement connu pour son histoire liée aux villes de Sodome et Gomorrhe. Dans le Coran, il est également un prophète envoyé pour avertir ces villes de leur comportement immoral.

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Moïse brisant les Tables de la Loi, huile sur toile de Rembrandt, 1659, Gemäldegalerie, Berlin.

Moïse reste l’une des figures majeures dans le judaïsme, le christianisme, et l’islam, Moïse est connu pour avoir conduit les Israélites hors d’Égypte et pour avoir reçu les Dix Commandements de Dieu sur le mont Sinaï.  Élie est un prophète important de l’Ancien Testament, connu pour ses miracles et sa lutte contre le culte de Baal en Israël.

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La Vierge de l’Annonciation, par Antonello de Messine, palais Abatellis, Palerme.

L’auteure mentionne aussi Marie, sœur d’Aaron, faisant ainsi référence à un passage du Coran où Marie (Maryam en arabe), la mère de Jésus (Isa), est appelée “sœur d’Aaron” (Maryam 19:28). Mais aussi, Jésus où, dans l’islam, il est connu sous le nom d’Issa (parfois écrit Isa) et est considéré comme l’un des prophètes majeurs, mais pas comme le fils de Dieu, comme le croient les chrétiens. La tradition musulmane reconnaît Jésus (Issa) comme un messager envoyé par Dieu (Allah), qui a été conçu miraculeusement dans le ventre de sa mère vierge, Marie (Maryam en arabe), par l’ordre de Dieu.

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Le Coran (arabe : القرآن ; al Qur’ān, « la récitation ») est le livre sacré de l’islam, la parole de Dieu. Dans l’Islam le Coran est considéré comme inimitable dans la beauté et dans les idées.

Le Coran mentionne Jésus (Issa) à plusieurs reprises, soulignant son rôle de prophète et le confirmant comme le messie. Cependant, il rejette l’idée de la divinité de Jésus et de la Trinité, qui sont des croyances fondamentales dans le christianisme. Le Coran met également en avant les miracles de Jésus, comme la guérison des malades et la résurrection des morts, tout en insistant sur le fait qu’il accomplissait ces miracles par la volonté et le pouvoir de Dieu. L’islam enseigne que Jésus (Issa) n’a pas été crucifié, mais qu’il a été élevé au ciel par Dieu et qu’il reviendra sur terre avant le Jour du Jugement pour restaurer la justice et vaincre l’antéchrist. Sa seconde venue est un élément important de la croyance islamique concernant les signes de la fin des temps. Ainsi, Jésus est profondément respecté dans l’islam comme un prophète important, dont la vie et les enseignements sont considérés avec une grande vénération, même si la compréhension de sa nature et de son rôle diffère significativement de celle du christianisme.

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Fresque du IIIe siècle dans la catacombe de Saint-Calixte à Rome, représentant Jésus de Nazareth en Bon Pasteur criophore.

En mettant en parallèle les récits du Coran et de la Bible, le livre vise à mettre en lumière les points communs et les différences dans la manière dont ces figures sont représentées et les leçons qu’elles incarnent.

Les références historiques, scientifiques, et archéologiques enrichissent la narration en apportant un contexte tangible aux récits spirituels et mystiques, offrant ainsi une lecture à la fois éducative et inspirante. Cette approche multidimensionnelle pourrait non seulement intéresser les lecteurs cherchant à approfondir leur connaissance des textes sacrés, mais aussi ceux en quête de compréhension des fondements communs et des divergences entre l’islam et le christianisme.

Les thèmes de la bienveillance, de l’amour, de la patience, de l’humilité, de la joie, et de la gratitude, tels qu’enseignés par ces prophètes, sont présentés comme essentiels pour naviguer dans l’existence. Ces valeurs universelles résonnent avec les défis contemporains, soulignant l’importance de se tourner vers ces enseignements ancestraux pour trouver orientation et inspiration dans notre monde moderne.

Les Prophètes à la lumière du Coran et de la Bible se présente donc comme une invitation à redécouvrir ces figures emblématiques sous un jour nouveau, encourageant une réflexion sur la manière dont leur héritage spirituel peut éclairer les parcours individuels et collectifs dans un monde en quête de sens.

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Reem Yasmina Lagharari.

1Reem Yasmina Laghrari, docteur en pharmacie, est un exemple intéressant de parcours professionnel et personnel transnational. Née aux États-Unis, elle a choisi de vivre et de travailler au Maroc, illustrant ainsi un pont entre deux cultures et systèmes de santé différents. Son parcours peut mettre en lumière les échanges de connaissances et compétences entre les pays, ainsi que les défis et opportunités que rencontrent les professionnels de la santé qui choisissent de travailler loin de leur pays d’origine. La décision de Reem Yasmina Laghrari de travailler au Maroc, malgré une formation aux États-Unis, peut également refléter un engagement envers le développement de la santé publique dans des contextes moins favorisés ou un désir de contribuer à la société marocaine avec les compétences et connaissances acquises à l’étranger.

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Éric de Kermel.

2Éric de Kermel est un écrivain et éditeur français, connu pour ses œuvres littéraires qui explorent souvent des thèmes liés à la nature, à l’environnement et à la quête de sens dans la vie moderne. Il a un parcours professionnel varié qui l’a également vu s’engager dans le monde de l’édition, où il a contribué à la promotion de livres engagés sur des sujets environnementaux et de développement personnel. Ses écrits reflètent une profonde connexion avec la nature et une réflexion sur la place de l’humain dans le monde. Éric de Kermel partage à travers ses livres une vision du monde qui encourage le lecteur à se reconnecter avec l’environnement et à trouver un équilibre dans sa vie personnelle. Sa passion pour l’écologie et le bien-être se traduit dans son approche littéraire, faisant de lui une voix importante dans le paysage littéraire contemporain français sur ces thématiques.

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Reem Yasmina Laghrari – Préface de Éric de Kermel

Le Relié, 2024, 600 pages, 23,90 €

Disponible à compter du 14 mars prochain dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Achetez dans votre zone, chez votre libraire préféré, pour qu’il continue à vous conseiller, à vous inspirer, à vous faire rêver et, surtout, à animer votre quartier ! 

SOURCE :

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Pourquoi faut-il rechercher le sens symbolique des choses ? 25 novembre, 2025

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire

Pourquoi faut-il rechercher le sens symbolique des choses ?


 

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« Dans l’analyse symboliste, il convient de distinguer ce qui est faux de ce qui est vrai. Un symbole n’est pas n’importe quoi. Ce n’est pas une chose dont on peut dire ce que l’on veut, selon son inspiration [pour la joie d’exercer sa pensée analogique ou son esprit de déduction]. L’étude des symboles permet de découvrir l’unité fondamentale du psychisme humain [l’Universalité humaine] sous toutes les latitudes et à toutes les époques. Cette étude [au contraire de ce que l’on pourrait croire] permet donc de connaître l’homme. De même que le corps humain est structuré de la même façon chez tous les humains, le psychisme, lui aussi, est semblable, en deçà et au-delà de toutes les différences comportementales. L’ignorant ne perçoit que les différences, le sage voit, outre les différences, l’identité. Les hommes sont petits ou grands, gras ou minces, musclés ou chétifs, noirs, jaunes ou blancs, bruns ou blonds etc … Au plan de l’esprit, ils sont bons ou méchants, sots ou intelligents, cupides ou généreux, tolérants ou fanatiques, etc … [différences] mais ils réagissent tous selon la même mécanique logique, aux mêmes pulsions [unité, identité]. C’est ce que l’analyse des symboles nous permet de découvrir ».
Daniel Beresniak, auteur maçonnique, psychanalyste, historien de l’art, philosophe et linguiste.
(Les phrases entre crochets sont des commentaires personnels) 
______________________________

 

Qu’est qu’un symbole ?

symbolisme01.jpg

Dans cette représentation d’Agrippa von Nettesheim (1486-1535)

d’après « l’homme de Vitruve » de L.de Vinci,

on peut voir nombre de symboles :

Par exemple : Le cercle, le centre, l’étoile à cinq branches,

le triangle, le nombre « 5 », l’humain au coeur de l’univers …

Et vous, qu’y voyez-vous ?

Un symbole est un médiateur entre le monde physique et le monde de la pensée. Il représente, par un objet concret, une idée abstraite. C’est un langage ou plutôt un méta-langage (langage qui explique les autres langages) qui dépend bien sûr de la culture et du contexte dans lequel on l’emploie. Depuis les travaux de Jung en psychanalyse, les symboles ont repris une place importante dans la vie de notre société matérialiste, ce qui est en soi un bon signe de son évolution vers le monde de l’esprit, la spiritualité.

Le mot symbole, issu du grec sumbolon, signifie : « signe« . Ce dernier mot ayant pour signification : représentation concrète d’une idée abstraite. En se référant au latin : symbolus on peut étendre son sens à « signe de reconnaissance« .
Analyser intellectuellement un symbole, c’est comme peler un fruit pour en découvrir le noyau. Le symbole invite à découvrir une réalité au -delà des apparences. au-delà des significations les plus évidentes (pour les francs-maçons, l’équerre et les compas signifient bien plus qu’elles ne représentent en tant qu’outils). Il doit être appréhendé grâce à la « pensée analogique » (quelque chose qui fait penser à … puis qui fait penser à …) Le symbolisme apparaît comme un langage universel, un ensemble de signes de codes que chacun perçoit en fonction de son entendement, de sa faculté de raisonnement analogique et de l’état de veille intérieur de sa conscience. Le symbole est un outil d’élargissement (d’élévation) de la conscience. Tenter de définir formellement un symbole c’est nécessairement se limiter et donner une signification réductrice (définir de : definire : fin, limite). Le symbole n’impose rien, il est une fenêtre ouverte sur l’univers. Par ses multiples facettes, le symbole suggère, il est association d’images. Une autre des spécificités du symbole c’est de rester indéfiniment évocateur. Chacun y voit ce que son regard/conscience du moment lui permet de percevoir. Le symbole peut être aussi comparé à un cristal restituant la lumière qu’il reçoit, en infinies nuances , par le truchement de ses multiples facettes. Par conséquent, tout symbole remplit une fonction de médiateur, il jette des ponts, il réunit les éléments séparés, la réalité sensible et suprasensible. Je ne cherche rien d’autre – en toute humilité – sur ce blog – quand je parle d’un symbole, et du symbolisme qui s’y rattache. (Exemple : les lettres hébraïques)
Au final, on peut dire que le symbole peut être considéré comme un intermédiaire pour relier chaque être à l’universel et faciliter l’ouverture de sa perception à la métaphysique. (1)

Marie-Madeleine Davy (historienne et philosophe française – 1908-1998) écrit à propos de la fonction du symbole :
« La fonction du symbole est de relier le haut et le bas, de créer entre le divin (2) et l’humain, une communication telle qu’ils deviennent conjoints l’un à l’autre. Le symbole par son caractère sacral échappe aux limites du monde. Il indique une sorte de relais sur la voie reliant le visible à l’invisible. Par là même, il est irruption dans notre monde. Le symbole se place au-delà de l’histoire parce qu’il est le lot de l’homme délié de sa situation historique. D’où la quasi identité des symboles trouvés au sein de toutes les religions. […] Les symboles sont de puissants moyens de communication. Ils sont autant de signes évoquant des réalités multiples, ils sont semblables à des voies car ils condensent et donnent accès. »

(1) La métaphysique est une branche de la philosophie et de la théologie qui porte sur la recherche des causes, des premiers principes. Elle a aussi pour objet d’expliquer la nature ultime de l’être, du monde, de l’univers et de notre interaction avec cet univers.

(2) Divin : quelle que soit la conception que l’on en a – (ne pas avoir de conception du divin est d’une certaine façon en avoir une)

SOURCE : tiré du blog « LE BLOG-NOTES D’ANTIOCHUS » – un blog qui n’est plus actif mais qui recèle encore de nombreux articles très enrichissant sur des sujets très variés tels que les Arts en général, la musique, l’opéra et la peinture, en particulier. Mais aussi la philosophie – la Franc-maçonnerie – le symbolisme – le cinéma – la photographie etc …

L’Univers est un œuf : Kalpa 10 octobre, 2025

Posté par hiram3330 dans : Recherches & Reflexions , ajouter un commentaire
Lux in arcana

L’Univers est un œuf : Kalpa

5 Mai 2024

Le monde et sa création

De la même manière qu’il est le créateur de son propre panthéon, le divin génère et organise le monde en une création originale reposant sur des éléments précis et incontournables. Pour qui veut comprendre la spiritualité hindoue, il est essentiel d’entrer plus avant dans cet univers défini par Dieu, auquel se rattachent toutes les composantes de la destinée humaine. Brahman est le principe divin originel. Il est animé d’un rythme : à chacune de ses inspirations il crée l’univers, puis lors de chaque expiration il le détruit. Ainsi le cosmos et l’espace sont-ils éternellement renouvelés. Création et dissolution alternent sans fin, comme l’inspir et l’expir du souffle divin. Elles se succèdent en une étonnante complémentarité, passant du non-manifesté au manifesté, du multiple à l’Un. Il en va de même pour l’homme, microcosme à l’image du macrocosme, dont le corps est étroitement lié aux rythmes de l’univers, qui passe de la vie à la mort au fil des incarnations.

De fait, avant ce que l’on nomme la Création il existe un état que l’on assimile à la « non-connaissance », au « non-manifesté ». C’est l’essence divine de Brahman qui crée l’étincelle et enclenche le processus de création ».

L’essence de l’ego va poindre ensuite pour devenir la conscience du moi individuel, et enfin un continuum matériel, impondérable, le pradhâna qui couvre l’espace et porte en soi les trois gunas. Ces gunas qualifient la substance primordiale. Ce sont : sattva, principe lumineux, rajâs principe affectif et tamas, principe ténébreux.

L’Akaça ou éther, le continuum matériel, d’une extrême subtilité, donne naissance aux quatre éléments : air, feu, eau et terre. De leur combinaison naît la Vie, constituant l’œuf de Brahman. C’est le dosage des trois gunas et des quatre éléments, y compris l’akaça, qui façonne le monde phénoménal. Ce mélange crée des corps matériels de plus en plus épais. Le sattva oriente l’âme vers le Brahman tandis que le rajâs et le tamas l’en détournent. Les gunas sont les facteurs des aspects inégaux de l’activité humaine, du Monde des Noms et des Formes, mais tout est Brahman, fait partie de Lui. Le monde est le Brahman mais le Brahman sert d’âtman à l’univers.

Le Brahman est non-manifesté dans le premier temps quand sommeille, encore virtuel, le monde des Noms et des Formes. Il est la Cause. Dans le deuxième temps, il est le Brahman manifesté, l’Effet, et ce jeu des Causes et des Effets, du Purusha et de la Prakriti, n’est autre que le mouvement cosmique. Dans l’éternité alternent le Brahman manifesté et le Brahman non-manifesté. Le Pralaya ou dissolution universelle, permet de dire que tous les effets sont irréels puisqu’ils se réabsorbent dans leurs causes. Solange Lemaître, op. cit.

L’Univers est un œuf : Kalpa dans Recherches & Reflexions

De cet « œuf cosmique » naît un univers dans toute sa complexité, dont la partie supérieure est constituée de sept étages célestes — dont le plus élevé est le séjour du Brahman — et la partie inférieure d’autant d’étages souterrains — dont le plus bas est le séjour des châtiments (naraka). La Terre est habituellement située entre ces deux parties de l’œuf de Brahman ; on lui donne la forme d’un disque au centre duquel se dresse le mont Meru, auréolé d’un prestige sans égal car il est considéré comme le pivot du monde. Disposées autour de lui aux quatre orients, on distingue quatre îles-continents, appelées dvîpa. Dans une version ultérieure (celle des Pûranas), on désignera sept îles et océans concentriques autour du Meru.

Avec cette définition complexe de l’univers, la cosmologie hindoue, en dessinant ses limites dans l’espace, affirme une certaine forme de matérialité et s’ancre dans le concret, donnant aux spéculations des sages une consistance « palpable ». Par voie de conséquence, l’espace étant indissociable du temps, apparaît la notion d’ « âges du monde », qui met en scène une succession d’ères cosmiques appelées kalpa. Chacune d’elles — depuis la création d’un monde jusqu’à sa dissolution — est considérée comme un jour de la vie de Brahman.

Chaque kalpa est composé de mille « grands âges », chacun d’eux étant à son tour divisé en quatre « âges », ou yuga précisément définis : l’âge parfait, le troisième yuga, le second yuga, et enfin le  kali-yuga, ou âge mauvais. Du début à la fin de chaque monde, c’est donc d’une dégradation dont il s’agit, allant du meilleur au pire. Présentement, notre humanité est justement dans ce quatrième yuga, comme le souligne fort à propos Louis Renou : Le kali-yuga se caractérise par une déperdition des « trois quarts » du dharma existant à l’âge parfait, ce qui a pour corollaire les guerres, les fléaux, les vices, les morts pré­coces que nous voyons autour de nous. La courbe de l’humanité actuelle, comme d’ailleurs celle des humanités passées et futures, marque une évolution régressive, aboutissant à des « dissolutions intermédiaires » — incendies, suivis de déluges ; à la fin des temps vient la « grande dissolution » (mahâ-pralaya) qui coïncide avec la fin de la vie de Brahman ; le monde se résorbe en Brahman par un processus involutif jusqu’à l’éclo­sion d’un nouvel œuf cosmique.

Des nombres clés de la Tradition primordiale : 54,108, 432

Le temple de Borobudur à Java, construit au IXe siècle de notre ère, compte 72 statues de Bouddha sur chacun des quatre côtés de sa tour centrale, soit 432 Bouddhas au total. Sur les trois étages supérieurs du temple se trouvent 72 bouddhas supplémentaires à l’intérieur de stupas percés, ce qui porte le nombre total à 504. Rien de tout cela ne peut être le fruit du hasard, ce qui suggère que nous devrions peut-être chercher ici des preuves tangibles des origines de cette profonde compréhension sacrée des nombres cosmiques, dérivée des synchronisations entre le triple cycle d’éclipses saros de 54 ans et un « siècle » précessionnel de 72 ans.

 dans Recherches & Reflexions

Le temple de Borobudur représente la montagne cosmique Sumeru, nom bouddhiste du mont Meru, qui, dans la littérature védique, est située à l’extrême nord de l’Inde, soit dans les monts Tian Shan en Chine, soit dans les monts Altaï du sud de la Sibérie et de la Mongolie. Est-ce à ce moment-là que nous trouverons les origines de ces séquences de nombres cosmologiques ? Comme nous l’avons vu, 432 est la durée d’une période cyclique complète dans la tradition calendaire altaïque, et pourtant, tout comme à Borobudur, avec ses 72 bouddhas supplémentaires, le cycle altaïque prévoit une période supplémentaire de 72 ans, ce qui porte le nombre total à 504. Ainsi, à Borobudur, nous voyons le concept du temps cosmique non seulement encapsulé dans la pierre, mais aussi envisagé comme tournant autour d’un point de pivot vu en termes d’axis mundi, ou axe de la terre.

Le fait que les astronomes grecs qualifiaient le cycle du triple saros d’exeligmos, du grec exelimos, qui signifie « tourner ou faire tourner la roue », est une indication de l’architecture bouddhiste de Borobudur, qui représente physiquement le Sumeru.

MONT MERU

Le Mont Meru, ou Sumeru, était un concept basé sur l’idée que l’axe cosmique, le point de rotation des cieux, tournait autour d’un mécanisme semblable à un pivot fixé à la terre. Ce mécanisme était le plus souvent imaginé sous la forme d’une montagne ou d’un arbre, qui pouvait être remplacé au besoin par une simple perche ou un poteau afin qu’un chaman puisse l’escalader pour accéder au monde du ciel. Un certain nombre de sites montagneux ont été identifiés au mont Meru. Par exemple, le peintre et voyageur russe Nicholas Roerich (1874-1947) a identifié le plus haut sommet de la chaîne de l’Altaï, Belukha, avec Sumeru, la forme bouddhiste du mont Meru, et l’on peut relier directement Belukha à Meru. Il est intéressant de noter que Belukha est le nom russe de la montagne ; dans la tradition turque, il s’agit d’Uch-Sumer, qui signifie « trois pics », ou d’Umai-Uch-Sumer, le « ventre des trois pics », une référence à son rôle de mère de la terre, Umai Ana, dont le totem principal est le cygne. Elle est bien sûr l’épouse du dieu du ciel Tengri, dont le totem est l’oie blanche.

Il faut souligner l’importance d’une autre montagne sacrée appelée Khan Tengri, qui devient un autre candidat pour le mont Meru. h est un sommet important de la chaîne du Tian Shan en Asie centrale, et a été le centre du culte du dieu Tengri depuis des temps immémoriaux. À cette liste de montagnes mondiales potentielles, nous pourrions ajouter le pic Bogda dans la chaîne des Bogda Shan, une extension orientale des monts Tian Shan. C’est un candidat possible pour la montagne cosmique chinoise nommée Kunlun, qui était la demeure de la déesse Hsi Wang Mu, la Grande Mère de l’Ouest.

LE CENTRE DE L’ASIE

Bien que tous ces sommets puissent être considérés comme sacrés et définir une partie de la « pépinière altaïque », comme l’appelle Ashe, ils ne sont que des représentations physiques d’une montagne cosmique conceptuelle. Il est peut-être erroné de désigner une montagne comme marquant le centre absolu de la terre, autour duquel les cieux sont considérés comme tournant. Néanmoins, un monument situé au sud d’Ûrümchi, la ville des sables au bord du bassin du Tarim, est censé marquer le centre de la masse continentale asiatique. D’autres monuments similaires existent dans la région. L’un d’entre eux, situé plusieurs centaines de kilomètres plus au nord, à Kyzyl, la capitale de la République de Touva, est connu sous le nom de monument du Centre de l’Asie. Il s’agit d’un grand obélisque en forme de poteau sur un globe terrestre, avec un « cerf solaire » à son sommet. Il est évident qu’il représente l’axe de la terre. Un axis mundi original d’une extrême ancienneté existait-il donc quelque part dans cette région ? Cet endroit était-il la véritable source des histoires du Meru hindou et du Sumeru bouddhiste ? Pourrait-on le retrouver aujourd’hui ?

Le Touva est situé entre les montagnes de l’Altaï et le lac Baïkal, et dans la tradition chamanique touvane, la montagne cosmique est appelée Sümber-ula, un nom qui pourrait bien avoir des liens avec le concept bouddhiste du mont Sumeru. Les adeptes du tengrisme ou du bourkhanisme considèrent l’ensemble de la région de l’Altaï comme le « Kin-Altaï à douze facettes », ainsi que le « nombril de la terre ». On dit qu’elle est située à la base d’un arbre cosmique, Kangyi, l’ »axe », qui coïncide avec la trajectoire de la Voie lactée et pénètre dans le monde supérieur par l’ »étoile polaire », autrement dit le polestar, ce qui s’est produit pour la dernière fois lorsque le pôle céleste nord a traversé les constellations de Céphée, vers 20 000-15 750 avant notre ère, puis du Cygne, vers 15 750-12 750 avant notre ère. C’est peut-être pour cette raison que le mont Belukha, dans son rôle de montagne cosmique et de lieu de naissance du monde, est considéré comme une personnification de la mère cygne Umai Ana, car il y a toutes les chances que son association avec l’axis mundi, l’axe du monde, remonte à une époque où les étoiles de Cygnus, en tant que cygne céleste, commandaient la position du pôle céleste septentrional.

LE BARATTAGE DE L’OCÉAN DE LAIT

Il est très probable que la constellation du Cygne, et peut-être même une combinaison d’étoiles appartenant à la fois aux constellations du Cygnes et à Céphée, ait formé le premier gardien aviaire de l’axe cosmique et le gardien du temps cosmique. En Égypte, ce rôle était joué par l’oiseau bennu, qui revenait d’Arabie à Héliopolis soit tous les 1461 ans, soit tous les 500 ans. Dans l’ancienne Mésopotamie, c’était l’oiseau Zu, tandis que dans la tradition védique hindoue, c’était l’aigle monstrueux connu sous le nom de Garuda. On dit qu’il a pris dans sa tare l’amrita (ou amrit), l’ambroisie ou nectar des dieux considéré comme l’élixir d’immortalité, créé lorsque 54 asuras (démons ou anti-dieux) et 54 devas (dieux) ont brassé l’océan lacté en tirant d’avant en arrière le corps du grand serpent Vasuki, qui s’était enroulé à cette fin autour du Mandhara, un éperon du mont Méru, semblable à un poteau.

Le concept de Samudra Manthan, le barattage de l’océan lacté, est exprimé par un symbolisme numérique approprié au Bayon, le grand temple situé au cœur du centre religieux d’Angkor Thom, au Cambodge, qui date de la fin du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle, pendant la période khmère. Ce magnifique ensemble de bâtiments était à l’origine dédié au dieu hindou Vishnu, mais a été transformé par la suite en temple bouddhiste. Comme Borobudur à Java, Angkor Thom fonctionne comme une représentation physique du Mont Meru, étant situé sur une île carrée entourée d’un grand fossé. L’entrée dans le complexe se fait par quatre ponts situés aux points cardinaux. Chaque pont présente des statues sculptées de 54 asuras d’un côté et de 54 dévas de l’autre. Ils sont représentés tenant le corps étendu du grand serpent Vasuki, qu’ils semblent tirer d’avant en arrière dans un jeu de tir à la corde inimaginable.

Il est très probable que le fait de tirer le grand serpent dans un sens, puis dans l’autre, était censé signifier la création d’un triple cycle saros de 54 ans par les asuras, suivi d’un autre cycle créé par les devas, impliquant ainsi 54 années d’obscurité suivies de 54 années de lumière, ce qui donne un cycle complet de 108 ans. La croyance standard concernant ce que le barattage de l’océan lacté représente en termes célestes suggère que la lutte entre les asuras et les devas signifie le mouvement du soleil et de la lune lorsqu’ils oscillent d’avant en arrière entre les solstices chaque année. Pourtant, cette oscillation perçue entre les extrêmes solaires et lunaires est très probablement liée, non pas au mouvement des corps célestes au cours d’une année, mais à leurs mouvements au cours de ce que l’on appelle le cycle d’immobilité lunaire. Ce cycle dure 18,61 ans, au cours desquels la lune se lève plus au nord ou plus au sud du soleil au moment des solstices, tandis que les neuf autres années, la lune se lève dans les limites des levers les plus au nord et les plus au sud du soleil à cette époque. Puisque la durée du cycle d’immobilité lunaire est similaire à celle du cycle d’éclipse de saros de 18 ans, cette interprétation du Barattage de l’Océan Lacté soutient l’idée que le récit des 54 asuras et 54 dévas tirant le grand serpent dans un sens ou dans l’autre se rapporte réellement à l’alternance entre les asuras et les dévas et à l’alternance entre les asuras et les dévas dans un sens ou dans l’autre. Soit les cycles d’obscurité et de lumière, chacun marqué par le début d’un triple cycle d’éclipses de saros d’une durée de 54 ans. De plus, un double cycle de 108 ans multiplié par quatre donne bien sûr 432 ans, soit la durée d’un « mini » Kali-yuga.

L’importance du nombre 432 au Bayon d’Angkor Thom est soulignée par l’addition successive du nombre d’asuras et de devas sur chaque pont, soit 108, 216, 324 et enfin 432, ce dernier chiffre constituant 4 périodes d’égale lumière et obscurité (108 ans x 4 = 432 ans). La seule complication dans cette synchronisation parfaite entre le temps cosmique et l’architecture sacrée est le fait qu’un cinquième pont d’entrée, la Porte de la Victoire, a été créé avec 54 asuras et 54 devas supplémentaires, portant le nombre total de statues à 540.

RAHU ET KETU


Donec Totum Impleat Orbem Augescit, donec totum luna impleat orbem

Le fait que l’histoire du Barattage de l’Océan Lacté fasse allusion à l’importance des cycles d’éclipses est mis en évidence par le fait qu’après la production de l’amrita, celle-ci est volée et consommée par un asura nommé Svarbhânu, qui a le corps d’un serpent. Le dieu Vishnu poursuit Svarbhànu et lui coupe la tête. Cependant, Svarbhànu étant désormais immortel, sa tête désincarnée continue d’exister, désormais sous le nom de Rahu (Rahula dans les récits bouddhistes), tandis que son corps serpentin prend le nom de Ketu. Rahu et Ketu deviennent alors les deux nœuds lunaires, qui sont toujours à 180 degrés l’un de l’autre, l’un dans le ciel du nord et l’autre dans le ciel du sud. Comme nous l’avons vu, ces points d’intersection entre les orbites solaire et lunaire, appelés respectivement nœud ascendant (Rahu) et nœud descendant (Ketu), définissent l’endroit où les éclipses solaires et lunaires peuvent se produire – la tête coupée de Rahu étant considérée comme la cause réelle des éclipses.

Il existe très clairement une relation entre la mythologie qui sous-tend l’établissement des nœuds lunaires et le cycle de 54 ans des triples éclipses de saros, raison pour laquelle les nombres 54 et 108 reviennent à plusieurs reprises dans l’architecture sacrée, non seulement à Angkor Thom, mais aussi à Angkor Vat, qui se trouve à proximité. Il s’agit d’un autre complexe de temples hindous et bouddhistes de la période Khymer, construit au XIIe siècle et représentant également le mont Meru. Ici, l’art et l’architecture mettent à nouveau en scène le nombre 54 et sa double forme, 108. Par exemple, le complexe, qui comme le Bayon d’Angkor Thom est de plan carré et entouré d’une douve carrée, est accessible à l’ouest par un seul pont allongé. Il est en deux parties, un serpent nàgà allongé formant la balustrade de part et d’autre de chaque partie. Les quatre nàgàs sont soutenus par 54 balustrades, soit 108 par section et 216 au total. Un nombre égal de colonnes soutenait autrefois les balustrades elles-mêmes. Le fait que chaque section mesure 54 phyeam, une unité de mesure composée de quatre coudées de 0,43545 mètre de long, ajoute encore à la signification numérique et logique du pont ouest d’Angkor Vat. Ainsi, en coudées locales, les deux sections du pont ont une longueur de 432 coudées, ce qui a été interprété comme une représentation fractionnelle d’un Kali-yuga de 432.000 ans.

Chaque mesure et chaque séquence de chiffres à Angkor Wat et Angkor Thom reflètent délibérément le temps cyclique tournant autour d’un axis mundi vu sous l’angle du mont Meru. Cela soulève à nouveau la question de savoir si, quelque part dans la région de l’Altaï-Baïkal, que l’on peut considérer  comme le point de naissance hypothétique de la civilisation humaine, il existait un lieu d’origine commun pour l’interconnexion entre les séquences de nombres cosmiques et les cycles célestes impliquant le soleil, la lune et les étoiles. Si tel est le cas, pourrait-on l’identifier aujourd’hui ? Pourrions-nous trouver la véritable source du système calendaire Altaï-Baïkal ?

LA SOURCE DE L’IMMORTALITÉ

L’une des raisons possibles est la nature de l’amrita, l’ambroisie ou le nectar des dieux, présenté dans le Samudra Manthan, le Barattage de l’océan lacté. Tout porte à croire que l’amrita, source d’immortalité pour les dieux et les asuras, a été créée grâce à l’intervention de la lumière de la lune. Dans l’Inde ancienne, la lumière de la lune était capable d’imprégner d’une qualité spéciale l’eau prélevée dans certains bassins, certaines cascades et certaines rivières. C’est ainsi qu’est née l’amrita, capable de conférer la longévité à celui qui la boit. Ainsi, l’eau exposée à la lumière de la lune d’une manière prescrite était considérée comme la clé de l’immortalité, une constatation qui confirme adéquatement le lien entre l’histoire du barattage de l’océan lacté sur le mont Meru et le suivi des cycles d’éclipses basé sur des observations à long terme de la lune, comme le cycle d’éclipses triple saros de 54 ans.

Ces notions cosmologiques profondes sont-elles nées chez les peuples du paléolithique supérieur de la région de l’Altaï-Baïkal ? Ont-elles été transportées vers l’ouest jusqu’à Gôbekli Tepe, dans le sud-est de l’Anatolie ? Ont-elles ensuite été reprises par les premiers habitants de la ville voisine de Harran, qui ont conservé la connaissance du cycle des triples éclipses de saros jusqu’à l’époque classique ? Enfin, les Chaldéens, habitants de Harran et de la proche Sanliurfa, ont-ils hérité de la connaissance de séquences numériques archaïques, comme les 473 040 ans qui, selon Cicéron et Diodore de Sicile, correspondent à la durée de l’enregistrement du mouvement des étoiles ?

Ce nombre, semblable à ceux qui composent les cycles yuga puraniques, dérive très probablement de multiples cycles temporels solaires et lunaires, y compris le cycle caniculaire de 1460/1 ans et le système calendaire Altai-Baikal de 216 et 432 ans, qui ont très probablement trouvé leur origine dans le centre-sud de la Sibérie, il y a au moins 24 000 ans, et sans doute bien plus tôt encore.

De plus, tout porte à croire que nombre de ces idées cosmologiques, basées sur le temps cyclique, se sont ensuite retrouvées dans la vallée du Nil, en Égypte, en passant par le monde néolithique pré-poterie de Göbekli Tepe. C’est là qu’elles se sont allées.

SOURCE : https://toysondor.blog/2024/05/05/lunivers-est-un-oeuf-kalpa/

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